Le Libraire - Index

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Lire le Québec au quotidien
Louis Cornellier, Typo, 144 p., 11,95$
Louis Cornellier précise à propos de son livre qu’il s’agit d’un petit
manuel critique et amoureux à l’usage de ceux qui souhaitent bien lire
les quotidiens québécois. Surtout, il enseigne ce qu’est le journal, et non
le journalisme, aux étudiants et aux citoyens. À l’heure de la mondialisation,
il est utile d’avoir un outil qui permet de décrypter l’information
dont on nous abreuve. Cornellier propose donc d’opter pour une lecture éclairée des trois
principaux quotidiens: Le Journal de Montréal, La Presse et Le Devoir. Du même souffle,
il fait le portrait sans complaisance des principaux journalistes ainsi que des autres
médiums que sont la télévision et la radio.
Jours de juin
Julia Glass, Points, 680 p., 17,95$
Premier roman de l’Américaine Julia Glass, Jours de juin a reçu le
National Book Award en 2002. Glass rappelle les souvenirs de trois
étés qui ont marqué la famille McLeod. En trois voix, le fil de la
mémoire se déroule. Il y a d’abord Paul le père, veuf depuis peu, qui
décide de partir de sa demeure écossaise pour rejoindre le chaud soleil
de la Méditerranée. Il y rencontre Fern, américaine et jeune artiste. Ensuite, Fenno,
le fils aîné de Paul prend le relais du récit. Il évoque sa vie de famille et les amours
homosexuelles qu’il vit à New York tout en exerçant son métier de libraire. Enfin, la
voix de Fern, l’ancienne amante de Paul, clôt ce triptyque romanesque.
Une brève histoire de l’avenir
Jacques Attali, Le Livre de Poche, 318 p., 12,95$
Dans Une brève histoire de l’avenir, l’économiste Jacques Attali joue
les Cassandre en faisant de sombres prédictions sur le sort du monde
d’ici les soixante prochaines années, dont une guerre mondiale qui
signerait la fin de l’humanité. Bref, l’apocalypse. Entre-temps, il projette
un repli des États-Unis sur eux-mêmes laissant la place à un
« univers polycentrique », dirigé par une dizaine de puissantes nations. À terme, un
monde sans États en découlerait, mené par la seule force du marché. Attali le nomme
« l’hyperempire ». Et si ce dernier survit au conflit planétaire, une démocratie mondiale
verrait le jour. Ainsi, selon lui, il est encore possible de faire fléchir le cours de
l’histoire dans le bon sens.
Ouest
François Vallejo, Points, 256 p., 13,95$
Récompensé par trois prix littéraires, Ouest est un roman tout en tension
qui mêle autobiographie et histoire. Selon le prologue, tout commence
avec l’existence réelle d’une photo: un homme armé d’un fusil
perd l’équilibre à côté d’un chien imposant. De cette photo, Vallejo offre
une œuvre qui dissèque la relation maître-esclave au cœur du XIX e siècle
français. Ici, le maître est le jeune baron de l’Aubépine, qui vient d’hériter du château
des Perrières. L’esclave, lui, est le garde-chasse Lambert. Deux mondes s’affrontent. L’un
parle de liberté et mène une vie trouble et étrange; l’autre résiste et continue de vivre
comme ses ancêtres l’ont fait: en obéissant.
Légende
David Gemmell, Milady, 512 p., 10,95$
Maître incontesté de l’heroic fantasy, l’écrivain britannique David
Gemmell est mort en 2006 et a laissé une œuvre foisonnante, faisant
la part belle aux humains et non aux elfes et aux orques des autres
romans du même type. Premier roman de Gemmell en 1984,
Légende crée la base de son univers. Il présente Druss, soldat exceptionnel,
mais vieillissant, qui s’apprête à livrer l’ultime bataille de sa vie. Il va à la
rescousse de Dros Delnoch, la plus grande forteresse au monde et principale porte
d’entrée de l’empire Drenaï, menacée par les tribus Nadir menées par le seigneur
Ulric. La forteresse doit tenir trois mois, sinon le sort des Drenaï en est jeté. La légende
est en marche.
SEPTEMBRE-OCTOBRE 2008
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Lovelie d’Haïti (t. 1)
Sylvain Meunier, La courte échelle, 352 p., 18,95$
En écrivant la trilogie Lovelie d’Haïti, Sylvain Meunier explore trente ans
de l’histoire du Québec à partir d’une perspective différente: celle de
Lovelie, une enfant immigrée d’Haïti pour qui la vie est marquée par l’infortune.
Ses malheurs commencent lorsqu’elle quitte son île afin de vivre
à Montréal dans une famille d’accueil haïtienne, les Jolicoeur, qui promettent à ses
parents de veiller à son éducation. La réalité est que Lovelie devient leur esclave, une
restavèk, comme on le dit en créole. Dans ce premier tome, en plus de traiter de l’immigration
illégale dans les années 70, Meunier aborde sans complaisance les thèmes des
gangs de rues et de la prostitution juvénile.
Les rescapés du Styx
Jane Urquhart, Points, 478 p., 16,95$
Les rescapés du Styx est la traduction française du septième roman
de l’Ontarienne Jane Urquhart, A Map of Glass. Tout commence
avec l’agonie d’un homme, Andrew, dont la mémoire s’effiloche,
dont la vie s’échappe. Il meurt gelé dans une solitude complète au
milieu d’un désert de neige. Cependant, Sylvia, son ancienne
maîtresse, sortira de son monde protégé afin de partir à la recherche du passé
d’Andrew avec Jérôme, celui qui a découvert le cadavre emprisonné dans la glace.
Ensemble, ils plongent dans les carnets que le défunt a laissés. Il y a écrit son récit
familial, qui correspond également à l’histoire industrielle et écologique de l’Ontario
au XIX e siècle.
Brooklyn follies
Paul Auster, Le Livre de Poche, 376 p., 14,95$
Publié en 2005, Brooklyn follies est en quelque sorte le roman qui
fait écho au drame du 11 septembre. Paul Auster est fidèle à luimême
en traitant de nouveau des thèmes qui lui sont chers, tels
l’amitié, la critique d’une Amérique rétrograde ou les rencontres
croisées de personnages déboussolés par la vie. Ici, il s’agit du récit
de Nathan Glass, âgé de 60 ans, ex-courtier en assurances-vie à la retraite.
Malheureux comme les pierres, il décide de revenir à Brooklyn, le lieu de son
enfance, pour y mourir. Du coup, il entreprend de rédiger une compilation de ses
lapsus et autres quiproquos. Contre toute attente, ce retour à lui-même lui réserve
de belles surprises.
La ligne de beauté
Alan Hollinghurst, Le Livre de Poche, 640 p., 12,95$
Avec La ligne de beauté, Alan Hollinghurst se plonge dans
l’Angleterre de Thatcher en suivant les pas de Nick Guest, jeune
homosexuel diplômé d’Oxford. D’origine modeste, Nick se pose en
Rastignac des années 80 en réussissant à s’introduire au sein de la
famille Fedden, dont le père est un député conservateur ambitieux.
Fasciné par le train de vie de ses hôtes, le jeune homme se convainc qu’il appartient
à cette classe sociale privilégiée. Mais petit à petit, le vernis des apparences
craque et laisse entrevoir toute la laideur d’un monde dirigé par des êtres hypocrites
et amoraux. Couronné par le Man Booker Prize en 2004, le roman est en cours
d’adaptation par la BBC.
Les roses sauvages
Jacques Ferron, BQ, 192 p., 9,95$
Plus de trente ans après sa publication, le roman de Jacques Ferron,
Les roses sauvages, est enfin disponible en format poche. Qualifié
de « pur chef-d’œuvre » par la critique, ce titre a remporté le Prix
France-Québec en 1972. Ouvrage portant sur la folie et ses conséquences,
il est construit en trois textes: le roman proprement dit,
intitulé « Petit roman »; ensuite, « Introduction », suivi d’une « Lettre d’amour
soigneusement présentée ». Médecin, écrivain et militant, Ferron vogue entre
imaginaire et réalité et conte l’histoire du lumineux Baron, de son épouse de l’ombre
et de leur fille Rose-Aimée. Un auteur majeur de la littérature québécoise à
(re)découvrir!