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Nouveautés
Dans Souffrir pour écrire:
Jeunauteur (t. 1), l’auteur
Stéphane Dompierre et le
bédéiste Pascal Girard jettent
un regard désopilant sur le
métier d’écrivain. Le héros,
sorte d’alter ego de
Dompierre, entame en toute
naïveté la rédaction d’un
roman. Chaque planche
compte quatre cases en noir et
blanc qui restituent, avec beaucoup d’humour, une
étape du processus de création. Du premier mot à
la signature du contrat avec l’éditeur, des pépins
informatiques aux pannes d’inspiration en passant
par les problèmes de couple, cet album drolatique
brosse le quotidien d’un gars ordinaire qui, comme
plusieurs, a voulu faire quelque chose de sa vie.
On attend avec impatience la suite.
SOUFFRIR POUR ÉCRIRE:
JEUNAUTEUR (T.1)
Stéphane Dompierre et Pascal Girard, Québec
Amérique, coll. Code bar, 104 p., 12,95$
Pour le FBI, Red Ketchup est
un problème épineux. On lui
confie donc une mission de
surveillance et de sécurité
dans une station de recherche
américaine en Antarctique.
Fidèle à lui-même, l’agent albinos
à la chevelure en brosse
couleur carotte carbure à
grandes doses d’antigel (!) et
souffre de paranoïa. Il débusquera
des espions russes dans le fin fond du pôle
Sud, massacrera un troupeau de pingouins et
tombera sur la terrible Olga Dynamo. Kamarade
Ultra est le deuxième des huit albums des aventures
satiriques de Red Ketchup, une série qui a vu
le jour au sein de la revue Croc dans les années 80.
Les fans seront heureux de mettre la main sur ce
classique de notre BD réédité sous couverture
rigide.
KAMARADE ULTRA:
RED KETCHUP (T. 2)
Pierre Fournier (scénario) et Réal Godbout
(dessin), La Pastèque, 48 p., 18,95$
Hormis une autobiographie
publiée quelque temps avant
sa mort, rares sont les
ouvrages consacrés à Johnny
Cash. C’est donc avec joie
qu’on voit arriver dans les
bacs une biographie en images
du chanteur américain. Fruit
du talent de l’Allemand
Reinhard Kleist, Johnny Cash,
une vie 1932-2003 retrace les
moments forts de l’existence peu banale de l’auteur
de « I Walk the Line », le tout dans un noir
et blanc totalement maîtrisé. Kleist revient sur un
demi-siècle de mémoire musicale, traversé par le
country, le folk, le rock, le blues. La carrière et la
vie de Cash, elles, sont jalonnées de tubes, mais
aussi d’excès et de drames. Sacré meilleur album
2007 au festival de Berlin dans sa version originale
en allemand, cette « bio-graphique » rend hommage
à cette magistrale légende américaine qu’est
Johnny Cash.
JOHNNY CASH, UNE VIE 1932-2003
Reinhard Kleist, Dargaud, 224 p., 29,95$
le libraireCRAQUE
1968-2008…
N’effacez pas
nos traces!
Dominique Grange et Tardi,
Casterman, 80 p., 37,95$
Tandis qu’on souligne les 40 ans de mai 68, qui avec nostalgie,
qui avec cynisme, Dominique Grange et son illustrateur
de conjoint, le génial Tardi, eux, marquent
l’événement d’une tout autre manière. En effet, cet
album, réunissant des chansons que Grange chantait à
ce moment, est animé par un esprit contestataire qui
déborde des seules frontières de cette France d’antan.
Ces chansons, enrichies par des illustrations qui les servent
à merveille, nous rappellent la nécessité, toujours
actuelle, de mener le combat pour les causes que l’on
défendait alors. En somme, c’est un témoignage vivant,
tourné vers le présent et l’avenir, d’une lutte à finir pour
la justice et la liberté qui nous est livré par ce livre.
Christian Girard Pantoute
Come back:
Junk (t. 1)
Brüno et Pothier, Treize étrange,
56 p., 23,95$
Un groupe d’anciens braqueurs de
banque se réunit pour un coup qui
s’annonce fumant. C’était sans compter l’usure du temps
qui mine chacun d’entre eux et, surtout, l’esprit de
vengeance qui anime Hank, l’instigateur de la mission.
Dans la foulée des Deadwood et autres 3:10 to Yuma,
Junk représente un western contemporain élaboré dans
la plus pure tradition. Le scénario de Pothier respecte
tous les codes du genre et nous entraîne dans la psyché
sombre des personnages. Les dessins de Brüno, comme
toujours, sont un mélange d’évidence et de détails infimes
rendus plus justes encore par les couleurs aux tons terreux
de Laurence Croix. Au final, comme dans tous les
westerns, c’est l’imperfection humaine que l’on retient et
que l’on est content de voir se manifester.
Anne-Marie Genest Pantoute
Je t’ai aimé comme
on aime les cons
Fonollosa et Giménez, Dargaud,
112 p., 14,95$
Mira vient de rompre avec Pédro. La
peine de Pédro se résume à une
demande: garder la télévision. Commence alors le lourd
parcours du départ: le déménagement, le retour dans sa
ville natale, chez ses parents, vécu comme un échec, la
justification de ce retour face aux amis, comme une agonie
qui la cloue dans un quotidien morne. Mira essaye de
se croire heureuse malgré les souvenirs qui la hantent. Au
fil des jours, elle se rend compte de la futilité de Pédro, de
ses promesses non tenues, de ses écarts envers elle, de
son irrespect à l’égard de leur couple. Elle se refait une vie
dans une atmosphère mélancolique. Cette histoire remplie
de douceur présente une blessure qui se guérit lentement.
Et cette guérison rend Mira plus lucide.
Finalement, elle comprend que son amour n’était pas
partagé, que Pédro lui avait enlevé sa joie de vivre: elle l’a
aimé comme un con. Jacynthe Dallaire Les Bouquinistes
SEPTEMBRE-OCTOBRE 2008
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En marge
Bandes dessinées
Quart de siècle pour Gargouille
Croyez-le ou non, mais le personnage de bande dessinée
créé par Tristan Demers a déjà 25 ans! En effet,
c’est à partir de 1983 que l’auteur, alors âgé de 10
ans, lance à son
compte la première
aventure de ce héros à
la bouille rondouillarde
ayant marqué la
génération X. Le succès
fut fulgurant, et
Demers ne cesse
depuis de visiter les
jeunes dans les écoles
et de participer active-
© Alfred Lanctôt
ment aux nombreux salons du livre québécois et
internationaux grâce à Gargouille, dont les aventures
sont désormais publiées chez Boomerang Jeunesse.
Gargouille: 25 ans et toutes ses dents! arrive en
librairie en septembre (www.bdgargouille.com).
Charlie hebdo, éditeur de BD
Fondé au début de la décennie 70, l’hebdomadaire
polémique et satirique Charlie Hebdo se lance dans
l’édition de bande dessinée. La nouvelle entité
publiera certains des ses auteurs maison, notamment
Jul, Charb, Luz ou Riss. C’est ce dernier qui brisera
la glace en septembre avec la publication de Ma première
croisade: Bush s’en va-t-en guerre.
Des BD plus éclatées pour Les 400 coups
Traditionnellement connues pour les bandes dessinées
humoristiques publiées dans leur division
Mille-Îles, Les 400 coups innovent avec Rotor, une
collection qui réunira des BD de genres (SF, fantastique,
policier, aventure, etc.). On mettra l’accent sur
la qualité des récits, qui viseront un lectorat adolescent
et adulte.
Québec Amérique décode le 9 e art
Chez QA, on innove cet automne avec Code bar, qui
accueillera les créateurs de toutes formes de littérature
graphique (bandes dessinées, romans, mangas,
bédéromans). Destinées au grand public, les œuvres
qui y seront publiées se joueront des codes habituels
(mise en pages, texte), mais resteront accessibles et
ludiques.
La sensation Sfar
Consacrée au neuvième art, la collection Fétiche de
Gallimard accueille une ambitieuse relecture du Petit
Prince signée par le créateur de la série Petit
Vampire, Joann Sfar. Le prolifique bédéiste signe une
version fidèle au texte de Saint-Exupéry, mais réinvente
tout de même ce conte universellement connu,
féminisant la rose, affublant le blond garçonnet de
ses énormes yeux qui ont fait sa marque et donnant
davantage d’importance au personnage de l’aviateur.
Les correspondances
entre les deux œuvres
sont frappantes sur les
plans de l’importance des
dialogues et de la place
accordée au merveilleux.
Se frotter à ce classique
aurait pu être un échec,
mais Sfar l’a fait sien tout
en respectant l’esprit de
l’écrivain disparu sans
avoir laissé de traces.
L’album arrivera au
Québec en octobre.
© Joann Sfar