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En marge
Essai | Biographie
Je me souviens
Les Éditions Trois-Pistoles relancent, dans une mouture
augmentée et abondamment illustrée, le Petit manuel
d’histoire du Québec de Léandre Bergeron. Paru en 1970
et réédité jusqu’en 1977, l’ouvrage avait cumulé 125 000
ventes, un exploit remarquable pour l’époque. L’actuelle
édition est bonifiée des événements marquants de la fin des
années 80 à 2008, colligés par l’historien Pierre Landry.
Mesrine à jamais
Jacques Mesrine est mort criblé de
balles le 2 novembre 1979, porte de
Clignancourt, à Paris. Alors que
deux films mettant en vedette
Vincent Cassel feront revivre ce criminel célèbre du XX e
siècle (L’ennemi public n° 1 et L’instinct de mort — sortie
en 2009), Flammarion Québec réédite L’instinct de
mort, l’autobiographie de Jacques Mesrine parue en
1977, qui était introuvable depuis.
Pour mieux repenser la société
Mis en marché à la fin du printemps, L’impasse de la
globalisation: Une histoire sociologique et philosophique
du capitalisme de Michel Freitag, « propose une réflexion
critique de l’évolution du capitalisme sur laquelle
nous appuyer afin d’imaginer les formes que devrait prendre
un réaménagement postcapitaliste des conditions de
vie sur Terre ». L’essai inaugurait la collection Théorie
des Éditions Écosociété, qui rassemblera des ouvrages
critiques proposant une réflexion large et approfondie sur
le monde actuel.
Mémoire défaillante pour l’ex-Dame de fer
Dans A Swim on Part in the Goldfish Bowl: A Memoir,
une biographie publiée en septembre par
l’éditeur anglais Headline, Carol
Thatcher, fille de Margaret Thatcher,
raconte les problèmes de mémoire de sa
mère, qui souffre de démence depuis
2000. En effet, celle qui régna sur
l’Angleterre entre 1979 et 1990 a oublié
© Time magazine
Beaux livres
de larges pans de son passé, mais les
années qu’elle a passées au 10 Downing
Street en tant que première ministre de l’Angleterre
restent encore parmi les plus claires dans son esprit.
le libraireCRAQUE
Or des Amériques
Hélène Dionne (dir.),
Septentrion/Musée de la
civilisation, 208 p., 49,95$
Depuis toujours, l’or fascine et suscite
la convoitise. Dans ce complément essentiel de l’exposition
éponyme (au Musée de la civilisation jusqu’au 11 janvier
2009), nous découvrons les 450 objets qui y sont
présentés en plus de commentaires pertinents et instructifs.
Cette passionnante histoire de l’or, racontée en neuf
chapitres abondamment illustrés, débute avec la découverte
de l’Amérique par Christophe Colomb et se termine
au XXI e siècle par l’exploitation minière dans le Nord
québécois. Rédigé par un collectif d’experts et préfacé par
Dany Laferrière, ce volume d’une qualité exceptionnelle
relate objectivement comment l’attrait de l’or a certes
entraîné la colonisation de nouveaux territoires, mais
comment il a aussi bouleversé le destin de milliers
d’Autochtones. On comprend également pourquoi l’abondance
et l’éclat de ce métal précieux ont pu hanter les
esprits et attiser les passions des puissances espagnoles et
des conquistadors! Johanne Vadeboncoeur Clément Morin
Polar scientifique, La reine
africaine est aussi un roman
militant pour la sauvegarde de
l’environnement. Lara Varani,
jeune criminologue qui rêve de
devenir profiler, commence son
stage à la Brigade criminelle de
Paris sur des chapeaux de roues.
Elle mène l’enquête sur des
meurtres hors du commun: des
dirigeants d’une multinationale
pharmaceutique meurent sous les piqûres agressives
d’abeilles africaines. Grâce aux connaissances
de Roch Domerego, apiculteur et
apithérapeuthe, on apprend tous les bienfaits
apportés par les abeilles. Leur venin a des pouvoirs
anti-inflammatoires et le miel possède des vertus
antiseptiques et cicatrisantes. Mais les auteurs
sont catégoriques: la disparition des abeilles
signerait l’extinction imminente de l’homme.
SEPTEMBRE-OCTOBRE 2008
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Nouveautés
LA REINE AFRICAINE
Roch Domerego et Christian Blanchard,
JC Lattès, 378 p., 29,95$
En 1860, la très british Mary
Elizabeth Braddon publie à 24
ans son premier roman et
deviendra « The Queen of sensation
» (le roman à sensation
est l’ancêtre des romans
policiers et à suspense) durant
sa carrière prolifique. Sur les
traces du serpent s’inscrit dans
la lignée de Dickens et porte le
parfum âcre de l’époque victorienne.
Braddon lance l’adjoint de police Joe
Peters sur deux enquêtes n’ayant aucun rapport
l’une avec l’autre en apparence. Il rencontre, d’une
part, Jabez North, incarnation parfaite du Mal et
professeur de son état et, d’autre part, Richard
Marwood, débauché et faussement accusé de l’assassinat
de son oncle richissime. Mais Peters a un
handicap de taille: il est muet. Dans un labyrinthe
fait d’intrigues, de cadavres et de rebondissements,
la justice triomphera!
SUR LES TRACES DU SERPENT
Mary Elizabeth Braddon, Éditions Joëlle Losfeld,
448 p., 46,95$
Neuvième roman de l’écrivain
français Marcus Malte, Garden of
Love a gagné cette année, entre
autres, le 39 e Grand Prix des
Lectrices de Elle dans la catégorie
policier. L’ouvrage, dont le
titre est emprunté à un poème du
Britannique William Blake,
plonge le lecteur, ainsi que le personnage
principal Alexandre
Astrid, dans un récit noir, mais aussi poétique, traversé
par la folie de la schizophrénie. Garden of
Love est également le titre du manuscrit que l’inspecteur
Astrid reçoit d’un expéditeur anonyme.
En le lisant, il s’aperçoit, troublé, qu’il s’agit de
l’histoire de sa vie, le rappel d’un passé qu’il
préfère oublier. Entre alcool et réminiscences
douloureuses, Astrid va enquêter sur lui-même et
revivra l’affrontement avec le fascinant tueur
Edouard Dayms.
GARDEN OF LOVE
Marcus Malte, Zulma, 320 p., 29,95$
Polar | Thriller | Noir
L’écrivain d’origine britannique
Richard Rayner plante son
décor dans le Las Vegas des
années 50, à l’ère où la menace
nucléaire plane sur l’Amérique.
Son héros est Maurice
Valentine, architecte à succès
de la côte Ouest américaine sur
le point de se lancer en politique.
Il compte s’allier à Paul
Mantilini, personnage puissant
de la mafia locale, qui lui promet de le propulser
au Sénat en échange de son appui à long terme.
Tout va pour le mieux jusqu’à l’arrivée de Mallory
Walker, beauté mystérieuse et architecte comme
Valentine. Il y trouve l’occasion de lui déléguer son
travail afin de se concentrer sur sa carrière politique.
Mal lui en prend, car c’est le début d’un
enfer dont il n’est pas certain de sortir.
LE VENT DU DIABLE
Richard Rayner, Rivages, coll. Thriller,
352 p., 37,95$
Publié en 1995, Le carré de la
vengeance paraît pour la première
fois en français. Il s’agit du
premier titre de la série Les
enquêtes du commissaire Van
In, dont vingt et un autres
romans restent à traduire dans la
langue de Molière. Ce polar
fleure bon les effluves de la
Venise du Nord, Bruges en l’occurrence,
la bière belge, les clopes et, bien sûr, les
frites. On suit Pieter Van In, commissaire de la
ville, héros politiquement incorrect, qui enquête
sur l’effraction de la boutique de l’important joaillier
Degroof. Sur les lieux du délit se trouve un
message de vingt-cinq lettres. Pour résoudre cette
énigme, il sera aidé de son ami brigadier Versavel
et de la jolie Hannelore, substitut du procureur.
Vendus à plus d’un million d’exemplaires, les titres
de la série ont été adaptés au petit écran.
LE CARRÉ DE LA VENGEANCE
Pieter Aspe, Éditions Albin Michel, 336 p., 27,95$
Considéré comme le maître du
Nouveau Roman américain,
Robert Coover s’est visiblement
amusé en rédigeant Noir, parodie
de polar. Il met en scène
Phil M. Noir, détective privé,
vrai personnage de films de
série B des années 50. Ce
dernier a un trench-coat
défraîchi, une sèche au bec et
officie dans un bureau désordonné,
heureusement tenu par sa blonde secrétaire
Blanche. Tout au long des pages, on déambule
avec ce héros qui rencontrera, entre autres,
une veuve à voilette noire. On croise également
Flame la chanteuse rousse, amoureuse de Noir,
Blue le méchant flic qui veut mettre fin aux activités
du détective et, bien sûr, beaucoup de
truands et de cadavres. Noir est paru en primeur
en France cet été.
NOIR
Robert Coover, Seuil, coll. Fiction & Cie,
208 p., 34,95$