Le Libraire - IndexLe Libraire - Le Libraire - IndexL’auteure acadienne
Antonine
Maillet célèbre cet
automne ses 50 ans
d’écriture.
JOYEUSES RETROUVAILLES
Les lecteurs seront gâtés: ils auront la chance, cet
automne, de lire certains des auteurs québécois les plus
appréciés qui, pour la plupart, n’avaient pas publié
depuis un certain temps. Surveillez les sorties des nouveaux
Yves Beauchemin (Le renard bleu, Fides), Arlette
Cousture (Depuis la fenêtre de mes cinq ans, Libre
Expression), Pierre Billon (Dans le secret des dieux,
Flammarion Québec), Denis Monette (M. et M me Jean-
Baptiste Rouet, Stanké) et Michelle Tisseyre (Avant
Guernica, Éditions Pierre Tisseyre — la
suite de La Passion de Jeanne). Michel
Tremblay (La traversée de la ville, Leméac)
et Antonine Maillet (Le mystérieux voyage
de Rien, Leméac — l’auteure acadienne
célèbre ses 50 ans d’écriture), quant à eux,
publient plus régulièrement, mais on est
toujours heureux de les retrouver!
Amyot avec Au matin et Louise Dubuc avec Les chenilles
du brigadier, qui parle des agresseurs que la justice ne
punit parfois pas suffisamment ou de la bonne manière.
Comme Leméac, XYZ éditeur a su s’attacher la fidélité de
plusieurs écrivains. Cet automne, on a droit à Hugues
Corriveau avec La gardienne des tableaux, un hommage
à la peinture et à la ville de Rome, et à Bertrand Gervais
avec Le maître du Château rouge, la suite de L’île des
Pas perdus, ce conte merveilleux pour adultes dans
lequel une fillette, qui avait perdu ses deux pouces pour
les avoir trop sucés, cherchait une guérisseuse dans le
monde étrange qui donnait le titre au livre. Sans oublier
Le fin fond de l’histoire, roman polyphonique explorant
les questions de la mémoire et de l’identité, écrit par
Andrée Laberge, la lauréate du Prix littéraire du
Gouverneur général 2007. Chez Triptyque, soulignons la
parution du huitième roman de Pierre Manseau, Les amis
d’enfance, qui se déroule dans la vallée du Saint-Laurent
en 1964. Enfin, les Éditions Héliotrope publient Le ciel de
Bay City, de l’essayiste et romancière Catherine
Mavrikakis, « un réquisitoire contre l’indifférence du ciel
à l’endroit de notre souffrance ».
Jean Barbe signe avec Le travail de l’huître un « roman de l’histoire sans être
historique, [un] roman de l’étranger sans être fantaisiste » (Leméac). L’auteur
de Comment devenir un monstre
narre en 138 pages qu’on dévore littéralement
les péripéties extraordinaires
d’un jeune paysan arrivé à
Saint-Pétersbourg à la fin du XIX e siècle,
et qui joint les rangs de ceux qui
conspirent contre le tsar. Or, pendant
une réunion enflammée, il devient
invisible après s’être cogné la tête.
Jusqu’à sa mort, il essaiera de comprendre
s’il a véritablement existé ou
208 livres pour l’automne 2008
SEPTEMBRE-OCTOBRE 2008
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s’il n’est qu’un fantôme. Son état particulier ne l’empêche ni d’assister
aux soubresauts qui agiteront son pays ni de protéger une femme et
son enfant, menacés par l’épidémie de grippe de 1918.
LITTÉRATURE FRANÇAISE
Venu spécialement en juin dernier présenter sa rentrée aux libraires
de Québec et de Montréal, le directeur des Éditions Grasset, Antoine
Boussin, n’avait que de bons mots pour ses auteurs. Le voyage du fils
d’Olivier Poivre d’Arvor, inspiré d’un fait divers (une immigrée chinoise
clandestine s’est défenestrée pour éviter
une descente de police), Faux-père de Philippe
Vilain, sur la question de la responsabilité paternelle,
et Le cas Sonderberg du Nobel de la paix
Elie Wiesel, comptent parmi les titres ayant
retenu notre attention.
Humour décalé,
romantisme, rêverie
et un côté fantasque à
des héros toujours un
peu à côté de leurs
pompes constituent
les ingrédients de
l’univers de Martin Page.
Le roman-phare des Éditions Flammarion s’intitule
La première nuit de tranquillité. Selon
Livres Hebdo, l’hebdomadaire français de l’édition,
Stéphane Guibourgé signe, avec le
récit de ce nomade de 40 ans n’ayant plus ni
goût ni odorat et qui maîtrise l’art du thé,
« son livre le plus ambitieux, le plus émouvant
et le plus fort, un texte largement autobiographique
dont on sort passablement
secoué ».
Chez Gallimard, la rentrée française est
foisonnante: le principal atout de l’éditeur
sis rue Sébastien-Bottin à Paris s’intitule La meilleure part des hommes, premier
roman de Tristan Garcia. Ce Toulousain dans la mi-vingtaine signe une
LE ROI ROLIN
Auteur français parmi les plus appréciés au Québec, Olivier Rolin (Port-
Soudan, prix Femina 1994) est l’un des premiers à casser la glace pour les
Éditions du Seuil. Après Tigre en papier (prix France-Culture 2003), Rolin
continue dans la veine féline avec Un chasseur de
lions, qui retrace les destins croisés d’Édouard
Manet, mort à 51 ans de gangrène, et de son collectionneur
et modèle occasionnel, Eugène Pertuiset,
bon vivant porté sur la bouteille, les femmes et la
chasse aux fauves (Éditions de l’Olivier). Dans ce
roman d’aventures drôle et érudit, l’écrivain natif de
Boulogne raconte plusieurs épisodes de la vie des
deux compères tout en faisant voyager son lecteur
dans le temps et l’espace, de l’époque napoléonienne
à la Terre de Feu, tout en partageant avec lui
certains souvenirs littéraires.
brillante radioscopie de la génération des années 80, trahie par le sida, une
époque qu’il est trop jeune pour connaître. Selon L’Express, on assiste à la
« naissance d’un écrivain » avec ce livre qui se révèle l’un des meilleurs de
la saison. Pour passer un agréable automne, Gallimard pourra compter sur
les œuvres de Milan Kundera (Une rencontre multiple), Marie Nimier (Les
inséparables) et J.M.G. Le Clézio (Ritournelle de la faim).
Nées dans la clandestinité pendant l’occupation allemande de Paris, les Éditions
de Minuit publient des auteurs exigeants (Beckett, Bataille) ayant influencé
la littérature du XX e siècle et plusieurs romanciers contemporains
français (Oster, Ndiaye, Bon). Parmi leurs nouveautés, on retient celle de
Jean Echenoz, Courir. Le gagnant du Goncourt 1999 (Je m’en vais) transporte
son lecteur en République tchèque, où il assistera à l’entraînement
acharné d’un jeune ouvrier déterminé à devenir l’homme le plus rapide
du monde.
Spécialiste des titres accrocheurs, Martin Page avait créé un phénomène
avec son premier livre, Comment je suis devenu stupide (Dilettante, 2001).
C’est aux Éditions de l’Olivier qu’il fait paraître son quatrième roman, Peutêtre
une histoire d’amour. On y retrouve l’humour décalé, le romantisme,