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SEPTEMBRE-OCTOBRE 2008
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PREMIÈRES IMPRESSIONS
Les premiers romans pullulent. Ainsi, si Stanké
publie Sébastien Filiatrault (Le chef-d’œuvre)
et Richard Ste-Marie (Un ménage rouge),
Boréal ouvre son catalogue à Fred Dompierre.
Avec un narrateur souffrant, paraît-il, du syndrome
de la Tourette, Presque 39 ans, bientôt
100 dresse le portrait de la génération X, « celle
qui a fabriqué les pires enfants du monde ».
Inspiré du mythique passage du Nord-Ouest,
cette expédition maritime organisée au milieu
du XIX e siècle dans l’Arctique qui s’est soldée
par la mort de tous les membres d’équipage de deux navires britanniques
(dont l’un était piloté par Sir John Franklin), Du bon usage des
étoiles de Dominique Fortier propose une somptueuse relecture —
parsemée de reproductions de lettres et même d’une recette de plumpudding!
— d’un fait historique fascinant (Alto). À L’instant même,
deux nouvellistes au style maîtrisé font leur apparition: Stéphanie
Kaufmann avec Ici et là, et Natalie Jean avec Je jette mes ongles par la
fenêtre. Chez Septentrion, Emmanuel Bouchard signe Au passage,
qui a pour décor principal la Basse-Ville de Québec. Les Éditions
Leméac nous invitent quant à elles à découvrir Nicolas Gilbert avec Le
récital, qu’on dit « construit comme une œuvre musicale » (l’auteur
est compositeur de musique de chambre). Deuxième titre de Première
impression, la collection que consacre Québec Amérique aux premiers
romans, Peut-être que je connais l’exil d’Annick Charlebois s’inscrit
dans la foulée de la commission Bouchard-Taylor en s’interrogeant
sur la formation des identités et des cultures. Finalement, chez
Guy-Saint-Jean Éditeur, on est fiers d’accueillir Nadia Gosselin avec La
gueule du loup qui, lorsque l’auteure en était à l’étape du manuscrit,
avait été sélectionné par l’UNEQ dans le cadre son programme annuel
de parrainage.
JE ME SOUVIENS
Nombre d’éditeurs tablent, avec raison d’ailleurs,
sur l’intérêt des lecteurs pour le passé afin
d’inscrire à leurs catalogues des fresques se
déployant sur plusieurs tomes. Maryse Rouy a fait
découvrir le Moyen Âge aux lecteurs de 7 à 77 ans
par le truchement d’excellentes reconstitutions
historiques. Or, l’an dernier, cette Française installée
à Montréal depuis 1975 a décidé d’explorer le
Québec des années 40 avec Une jeune femme en
guerre. Le second volet, Printemps 1944-été 1945,
ramène la courageuse Lucie Bélanger, qui
s’embarque sur un bateau en partance pour l’Italie, où elle
couvrira les horreurs de la guerre en compagnie de ses confrères journalistes
(Québec Amérique). Basées à Chicoutimi, les Éditions JCL publient
L’enfant des neiges par Marie-Bernadette Dupuy, un roman du terroir se
déroulant dans les années 1910 à Val-Jalbert. Née pas très loin de là, à
Alma, Anne Tremblay a elle aussi rencontré sa muse sur les rives du lac
Saint-Jean puisque l’action de sa chronique familiale intitulée Le château à
Noé s’y déroule majoritairement. Le troisième tome, Les porteuses d’espoir,
couvre les années 1938 à 1960 (Guy Saint-Jean Éditeur). Bien connue
des jeunes amateurs de lecture, Francine Allard signe son premier roman
pour adultes, Les aiguilles du temps: La couturière (t. 1), chez Trois-
Pistoles. La trilogie s’étendra des années 1910 à 1980. Dans le volet inaugural,
on fait la connaissance de deux couturières aux destinées diamétralement
opposées; l’une coudra de luxueuses robes de mariées pour les
riches familles montréalaises, et l’autre mettra au monde un fils illégitime,
aimera un père trappiste et subira moult épreuves. Au déclin de leur vie, les
amies se retrouveront. Michel David, de son côté, ne rate pas une saison
littéraire. À peine met-il le point final à son imposante quadrilogie historique
intitulée À l’ombre du clocher qu’il revient avec une nouvelle saga,
Chère Laurette, le récit en deux tomes d’une femme volontaire qui, malgré
l’époque (la crise économique), mènera sa vie d’épouse et de mère comme
elle l’entend (Hurtubise HMH).