Le Libraire - IndexLe Libraire - magazine - IndexAbarat
Clive Barker, Le Livre de Poche, 480 p., 13,95$
Candy Quackenbush s’ennuie à mourir à Chickentown, dans l’Amérique
profonde. Jusqu’au jour où elle découvre l’entrée d’un royaume magique
composé d’un archipel aussi mystérieux que dangereux…Variation déjantée
d’Alice au pays des merveilles et du Magicien d’Oz, Abarat est le
résultat d’un rêve qu’a longtemps caressé Clive Barker, c’est-à-dire « inventer un monde
aux horizons illimités ». Déjà, la forme de l’ouvrage, agrémenté d’une centaine d’illustrations
en couleurs réalisées par l’auteur, témoigne de son originalité. Sans parler du contenu,
une histoire si riche que Disney prévoit en faire un film, une série télé, un jeu vidéo.
L’Île aux Grues
Jean O’Neil, 10/10, 200 p., 14,95$
Un voyageur pressé passe en coup de vent chez ses parents afin de les
saluer. Mais voilà, il décide de rester, temporairement du moins, sur
cette île peuplée de 250 habitants. Puis une tempête de neige et de
délicieux pâtés lui font oublier de poursuivre son périple… Composée
d’une trentaine d’ouvrages en prose et en poésie, l’œuvre de Jean
O’Neil s’avère une ode aux beautés naturelles du Québec et, bien sûr, à ceux et celles
qui en foulent le sol. Natif de Sherbrooke, il publie son premier roman, Je voulais te
parler de Jeremiah, d'Ozélina et de tous les autres..., en 1967. Parallèlement à son
emploi dans la fonction publique, Jean O’Neil a su faire sa niche parmi les grandes
plumes québécoises.
Sous les vents de Neptune
Fred Vargas, J’ai Lu, 448 p., 15,95$
Adapté en deux épisodes pour France 2, Sous les vents de Neptune
remet en selle l’un des ennemis jurés d’Adamsberg, le tueur au trident,
qui, cette fois, sévit dans la région de Hull-Gatineau. L’immense
popularité de l’écrivaine parisienne ne faiblit pas au Québec, bien que
ce polar ait été critiqué en raison de plusieurs incongruités en rapport
avec notre langue parlée. Au fil des enquêtes de son héros, le commissaire
Adamsberg, celle qu’on surnomme la « reine du roman policier français » s’est néanmoins
forgé une réputation d’auteure méticuleuse — son boulot d’archéologue
médiéviste y est pour quelque chose.
Tintin au pays de la ferveur
Alain Bernard Marchand, Les herbes rouges, 136 p., 10,95$
Les lectures, parfois davantage que les voyages, forment la jeunesse. À
l’occasion, les deux formes d’activités se complètent. Né « du désir
d’une œuvre » et de son expression, Tintin au pays de la ferveur, une
réflexion très personnelle sur le personnage créé par Hergé et sur le
thème du voyage alimentée par les souvenirs d’enfance de l’auteur
témoigne d’une subtile compréhension du phénomène. Le regard d’Alain Bernard
Marchand que porte sur Tintin est amoureux, sa prose poétique est simplement
magnifique. Bref, son livre séduit tant les amateurs de bande dessinée que Monsieur et
Madame Tout-le-monde. Prix Trillium 1996.
Jonathan Strange & Mr Norrell
Susanne Clarke, Le Livre de Poche, 1152 p., 16,95$
Une pluie d’honneurs s’est abattue sur ce livre ambitieux écrit par une
Écossaise née en 1959. Fresque victorienne alliant aventures et fantastique
accueillie à bras ouverts par la presse — meilleur livre de
l’année 2004 selon le Time Magazine —, Jonathan Strange & Mr
Norrell raconte la surprenante association, dans l’Angleterre fatiguée
des guerres napoléoniennes du début du XIX e siècle, entre un magicien de la vieille
garde au service de la flotte française (Norrell) et un jeune confrère audacieux
(Strange). Ensemble, ils éblouiront le pays grâce à leurs prouesses jusqu’à ce que leurs
opinions sur la magie — et son utilisation — divergent dangereusement.
JUIN-JUILLET-AOÛT 2008
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Le chanteur libre
Sylvain Lelièvre, Typo, 336 p., 16,95$
Déjà six ans que cet écrivain, poète, enseignant et auteur-compositeurinterprète
nous quittait, dans la fleur de l’âge. Pour commémorer le
départ de Sylvain Lelièvre, Typo réédite l’intégrale de ses chansons, dont
une quarantaine inédites écrites dans les années 1960 et 1970. Le
chanteur libre rend hommage à celui qu’on qualifie de « poète du quotidien ». Dans la
préface, Robert Léger loue la constante qualité des textes de Lelièvre, qui enregistra quatorze
albums et publia six livres. Jean Royer, en postface, dit de l’artiste qu’il a su,
« mieux que d’autres, que la poésie, encore aujourd’hui, peut se faire chanson sur un
mode majeur ».
L’histoire de l’amour
Nicole Krauss, Folio, 464 p., 15,95$
Prix du Meilleur livre étranger 2006, L’histoire de l’amour fait partie
de ces livres au charme quasi indéfinissable mais aux atouts
indéniables qui savent, comme par magie, rallier différents types de
lecteurs. Certes, la passion amoureuse qui perdure à travers le
temps et les épreuves que la vie, parfois fort cruelle, impose aux
hommes constitue l’un des points forts du roman de cette auteure vivant à
Brooklyn. Or, c’est surtout sa construction narrative télescopant les destinées des
trois protagonistes extrêmement touchants qui rend cette fiction aussi brillante et
mémorable. Krauss la dédie à ses grands-parents qui lui « ont appris le contraire
de la disparition ».
Traductrice de sentiments
Hélène Rioux, XYZ éditeur, coll. Romanichels poche, 176 p., 15$
Éléonore exerce une profession inusitée: traductrice de romans
d’amour. Pourtant, elle s’ennuie à mourir à réécrire les mêmes
scènes et à mettre en vie des hommes et des femmes qui ne lui donnent
pas l’impression de remplir sa propre existence. Car Éléonore
a perdu sa fille, et sa vie en a été, chamboulée. Se sentant prisonnière du piège des
bons sentiments, Éléonore part donc en Espagne, où un projet nouveau l’attend:
l’autobiographie d’un tueur sadique et pédophile, Leonard Ming. En sortira-t-elle
vivante? Traductrice de sentiments mêle Éros et Thanatos de façon troublante.
Grand Prix des lectrices Elle Québec 1995.
La lune dans un HLM
Marie-Sissi Labrèche, Boréal Compact, 256 p., 14,95$
Marie-Sissi Labrèche entraîne son lecteur dans une chronique
familiale tourmentée par les affres de la maladie mentale. À 23 ans,
Léa est « aspirante grande peintre ». Sa grand-mère vient de
mourir et elle devra désormais prendre soin de sa mère, au demeurant
folle. Labrèche ballotte dangereusement entre amour et haine et entrecoupe
son récit autofictionnel des lettres qu’elle avait écrites à sa mère: « Je serai la première
fille infanticide, je me débarrasserai de celle qui m’empêche d’avancer dans
la vie […]. » Le temps, les médicaments et l’amour pourront, au bout du compte,
calmer les tourments de l’âme.
Les tondeuses à gazon
Stephanie Doyon, Rivages, 512 p., 17,95$
Stephanie Doyon a été un « nègre » prolifique avant de publier sa
propre série jeunesse et une fiction pour adultes remarquable, Les
tondeuses à gazon, qui lui a valu d’élogieuses comparaisons avec
John Irving et Richard Russo. Peignant le portrait de Cedar Hole, un
bourg perdu où même le train ne passe plus, Doyon évoque avec humanité l’enfance
de deux rivaux: Francis, triste souffre-douleur de neuf sœurs (épouvantables
garçons manqués), et Robert, bizarre fils unique d’ouvriers, jusqu’à l’adolescence de
leurs propres enfants. Un chassé-croisé captivant où chaque destinée est liée à ce
bled dont l’attraction principale est le concours de tonte de pelouses.