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Bien dans son livre
Maison nette, planète verte
Si « branle-bas printanier » a toujours rimé avec « carreaux à faire briller et pelouses à nettoyer en prévision des beaux jours d’été »,
il est plus indiqué, cette saison, que le grand ménage de la maison et de ses alentours soit écologique. À preuve, le débarquement massif
de livres distillant conseils pour se protéger soi-même et Dame Nature ainsi que le regain de popularité des trucs de nos grands-mères,
qui savaient, comme par miracle, tout détacher
Ménageons la planète
Faire sa part pour l’environnement ne se résume pas qu’à remplir
religieusement son bac de recyclage. 250 gestes au quotidien pour contrer
les changements climatiques recense des mesures à intégrer dans la
routine individuelle de chacun et dont l’impact, parfois difficilement
pondérable, sera toutefois résolument positif sur l’environnement.
Interpellé par la pollution de l’eau et de l’air, l’éditeur et horticulteur
Bertrand Dumont s’est donné pour mission d’enrayer au maximum
l’émission de GES (gaz à effet de serre), et ce, dans le but que le citoyen
réduise « son empreinte écologique, c’est-à-dire l’impact que ses activités
ont sur les écosystèmes et la planète ». Puisqu’il ne suffit pas que nous
soyons conscients du problème, Dumont suggère de troquer nos mauvaises
habitudes pour des gestes simples qui demandent peu d’efforts sauf
celui, peut-être, d’y penser! À la maison, au travail, à l’école, au bord des
lacs et au jardin, en vacances et dans les transports: chaque action
compte, chaque jour, partout. 250 gestes au quotidien pour contrer les
changements climatiques prouve hors de tout doute que les Québécois
ont encore un bout de chemin à parcourir avant d’affirmer qu’ils font tout
leur possible pour sauver la Terre.
Madame Blanche-ville
Ce printemps, L’ABC des trucs de Madame Chasse-taches, dans sa version
majorée de 150 astuces ménagères transmises d’une génération à
l’autre ou récemment éprouvées, s’est envolée comme des petits pains
chauds. Si, dans un chapitre de son ouvrage, Bertrand Dumont vante les
vertus du vinaigre et de l’eau de Javel, Louise Robitaille, alias Madame
Chasse-taches, a fait sa marque de commerce à l’aide de ruses pour
entretenir la maisonnée et se faciliter l’existence, mais pas nécessairement
en toute sécurité pour l’environnement. En effet, cette
chroniqueuse télé et radio use parfois de produits néfastes, dont l’acide
muriatique et la térébenthine. Néanmoins, en faisant fi de certains conseils
anti-écolos, cet ouvrage indémodable, qui propose des solutions de
rechange économiques au traditionnel Hertel, permet d’éviter une consommation
superflue tout en épargnant les écosystèmes.
Plus blanc que blanc
Communément appelé « la p’tite vache », le bicarbonate de sodium (de
« soude ») est une poudre magique qui, grâce entre autres à son PH neutre,
vient à bout des taches tenaces sans aucun danger pour l’environnement.
Petits et grands ménages écologiques avec le bicarbonate de
soude révèle les mille et un pouvoirs de cette matière fine, polyvalente,
peu coûteuse et utile tant pour cuisiner que pour façonner une pâte à
modeler maison. Force est d’avouer qu’on récure et désodorise à fond
lorsqu’on utilise ce produit aux propriétés chimiques naturelles, « vieux
comme le monde » et on ne peut plus « vert » aujourd’hui. Constituant
un ingrédient qui a été nécessaire à la momification
des pharaons comme au rafraîchissement des
parois intérieures de la Statue
de la Liberté lors de sa
restauration en1986, le
« soda à pâte » n’a pas
fini de nous étonner.
Agent de blanchiment
Une famille moyenne utilise annuellement entre vingt et quarante litres
de nettoyants domestiques, la plupart nocifs pour l’homme et la nature.
Aussi, avec les récentes découvertes médicales, « chimique » rime-t-il
désormais avec « toxique » dans l’esprit collectif. L’innocuité de
plusieurs produits courants, auxquels on attribue cancers et troubles pulmonaires,
n’est pas attestée. Pensons aux phosphates présents dans les
savons liquides; au bisphénol A dans les biberons de plastique; aux
pêches pleines de pesticides ayant parcouru des milliers de kilomètres
(bonjour GES!); au bois traité bourré d’arsenic, qui sert pour les aménagements
extérieurs tels les patios (sur lesquels nos petits s’ébrouent).
Le jeune champ de recherche qu’est l’écosanté ou santé environnementale
jauge les répercussions sur le corps humain des substances synthétiques
(75 000 créées au courant du dernier demi-siècle) présentes dans
les aliments, les accessoires, le mobilier, la décoration ou le maquillage.
En 2005, Marc Geet Éthier secouait les mentalités avec Zéro Toxique:
Pourquoi se protéger (Trécarré), qui démontrait les ravages de l’intoxication
quotidienne de l’être humain. En avril dernier, il renchérissait
doublement. D’abord avec Zéro Toxique: Petit manuel de survie, qui
synthétise, par grandes catégories, la nature et les effets des principales
substances chimiques omniprésentes dans l’environnement immédiat,
et suggère des solutions pour les contrer, puis avec Ménage vert. Se
faciliter la vie en la protégeant, un condensé de tous les trucs 100% écolo
qui vous transformeront en une ménagère-lavandière digne de Bree Van
De Kamp, l’impeccable héroïne de Beautés désespérées.
Mais revenons à Zéro Toxique: Petit manuel de survie. Conçu pour passer
à l’action immédiate, il constitue une précieuse mine d’information
tout à fait à jour. Quelle planète laisserons-nous à nos enfants? Marc Geet
Éthier estime que le défi des gens de sa génération, à savoir les 45-65 ans,
est « celui qui est posé par la décontamination de l’héritage laissé par la
révolution industrielle ». Selon lui, « le réchauffement climatique et la
contamination chimique ne sont pas une fatalité » et chaque geste de
protection de l’environnement « a un effet multiplicateur beaucoup plus
important que ses seuls effets. Chacun envoie à l’industrie un signal clair
lui indiquant votre désir de bénéficier d’une sécurité chimique réelle —
un tel signal a le don d’exciter les experts en marketing obsédés par la
satisfaction de la clientèle ». D’où l’explosion massive de gammes de produits
industriels biodégradables et écologiques.
Évidemment, les compagnies perçoivent dans cette tendance un mine
d’or. La bonne nouvelle, c’est que Gaïa en bénéficiera. Or, gardons en tête
que sa survie ne tient pas qu’au « poush-poush » qui sert à faire briller
la cuisinière et aux matières recyclées hebdomadairement. Restons
vigilants. Modifions nos habitudes. Évitons la surconsommation.
Revenons à l’essentiel pour
que l’homme et la planète fassent bon
ménage encore longuement.
Enfant, Hélène Simard passait ses samedis après-midi à fureter dans les allées de la bibliothèque municipale. Son cœur a
longtemps oscillé entre son amour pour les animaux et la lecture, mais ses navrants résultats en sciences lui ont radicalement
indiqué la voie à suivre. Elle travaille donc dans le milieu du livre depuis quinze ans, raffole toujours autant des félins et occupe
désormais ses week-ends à cuisiner et à raconter des histoires à sa fille.
JUIN-JUILLET-AOÛT 2008
47
Environnement
La chronique d’Hélène Simard
250 gestes au quotidien
pour contrer
les changements
climatiques
Bertrand Dumont,
Bertrand Dumont éditeur,
144 p., 14,95$
L’ABC des trucs
de Madame
Chasse-taches
Louise Robitaille,
Publistar,
272 p., 19,95$
Petits et grands
ménages écologiques
avec le bicarbonate
de soude
Gérard Lambert,
Édimag, 112 p., 8,95$
Ménage vert:
Se faciliter la vie en
la protégeant
Marc Geet Éthier,
Trécarré,
320 p., 24,95$
Zéro toxique: Petit
manuel de survie
Marc Geet Éthier,
Trécarré,
184 p., 19,95$