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Nouveautés
Saviez-vous que le premier
roman écrit en Amérique du
Nord a été rédigé par l’Anglaise
Frances Brooke à la Maison des
Jésuites de Sillery? Que le
Morrin College, situé dans la
haute ville de Québec, a été une
prison construite par l’architecte
François Baillairgé avant
d’être un lieu d’enseignement
supérieur affilié à l’Université McGill?
Abondamment illustré, Québec et sa région récapitule,
sur un mode romanesque, les événements
ayant marqué plus de 150 lieux faisant partie du
quotidien des habitants de la capitale nationale et
de ses environs, et ce, d’hier à aujourd’hui.
L’historien Jacques Lacoursière et l’écrivain Pierre
Caron ont habilement conjugué leurs talents afin
d’offrir un ouvrage d’un grand intérêt.
QUÉBEC ET SA RÉGION
Jacques Lacoursière et Pierre Caron, De l’Homme,
coll. Histoire vivante du Québec, 460 p., 39,95$
Depuis quelques années, on prétend
qu’a lieu au Québec une
crise de la masculinité causée
par les féministes qui, en s’arrogeant
les droits des hommes,
auraient provoqué une sorte
d’« émasculation ». L’idée est
paradoxale, puisque des études
prouvent que les fils d’Adam
occupent la quasi-totalité des
postes de pouvoir et que leurs salaires sont plus
élevés que ceux des femmes. Et tandis qu’ils jouissent
de davantage de temps libres que leurs compagnes,
des années de revendications n’ont pas
réglé le partage des tâches domestiques, que les
filles d’Ève se coltinent en plus des soins aux
enfants. Premier ouvrage de ce type, Le mouvement
masculiniste au Québec, en traitant le sujet
de façon pointue mais accessible, veut démontrer
que ce discours nuit à l’égalité entre les sexes.
LE MOUVEMENT MASCULINISTE
AU QUÉBEC
Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri (dir.),
Du remue-ménage, 262 p., 24,95$
« Mange-souverainiste » notoire,
Alain Dubuc, chroniqueur à La
Presse, veut lancer des ponts en
publiant son essai À mes amis
souverainistes. S’il reconnaît
que le mouvement souverainiste
est bel et bien vivant, il souligne
que ce même mouvement ne
gagnera jamais. Bienvenue à l’ère
de la postsouveraineté! Face à ce
constat lapidaire, Dubuc propose dans son essai
un plan d’avenir pour le Québec de demain, qui
doit faire face à des défis socioéconomiques. Il fait
appel à une mobilisation citoyenne où les luttes
idéologiques n’auront plus lieu d’être. Plus encore,
l’auteur souhaite une nouvelle Révolution tranquille,
une deuxième grande modernisation de la
société, dont la transformation de l’État serait la
clé de voûte.
À MES AMIS SOUVERAINISTES
Alain Dubuc, Voix parallèles, 232 p., 26,95$
Une fois de plus, l’auteure de No
logo éveille les consciences avec
un réquisitoire fouillé et pertinent,
La stratégie du choc.
« Rédigée dans une langue efficace,
tonique, directe, traquant
les zones d’ombre, identifiant
responsables et bénéficiaires
d’une marchandisation de la terreur
dont les conditions peuvent,
le cas échéant, se voir créées de
toutes pièces, cette histoire secrète du libre
marché souligne l’inquiétant avènement d’un
“capitalisme du désastre”» nourri par les
défenseurs d’un ultralibéralisme puissant, qui
visent à prendre le contrôle de l’économie mondiale.
Farouche opposante à la mondialisation, la
journaliste y explique les surprenants liens qui
unissent, par exemple, le massacre de Tiananmen
en 1989 et le tsunami de 2004. Choquant!
LA STRATÉGIE DU CHOC
Naomi Klein, Leméac / Actes Sud, 672 p., 34,95$
C’est le début d’un temps nouveau
lorsque le Québec entre
dans la décennie 1960-1970, et il
n’a pas fallu la mort du premier
ministre Maurice Duplessis,
selon Jacques Lacoursière, pour
que la population entre de plainpied
dans la Révolution tranquille.
Au cours de ces années,
un vent de changement et de
liberté bienvenu a soufflé sur le Québec et toutes
les sphères de la société se sont transformées. Car
malgré un gouvernement conservateur et un
clergé à la main de fer, les jeunes étaient instruits
et avides de mordre à pleines dents dans leur
époque. Lacoursière, vulgarisateur de premier
plan, poursuit, avec ce cinquième volume consacré
à notre histoire, une œuvre gigantesque,
essentielle et accessible à tous.
HISTOIRE POPULAIRE DU QUÉBEC.
1960 À 1970
Jacques Lacoursière, Septentrion, 460 p., 29$
En mai 1968, le Québec et la
France bouillonnent sur le plan
socio-politico-culturel. Bruno
Roy a 17 ans lorsqu’il voit,
au Quat’sous, une bande
de jeunes artistes allumés, composée
de Deschamps, Charlebois,
Forestier et Mouffe, se démener
sur scène dans une performance
musicale originale, jugée blasphématoire
par le clergé, mais qui allait révolutionner
le milieu chansonnier d’ici. Roy en sort
bouleversé. Dans L’Osstidcho ou le désordre
libérateur, le romancier, poète et essayiste prolifique
s’inspire partiellement de sa thèse de
doctorat sur la chanson québécoise pour brosser
l’histoire de ce spectacle légendaire, en analyser la
teneur, les transformations qu’il a générées dans la
conception de l’art ainsi que la façon dont il a
rejailli sur les futures générations de chanteurs et
de musiciens.
L’OSSTIDCHO OU LE DÉSORDRE
LIBÉRATEUR
Bruno Roy, XYZ éditeur,
coll. Documents, 202 p., 24$
JUIN-JUILLET-AOÛT 2008
40
Le chant des
oyseaulx
Antoine Ouellette, Triptyque,
280 p., 25$
Le chant des oyseaulx est un essai
« biomusicologique » tout à fait
original se situant au carrefour de
l’ornithologie, de l’écologie et de la musicologie. L’auteur
part de l’idée qu’il existe une proximité entre le chant des
oiseaux et la musique humaine, tous deux possédant
assurément un domaine commun. D’ailleurs, de tout
temps, et universellement, les musiciens se sont inspirés
des oiseaux pour composer des œuvres. Pour développer
cette idée, il brosse d’abord un portrait complet et
rigoureux de la musique des oiseaux: comment et
pourquoi ils chantent, quelles sont les caractéristiques
de leurs chants, comment les transcrire, etc. Puis, il
retrace dans l’histoire musicale la présence de ces chants
et l’évolution de leur utilisation. Sans verser dans l’anthropomorphisme,
le livre s’achève sur une réflexion
pertinente sur l’art et sur la possibilité d’y inclure la
musique produite par le chant des oiseaux.
Alexis Brisebois Monet
Sur les traces de
l’anarchisme au Québec
Matthieu Houle-Courcelles, Lux
éditeur, 278 p., 18,95$
« Il n’y en a pas un sur cent mais
pourtant ils existent », disait Léo
Ferré. Le Québec n’échappe pas à
cette réalité. Même que l’anarchisme n’a jamais été
aussi en vogue chez les militants et militantes du
Québec. Cependant, loin d’être uniquement un
phénomène des dernières années, le mouvement
libertaire québécois a des racines qui remontent
jusqu’à la fin du XIX e siècle. Mathieu Houle-
Courcelles s’est attelé à la tâche de retracer le parcours
des anarchistes dans la Belle Province.
Couvrant les années 1860 à 1960, il retrace l’influence
des idées anarchistes des réfugiés de la
Commune de Paris jusqu’aux automatistes, en passant
par les immigrants juifs. Une histoire méconnue,
qui intéressera autant les activistes d’aujourd’hui
que tous ceux et celles qui s’intéressent à
notre passé. David Murray Monet
Bréviaire capricieux de
littérature contemporaine
pour lecteurs déconcertés,
désorientés, désemparés
François Kasbi, Scali,
512 p., 44,95$
Vous vous sentez déroutés à chacune
de vos visites en librairie?
Vous ne savez plus par quel bout prendre la production
littéraire des dernières décennies? Plongez
dès maintenant dans ce bréviaire, qui réunit en fait
quantité de chroniques rédigées par François Kasbi
et parues dans une multitude de publications
depuis une dizaine d’années. Bien sûr, il est impossible
d’être totalement exhaustif devant la quantité
faramineuse de parutions déboulant chaque année
en librairie, mais Kasbi couvre très large. Les principaux
ouvrages, les auteurs connus et moins connus,
les différents courants et les polémiques du
monde littéraire contemporain sont abordés dans
un style franc et empreint d’un réel désir de
partager son expérience de lecteur éclairé.
Christian Girard Pantoute