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Avec ses neuf nouvelles, Virginie Jouannet Roussel offre neuf
portraits de femmes écrits d’une plume alerte et moderne.
L’amour comme carburant, forcément pour avancer, gagner sa
liberté. Le moment X qui fera basculer une vie de tristesse, de
violence, de morosité. L’amour comme catalyseur de la fulgurance
d’une décision. L’une pour échapper à son Saigneur,
l’autre pour affronter la peur d’être lâche, de nouveau, et cette
autre pour donner un sens à sa jeune vie de 20 ans: « L’imbécile
croit avoir gagné, mais il se trompe. Je suis bien trop heureuse
pour me laisser embobiner, d’un bonheur qui rend invincible. »
Ce nouveau recueil confirme le talent de Virginie Jouannet Roussel, qui avait reçu
le Prix Prométhée de la nouvelle en 2000 pour Les hommes sont des petits
poucets (Du Rocher).
L’AMOUR EST UN CARBURANT PROPRE
Virginie Jouannet Roussel, L’instant même, 176 p., 20$
Dans la mythologie grecque, la gorgone Méduse pétrifie toute
personne qui la regarde. Ici, Mom, qui incarne cette figure
antique, vient de mourir. Sa famille ignore encore où son corps
gît. Lucides, Judith, son aînée, et sa cadette Lucie admettent
leur soulagement de la voir enfin partie… Avec leur frère
Simon, elles ont subi la vie et le caractère de cette mère impossible,
dont l’humeur valsait entre haine et culpabilité.
Forcément, cette relation est mortifère. À l’aide de retours en
arrière, le lecteur apprend à comprendre cette vie de famille qui
tournait autour de cette « Méduse », et les dommages qu’elle a
créés dans l’âme de ses enfants. Après La ville aux escargots,
ce récit organique confirme le talent de Laurence Prud’homme.
Nouveautés
LA DANSE DE LA MÉDUSE
Laurence Prud’homme, Québec Amérique,
coll. Littérature d’Amérique, 200 p., 19,95$
Au moment où Rachel décide de mettre fin à son mariage après
trente ans, elle apprend coup sur coup le décès de son mari
Jean-Marie et de sa fille Malory. Ils sont morts ensemble dans
une chambre d’hôtel: quelqu’un les assassinés. Rachel est
dévastée. Des trahisons et des mensonges sont révélés. Elle
savait que Jean-Marie était un homme mauvais, mais elle ignorait
tout de ses perversions. Petit à petit, elle découvre la vie
parallèle qu’il a menée au nez et à la barbe de toute sa famille,
et ouvre les yeux sur la vraie nature de ses proches. Malgré la
tempête, elle a la force de prendre son existence en main. Mes
rêves piégés est le deuxième roman de l’auteure de Drummonville, qui a fait son
entrée en littérature avec Tant de choses promises il y a sept ans.
MES RÊVES PIÉGÉS
Jacqueline Geoffroy Larocque, Flammarion Québec, 288 p., 24,95$
Louise Dupré brosse les portraits de femmes au zénith de leur
vie. Toutes sont traversées par les mêmes interrogations: qu’en
était-il avant et que sera la suite? Comme des funambules sur
le fil de l’existence, elles ne veulent pas faire le mauvais pas, ni
être paralysées non plus. Pourtant, elles ont construit patiemment
leur vie, marquée par les joies et les douleurs. Mais les
héroïnes de Dupré sont assaillies par une sourde angoisse. Oserontelles
ouvrir cette « fenêtre sur quelqu’un en vous que vous connaissiez
à peine. Cette femme que vous auriez pu être dans une
autre vie »? Ce recueil de vingt-cinq nouvelles est mené par
une écriture sensible, poétique et pleine de philosophie.
L’ÉTÉ FUNAMBULE
Louise Dupré, XYZ éditeur, coll. Romanichels, 160 p., 23$
JUIN-JUILLET-AOÛT 2008
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Littérature québécoise
Une femme, nommée Lisa Solers, dépressive et alcoolique, a le
sentiment d’avoir raté sa vie. Pourtant, en apparence, rien ne
semble pouvoir jeter une ombre sur son « bonheur », elle à qui
tout semble réussir, qui ne manque de rien. Elle est une peintre
talentueuse; son mari, un juge. Un homme, nommé Saul
Hémont, dit Salomon, alcoolique, ancien professeur de littérature
et poète, est sans abri depuis dix ans. Lisa et Salomon se
rencontrent au centre d’accueil pour les personnes sans domicile
fixe. Comme deux naufragés, leurs cœurs vont s’accoster,
faisant fi de la dure réalité de leurs vies à la dérive. Si la mort
arrive comme une lame de fond, l’espoir émergera de cette histoire d’amour
douloureuse. Ce troisième roman de Jacqueline Lessard est poignant et plein
d’humanité.
LES CHARTREUSES
Jacqueline Lessard, Hurtubise HMH, 398 p., 27,95$
Caroline aime détester sa mère, mais déteste aussi l’aimer.
Madeleine est une femme qui souffre d’insécurité affective, et est
toujours à la recherche de l’homme qui la comblera: « Je veux
une vraie vie, une vie en bonne et due forme, pour ma fille aussi.
Le mariage, c’est peut-être la réponse. » Peine perdue, les
années passent et malgré sa course contre le temps, Madeleine
se flétrit. Et sa fille Caroline est toujours là pour recoller les
morceaux de son cœur brisé: « Quand il n’y avait que moi, je
redevenais son embryon, sa chose en gestation branchée sur le
fil électrique de ses humeurs. » Une mère est le deuxième
roman de Marie-Christine Arbour après Deux et Deux, publié
chez Planète rebelle en 2000.
UNE MÈRE
Marie-Christine Arbour, Pleine lune, 128 p., 19,95$
Yvon Thibault campe son premier roman au cœur de la rébellion
des Patriotes, en 1838. Nous sommes à Beauharnois, où les
communautés canadienne-française et anglaise cohabitent
dans une paix relative. Pourtant, une grave menace plane sur le
village. Dans ce contexte tendu, Jacques et Caroline vont
tomber amoureux l’un de l’autre. Issu d’une famille francophone,
Jacques doit aider son père, François Pitre, capitaine de la
milice et personnage important de la paroisse. Quant à
Caroline, elle est la fille de l’Écossais Laurence Brown, qui
habite dans le manoir seigneurial et travaille pour le seigneur
Edward Ellice. On assiste à l’amour naissant entre les deux
jeunes, qui seront tiraillés par leurs convictions politiques.
LE CHÂTEAU DE BEAUHARNOIS
Yvon Thibault, VLB éditeur, 576 p., 29,95$
La diva est le premier tome d’une trilogie qui retrace le parcours
de quatre femmes. Il y a surtout Rose, qui est à la veille
d’une consécration de sa carrière de cantatrice. C’est l’occasion
pour elle de remonter le cours de ses souvenirs. En 1926, elle a
cinq ans lorsque son père ouvrier l’amène pour la première fois
à l’opéra. C’est la révélation: « Rose en déduisit à ce moment
précis que ce chant était magique. Et elle comprit que les fées
existent vraiment. » Pourtant, à 93 ans, la question d’une journaliste
lors d’une entrevue la déstabilise. Dans son for intérieur,
Rose se demande pour la première fois si elle a fait le bon choix,
tout comme Gloria, Jane et Lady Dumburry. Toutes les quatre sont à la croisée
des chemins de leurs vies.
LA DIVA: LE CHANT DES FÉES (T.1)
Alessandro Cassa, Guy Saint-Jean éditeur, 192 p., 21,95$