Le Libraire - IndexLe Libraire - magazine - IndexBien dans son livre
« Les enfants n’ont rien à faire des considérations nutritionnelles. Ils ne mangent pas un
aliment parce qu’il est bon pour eux, ils le mangent parce qu’ils en apprécient le goût. Ils
apprennent à aimer ce qui leur est offert régulièrement et ce qu’ils vous voient manger
avec appétit », estime la nutritionniste Stéphanie Côté qui, dans Un enfant sain dans un
corps sain, dévoile quarante moyens pour assurer l’instauration puis le développement
durable de bonnes habitudes alimentaires et de vie. Faire d’un enfant un « bon » mangeur
ne se résume pas à la variété et à la qualité des aliments servis dans son assiette. Le parent
doit avoir à cœur que son bébé, son enfant puis son adolescent, en plus de puiser tous les
nutriments essentiels à sa croissance, développe une saine relation avec la nourriture. Car si
manger découle d’un besoin physique, l’acte lui-même doit représenter un plaisir qui ne doit
pas se transformer en obsession, comme le précise l’auteure de ce guide intelligent, clair et
motivant.
Quand l’appétit va, tout va (enfin, presque)
Loin d’être alarmiste même si elle est très réaliste, Stéphanie Côté encourage les
parents à prendre conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans l’« éducation culinaire » de leurs
petits. Au Québec, environ la moitié des enfants et adolescents consomment à peine cinq portions
de fruits et légumes quotidiennement (nettement moins que les recommandations du
Guide alimentaire canadien), on boit plus de boissons gazeuses que de lait, la pomme de terre
est le légume favori dans une proportion de 50% (incluant frites et croustilles!), le pain blanc
supplante l’entier et les calories vides (bonbons, gâteaux, sirops, biscuits, etc.) comptent pour
25% du régime alimentaire... Pourtant, la pandémie d’embonpoint et d’obésité infantiles n’est
pas attribuable qu’à l’offre de produits pauvres en nutriments, riches en gras, en sel ou en
sucres, de même qu’à la sédentarité engendrée par des activités produisant une faible dépense
énergétique comme la navigation sur Internet.
Selon la spécialiste, qui est chroniqueuse pour la revue Protégez-vous, il faut aussi analyser
le rapport qu’entretient toute la famille avec le contenu du garde-manger et sa façon de s’attabler
afin d’enrayer le problème — du moins en partie. Cela peut paraître évident; or, les
gens n’adoptent pas tous naturellement une attitude détendue et positive face à la nourriture.
Par exemple, les journées de travail sont longues et éreintantes, les repas sont souvent pris
séparément et en vitesse alors qu’on sait que casser la croûte en compagnie de convives, c’est
désamorcer des tensions, reprendre contact avec les siens et soi-même. En écoutant les
autres, on prend conscience des signaux transmis par le cerveau: la nourriture est ingérée en
moins grande quantité et à une cadence normale. Avaler n’est plus un geste automatique,
comme lorsqu’on lit ou regarde la télé. Faites gaffe, aussi, au langage non verbal: froncer le nez
devant un ris de veau n’incitera pas votre enfant à y goûter, et n’accorder du dessert que si les
assiettes se vident implique que les légumes et la viande constituent un passage obligé vers la
récompense, le « sucré »!
En somme, l’argumentation de Stéphanie Côté s’articule autour de l’équilibre à atteindre
entre les repas, l’activité physique, la nutrition, le repos et les loisirs. Outre une trentaine de
recettes inspirantes, Un enfant sain dans un corps sain comprend un bilan en vingt questions
portant sur les habitudes de vie ainsi qu’un « plan de match » étalé sur huit semaines
qui permettra aux familles de mieux manger, s’activer, s’amuser, dialoguer et dormir.
En complément, je vous suggère De la tétée à la cuillère. Bien nourrir mon enfant de 0 à 1 an
(CHU Sainte-Justine, 140 p., 14,95$) et Jouer à bien manger. Nourrir mon enfant de 1 à 2
ans, qui retracent les grands principes de l’alimentation, ainsi que Comment nourrir son
enfant de Louise Lambert-Lagacé, vendu à plus de 350 000 exemplaires depuis sa première
parution en 1974. Fidèle à la réalité québécoise, cet ouvrage est une source d’information sûre
régulièrement mise à jour. Enfin, À table, les enfants! et À table en famille, des diététistes Marie
Breton et Isabelle Emond (Flammarion Québec, 128 p., 29,95$), s’inscrivent dans la lignée
d’Un enfant sain dans un corps sain grâce à leur approche globale de l’alimentation en famille
et à leurs plats si savoureux.
C’est génial qu’un tout-petit ne lève pas le nez sur le contenu de son assiette, ça fait chic au
resto en plus d’épater les grands-parents. Mais encore faut-il qu’il se sente bien dans sa peau.
L’éducation culinaire va donc bien au-delà des techniques pour cuisiner et de l’éventail d’aliments
appréciés; il s’agit d’un un art qui englobe plusieurs dimensions de l’existence, à l’instar
du métier de parent.
La chronique d’Hélène Simard
L’éducation culinaire
AVRIL-MAI 2008
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Santé
Je n’avais jamais pris plaisir à cuisiner avant d’avoir un bébé. Pas le temps, trop compliqué,
pas les ustensiles appropriés: les raisons étaient nombreuses pour éviter d’approcher mes fourneaux.
Pourtant, c’est avec entrain je me suis mise aux purées puis aux mets davantage raffinés à mesure
que ma rieuse petite « poubelle d’amour », qui dévore pratiquement tout, découvrait l’horizon
de saveurs qui s’offrait à ses vierges papilles.
Un enfant sain dans
un corps sain
Stéphanie Côté,
Éditions de l’Homme,
256 p., 24,95$
Jouer à bien manger.
Nourrir mon enfant
de 1 à 2 ans
Collectif, CHU
Sainte-Justine,
coll. Pour les parents,
162 p., 14,95$
Comment nourrir
son enfant
Louise Lambert-
Lagacé, De l’Homme,
338 p., 29.95$
À table, les enfants!
Marie Breton et
Isabelle Emond,
Flammarion Québec,
128 p., 26,95$
Pratique | Psychologie
Nouveautés
Et si les parents avaient tort en
encourageant les enfants à
exercer des professions tels informaticien,
comptable ou
ingénieur? Provocant, Daniel
Pink, ancien conseiller du viceprésident
Al Gore, prédit que
l’avenir appartiendra aux créatifs,
qui font davantage appel à leur
cerveau droit. C’est la fin du
règne de « l’âge de l’information », construite en
fonction de la partie gauche de l’encéphale.
Désormais, la société entre dans une « ère conceptuelle
», qui fait une place au soleil, entre
autres, aux artistes, inventeurs et conteurs.
L’auteur illustre son propos à l’aide d’exemples et
d’exercices qui encouragent à développer six aptitudes
stimulant la créativité.
L’HOMME AUX DEUX CERVEAUX
Daniel Pink, Éditions Robert Laffont,
coll. Réponses, 288 p., 29,95$
Selon des statistiques colligées
en 2005, nous passons plus de
temps au bureau qu’en famille.
Le milieu professionnel est un
lieu de défis et d’apprentissage
où plusieurs travailleurs souhaitent
également s’épanouir personnellement.
En ce sens, les
émotions alimentent la vitalité
au travail. Pourtant, il arrive que
la colère ou la tristesse, entre autres, paralysent ou
empêchent toute prise de décision éclairée.
S’appuyant sur les neurosciences, Laurence
Saunder invite, à l’aide d’exercices et de tests, à
prendre conscience du phénomène, à identifier
nos émotions pour éviter des paroles ou des comportements
inappropriés pour, enfin, s’affirmer
tout en respectant ses collègues. Une méthode efficace
pour (re)trouver le bonheur au boulot!
L’ÉNERGIE DES ÉMOTIONS
Laurence Saunder, Transcontinental,
272 p., 24,95$
le libraireCRAQUE
L’Art des listes
Dominique Loreau, Éditions
Robert Laffont, 288 p., 26,95$
Après L’Art de la simplicité,
Dominique Loreau nous revient
avec L’Art des listes, en proposant
une nouvelle façon de réorganiser
notre vie afin de l’améliorer. N’étant pas une « listeuse »,
je feuilletais ce livre rapidement lorsque la page qui
tomba sous mes yeux portait le sous-titre « Les
plaisirs de la lecture ». Comment résister? Voilà comment
ce livre a réussi à attirer mon attention. Depuis,
je le consulte un petit peu chaque jour, pour faire
durer le plaisir. Et je l’avoue, j’ai commencé à faire des
listes! À chaque moment de votre vie, qu’il soit triste
ou heureux, une liste s’impose. À vous d’utiliser une
forme d’écriture qui fait du bien, sans prétention et
efficace. Délicieuse aussi, parfois. Psssttt… les plaisirs
de la lecture se trouvent aux pages 221-222…
Isabelle Prévost Lamoureux La Maison de l’Éducation