Le Libraire - IndexLe Libraire - magazine - IndexQuébec Québec, reine de beauté
Les charmes de la ville mère de l’Amérique française n’ont plus besoin de présentation. Du cap Diamant au
plaines d’Abraham, du château Frontenac à l’église Notre-Dame-des-Victoires, de Bonhomme Carnaval au
Festival d’été, de Place-Royale en passant par la Grande Allée, le Petit-Champlain, le domaine de
Maizerets, les chutes Montmorency, le Musée de la civilisation, les antiquaires du Vieux-Port et la vue
imprenable de l’Astral, Québec regorge d’emblèmes inoubliables, connus internationalement,
qui attirent des tonnes de touristes et font la fierté de ses habitants.
Celle qui doit son surnom de « Vieille Capitale » au fait
qu’elle fut la première agglomération du Bas-Canada n’a
pas pris une ride depuis ce 3 juillet 1608 où Samuel de
Champlain y établit un premier comptoir de traite des
fourrures. Jeune de cœur, Québec, seule ville fortifiée au
nord du Mexique, éblouit pour ses 400 ans. Curieux d’en
(re)découvrir les merveilles architecturales, gastronomiques,
culturelles, religieuses et naturelles? La
sixième édition du guide Ville de Québec (Ulysse, 208 p.,
24,95$), maintenant offert dans un format plus facile à
manipuler, se démarque par son excellence. Précision,
concision, exhaustivité sont quelques-unes des qualités
de cet ouvrage de référence qui intègre, sur un ton sympathique,
moult notions d’histoire à onze parcours touristiques.
Un vrai bon guide de terrain, qui s’adresse tant au
voyageur solitaire qu’aux familles et privilégie, au détriment
d’une iconographie somme toute accessoire, un
maximum d’informations sur tout ce qu’il faut faire, voir
et entendre dans « cette cité enchanteresse au site
exceptionnel ».
Un grand week-end à Québec (Hachette, 128 p., 18,95$),
quant à lui, est d’une tout autre facture. L’accent est mis
sur le plaisir; comme le titre l’indique, le voyageur n’a
qu’une fin de semaine pour s’imprégner de la ville. Rédigé
par une équipe française, il propose neuf plaisantes attractions
et activités incontournables: lieux, restaurants, sorties
en boîte, magasinage. Avec ses quelque 300 bonnes
adresses recensées, autant de photos et d’illustrations en
On peut affirmer qu’Esther Croft était destinée à
embrasser l’écriture puisqu’elle est née un 23 avril,
Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
Outre sa contribution à plusieurs ouvrages collectifs
et un roman (De belles paroles, XYZ éditeur),
l’écrivaine de Québec a surtout imposé sa signature
grâce à ses nouvelles, publiées dans des revues ou
sous forme de recueils, en particulier Au commencement
était le froid, Prix de l’Institut canadien 1993
et Adrienne-Choquette 1994.
«
© Michel Boulianne
Esther Croft
Québec ne m’inspire pas: elle m’habite. Elle fait
partie de moi autant que je fais partie d’elle, depuis le
premier jour. Comme l’enfance, elle s’est inscrite en
moi une fois pour toutes, traçant à son insu les
hauts et les bas de mon territoire intérieur.
couleurs et un plan de la ville dépliable, ce guide, agréable
à l’œil mais distillant certaines incongruités (on ne dit
pas « fêt’ nat’ » pour la Saint-Jean-Baptiste!), fera
parfaitement l’affaire du touriste européen qui a envie de
bien s’amuser.
Enfin, ce n’est pas sans raison que le Vieux-Québec, cerné
de ses remparts magnifiques, fait partie du patrimoine
mondial depuis 1985. Quoique couvrant à peine 5% de la
superficie de toute la ville, ce quartier historique abrite
pas moins de 120 sites. Le Vieux-Québec à pied (Les
heures bleues, 112 p., 12$) suggère sept circuits pédestres
auxquels on en ajoute six thématiques (religieux, militaire,
artistique, etc.), réalisables en un, deux ou trois
jours, et sur lesquels l’on croise monuments, musées, statues,
maisons, parcs, églises, places, rues et autre édifices
importants. Aucun recoin n’est oublié et les sites sont
amplement détaillés. Une amusante façon de flâner en se
mettant au parfum… de l’histoire! H.S.
J’aime son calme et sa mesure, l’harmonie de
ses formes et la beauté de ses parcours: ils permettent
à mes discordances intimes de se déployer
en toute sécurité, à l’abri des murailles qui en ont vu
bien d’autres.
Mes enfants ont appris à marcher sur les Plaines,
mes personnages aussi. Plusieurs d’entre eux sont
nés le matin, sur le sentier qui longe le fleuve près de
la tour Martello, dans la solitude et le grand vent. Ils
ont reçu leurs premières critiques sur un banc, entre
deux canons, de la bouche de Françoise Loranger.
Je n’ai jamais décidé consciemment d’écrire sur ma
ville. Pourtant, cela n’a pas empêché ses vieilles
pierres de réveiller des morts ou d’abriter des nourrissons;
les vitrines de la rue Saint-Jean de refléter
des esseulés; le marché du Vieux-Port d’étaler ses
fines herbes entre deux souvenirs; la pointe de l’île
d’Orléans de s’ouvrir sur des rêves inouïs; et surtout
le fleuve d’alimenter toutes les eaux souterraines
qui circulent dans chacun de mes récits.
Il m’arrive encore parfois de partir à la recherche
d’une petite fille sans voix. La plupart du temps,
»
je
la retrouve sur la rue Crémazie, suçant son pouce
sur les marches de l’ancienne synagogue. Cette
enfant-là s’est faufilée dans tous mes livres.
AVRIL-MAI 2008
52
Fantastique
Nouveautés
À l’aube de sa vie, Naïla ne sait
pas encore qu’un destin exceptionnel
l’attend. Aujourd’hui, elle
doit faire face au malheur qui l’a
frappée deux fois en deux ans:
Alicia, son bébé de seize mois,
est décédée d’un cancer et son
mari Francis s’est suicidé par la
suite, en lançant sa voiture contre
un camion. Pour panser ses
plaies, elle rejoint sa grand-tante Hilda, qui l’a
élevée. Ensemble, elles rénovent la demeure
familiale afin d’en faire un « couette et café ». Au
cours des travaux, Naïla fera une trouvaille dans le
grenier, ce qui la déstabilisera. Elle serait Naïla de
Brume, l’héritière d’une lignée maudite de sorcières,
qui réussira où ses aïeules ont échoué et
elle règnera sur la Terre des Anciens. Ensorcelant!
NAILA DE BRUME:
FILLES DE LUNE (T. 1)
Elisabeth Tremblay, De Mortagne, 432 p., 24,95$
Passionnante réflexion sur la
vieillesse et la mort, L’Enfant de
cristal est aussi un roman haletant
qui revisite l’un des thèmes
chéris de la science-fiction, soit
la création d’un homme parfait,
surhumain, doté d’une intelligence
et de pouvoirs extraordinaires.
Aaron, 9 ans, souffre de
« progéria », une maladie rare
qui fait vieillir son corps prématurément. Grâce
aux traitements expérimentaux d’une gérontologue
déterminée l’ayant pris sous son aile et à ses
propres dons surnaturels, Aaron se métamorphose:
de vieillard chauve et myope, il devient un
homme sain, fort, exceptionnellement doué. Mais
ce qui paraissait être un miracle devient le pire des
cauchemars lorsque l’enfant-homme fuit la
clinique et tombe aux mains d’un savant aux
méthodes douteuses.
L’ENFANT DE CRISTAL
Theodore Roszak, Le Cherche midi,
coll. NéO, 540 p., 39,95$
le libraireCRAQUE
À l’intention des
ombres
Frédérick Durand, Vents d’Ouest,
216 p., 22,95$
Romancier, poète, nouvelliste et
journaliste, Frédérick Durand possède
une remarquable polyvalence
et un talent que plusieurs éditeurs ont su déceler. Dans
son plus récent recueil de nouvelles, l’auteur renoue avec
le fantastique, un genre dans lequel il excelle. À l’intention
des ombres regroupe en fait une vingtaine de nouvelles
écrites entre 1997 et 2007 et réactualisées afin de
conserver intact leur style original et percutant. Ces nouvelles
font apparaître des personnages étranges qui
évoluent dans un univers menaçant, parfois surréaliste
et fantasmatique. Le lecteur retrouvera avec délice les
thèmes de prédilection de l’auteur, soit la confusion
entre le réel et la réalité, la dimension onirique,
l’insolite, le psychédélisme. Maîtrisée, vive et concise,
l’écriture de Durand provoque l’étonnement, le doute,
l’inquiétude, la fascination, et relève une fois de plus le
défi de dévoiler l’indicible, la part d’ombres qui peut surgir
à tout instant … Geneviève Désilets Clément Morin