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Québec, ville-muse
Inspirante, Québec? Lisez l’œuvre de Roger Lemelin, Suzanne Paradis, Jacques Poulin, Esther Croft, Gilles Pellerin, Chrystine
Brouillet, Alain Beaulieu, Élizabeth Filion, Jean-Pierre Charland et Sonia Marmen pour vous en convaincre. Sachant charmer avec
ses toits de cuivre, ses clochers scintillants, ses rues étroites, ses escaliers interminables, son château imposant et son grand fleuve,
la ville-muse séduit les romanciers de toutes les générations, qu’ils écrivent pour les adultes ou pour la jeunesse.
Petit portrait littéraire mettant en vedette une ville qui sait se faire aimer.
Oui, Québec sait charmer, séduire et se faire aimer. Si Jacques
Poulin, auteur de Chat sauvage, Les Yeux bleus de Mistassini et
La Traduction est une histoire d’amour, a succombé aux attraits
de la ville en décrivant avec brio et réalisme une cour, une route
ou un appartement, de nombreux autres romanciers se sont laissé
séduire par les charmes de Québec.
Charmes historiques pour adultes
400 ans, ça se fête. Et 400 ans d’histoire, ça inspire et ça s’écrit.
Parmi tous les romans mettant en scène la Vieille Capitale et
outre les biographies romancées, comme Hélène de Champlain,
de Nicole Fyfe-Martel (Hurtubise HMH), les récits historiques foisonnent.
Pensons à la grande trilogie Marie LaFlamme, de
Chrystine Brouillet, qui trace un portrait riche du quotidien dans
la colonie du XVII e siècle en Nouvelle-France et présente une
héroïne non conforme et au tempérament impétueux.
Pensons au roman Marie Major, de Sergine Desjardins, dont l’intrigue
se déroule aussi dans la Nouvelle-France du XVIIe siècle.
Relatant la vie d’une fille du roi dont l’époux fut assassiné, ce récit
historique où se mêlent libertinage, meurtre, procès, emprisonnement
et injustice a tout du roman policier. L’ouvrage a d’ailleurs
inspiré un épisode de la série « Le Canada en Amour II », qui sera
diffusé ce printemps sur les ondes de Radio-Canada.
Pensons, enfin, à la saga Les Portes de Québec, de Jean-Pierre
Charland, qui brosse le portrait de la vie quotidienne des gens du
Faubourg Saint-Roch, le quartier populaire de la Basse-Ville.
Campant son intrigue à la fin du XIX e siècle, l’auteur, pour qui
Québec est une ville qui « permet de savoir à la fois où l’on est,
et qui l’on est », offre une captivante histoire de famille remplie
de secrets et de passions.
Charmes historiques pour enfants
La littérature jeunesse ne fait pas exception à la règle en matière
de romans historiques et l’année 1759, époque où la France et
l’Angleterre se font la guerre, revient à de nombreuses reprises.
Prenons la série Guillaume Renaud, de Sonia Marmen, qui
plonge le lecteur directement au cœur de cette année et qui fait
vivre au jeune Guillaume de palpitantes aventures en compagnie
de ses amis « sauvages » pendant que la ville tombe aux mains
des Anglais. Mon pays à feu et à sang, de Maxine Trottier, constitue
un autre exemple. Sous forme de journal intime, ce livre
dévoile l’histoire de Geneviève Aubuchon, une jeune Abénaquise
qui a dû quitter Québec à cause de la bataille des plaines
d’Abraham.
Dans la même veine, les romans Sous le feu des canons et
Montcalm et moi font revivre les événements de 1759. Le premier,
écrit par Jonathan L’Heureux, met en scène Richard
Lereau, un milicien qui a perdu son épouse et son fils à cause de
la guerre. L’homme jure de se venger en combattant, auprès de
Montcalm, le commandant James Wolfe.
Le second roman, de Maryse Blouin, est plus fictif mais néanmoins
sérieux puisqu’il concerne Montcalm lui aussi. En effet,
l’écrivaine Mireille Devers veut ramener le fantôme du général. Sa
prémisse? Que ce serait-il passé si Montcalm n’avait pas appuyé
Par Nathalie Ferraris
AVRIL-MAI 2008
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sur la gâchette? Serions-nous libérés de nos querelles entre le oui
et le non, entre le français et l’anglais?
Enfin, mentionnons la série en quatre volumes Victor-Emmanuel
hors du temps, de Lyne Vanier. L’auteure, qui s’inspire de la maison
ancestrale qu’elle habite à l’île d’Orléans, fait voyager dans le
temps un jeune héros qui essaie par tous les moyens de ramener
au XXI e siècle son ancêtre de la Nouvelle-France.
Charmes intrigants
Si l’histoire de la ville de Québec a su inspirer bon nombre
d’écrivains, son actualité et ses faits divers savent en faire tout
autant et nombre de romans, policiers surtout, ressortent du lot.
C’est le cas de la nouveauté Meurtre au Soleil, d’Antoine
Yaccarini. Se déroulant en 1898, ce roman présente Francis
Leahy, un jeune sergent de police chargé d’enquêter sur le
meurtre d’un journaliste du Soleil. Toute la fin du XIX e siècle y
est: la franc-maçonnerie, le pouvoir de l’Église, la révolution de
l’hydroélectricité, etc.
Dans le même genre, on trouve Un viol sans importance, de
Jean-Pierre Charland. En 1920, une jeune femme de la Basse-
Ville de Québec est assassinée sur les berges de la rivière Saint-
Charles, dans le parc Victoria. À partir de ce crime, qui a fait
beaucoup jaser à l’époque et n’a jamais été élucidé, l’écrivain a
imaginé un dénouement à cette sordide histoire.
On ne saurait passer sous silence les romans policiers de
Chrystine Brouillet, qui mettent en vedette la célèbre Maud
Graham et ont, comme toile de fond, la ville de Québec.
L’auteure, qui a réussi à charmer le public avec son personnage
principal et à donner des sueurs froides à ses lecteurs avec Le
Collectionneur, C’est pour mieux t’aimer, mon enfant, Les
Fiancées de l’enfer, Soins intensifs, Indésirables et Sans pardon,
récidivera en juin avec Silence de mort, la septième aventure de
Maud Graham*.
Charmes contemporains
Comme toute littérature, celle dont la ville de Québec est muse
évolue. Regards nouveaux, voix nouvelles: la littérature
représente le reflet d’un peuple en mouvance.
Parmi ces plumes, soulignons celle d’Alain Beaulieu, auteur de
Fou-Bar et du Joueur de quilles. Dans le premier roman, Harold
et Nadine, jeunes trentenaires, dévalisent les maisons bourgeoises
de la bonne ville de Québec. Véritable critique sociale, ce récit
urbain fait ressortir des thèmes actuels comme la surconsommation,
la guerre entre les baby-boomers et la génération X, la dérision.
Dans le second roman, qui se déroule toujours à Québec,
Alain Beaulieu pond une histoire bien architecturée qui évoque
les thèmes de l’engagement, de la responsabilité individuelle et
collective… et de l’indépendance du Québec.
Une autre plume à découvrir est celle d’Élizabeth Filion,
auteure du roman De la part de Laura. En juin 1966, sur la
terrasse Dufferin, Laura, adolescente, raconte sa vie à son
futur enfant. Ce n’est qu’en 2004, lorsque Laura se meurt, que
son fils, à 30 ans, découvre les lettres. Commence alors un
dialogue entre une mère dans le coma et un fils en colère.