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Il siège au sommet des héros de la littérature populaire, Sherlock Holmes, le consulting detective tellement
british et tellement universel! Son créateur est mort depuis des décennies, mais les pères adoptifs
foisonnent et les pastiches des aventures du locataire du 221B Baker Street se comptent par milliers.
Pour comprendre une telle postérité, un retour aux sources s’avère nécessaire, et la publication cet automne
chez Omnibus du troisième et dernier tome de la nouvelle traduction des Aventures de Sherlock Holmes
nous en offre l’occasion.
Relire les exploits de mon héros dans ce texte
revigoré est un pur délice pour un holmésien
comme moi. Le personnage fascine toujours
autant, avec son esprit qui inquiète et subjugue à la
fois. Le plaisir de le redécouvrir dans cette collection
est augmenté par le fait que des éditeurs ont
choisi de publier en parallèle le texte original
anglais, en plus de reproduire les illustrations d’origine
tirées du Strand Magazine. Ces dessins,
autant que la plume de l’auteur, ont façonné et
popularisé l’enquêteur privé, la casquette à deux
visières et la pipe recourbée étant des ajouts du
premier illustrateur, Sidney Paget. Soulignons
également que l’expression « Élémentaire, mon
cher Watson! », naîtra, elle, du cinéma.
La plupart des nouvelles (dix-neuf au total),
rédigées entre 1908 et 1927 — les dernières qu’il
écrira avant sa mort en 1930 —, ne sont guère les
plus inspirées de Sir Arthur Conan Doyle dans ce
tome 3 des Aventures. On devine une lassitude
chez l’ex-médecin à tenter de renouveler sans
cesse les procédés du genre. Il y a toutefois des
incontournables: « Le Pont du Thor », « La
Disparition de lady Frances Carfax », « La
Crinière du lion » (l’un de mes coups de cœur). Le
détective lui-même se fatigue du monde criminel.
Dans « Son dernier coup d’archet », il part à la
retraite le 10 août 1914 pour se consacrer à l’apiculture
dans le Sussex, livrant sa destinée à l’imagination
des lecteurs.
Des bas (et des hauts) du pastiche
Bien des pasticheurs tenteront d’ailleurs de
combler le destin obscur de Sherlock Holmes. La
plupart s’attarderont toutefois sur les untold stories,
les nombreuses enquêtes non décrites dans
les nouvelles, une des belles trouvailles du
romancier, et les rapports suspects du célibataire
de Baker Street avec les femmes. Le docteur
Watson a beau prétendre qu’il n’y a eu qu’une
femme pour Holmes, Irene Adler, cela n’a guère
semblé convaincre.
Je peux citer l’exemple d’une parution récente aux
éditions Baleine, Sherlock Holmes saisi par la
débauche, écrite par Roger Facon. Le titre évite
les équivoques. Le détective anglais se retrouve en
mission incognito à Paris, faisant d’un bordel son
pied-à-terre et testant, dans ses temps libres, le
gratin des filles de joie. Cette pochade humoris-
Les Aventures de
Sherlock Holmes
(tome 3)
Arthur Conan
Doyle, Omnibus,
1082 p., 44,95$
Immortel Holmes
Par Christian Vachon, librairie Pantoute
Sherlock Holmes
saisi par la débauche
Roger Facon,
Baleine, coll. Baleine
Noire, 288 p., 14,95$
tique souffre d’un grave défaut pour le genre: elle
est aussi assommante qu’une Nuit des Césars à
TV5. Ne nous attardons pas sur ce récit alambiqué
où se mêlent les Rose-Croix, les dessous cachés du
Rituel des Musgraves et ces tartes à la crème des
pasticheurs: Mycroft, Moriarty, les balourdises de
Watson et l’usage de la cocaïne. Bye bye originalité,
et bienvenue au cimetière des pastiches!
Mon autre exemple échappera sûrement à ce destin:
La Solution finale de Michael Chabon est une
bouffée d’air frais évitant les multiples clichés de la
parodie holmésienne tout en rendant un incomparable
hommage à la création de Sir Arthur.
L’auteur, qui a remporté le prix Pulitzer pour Les
Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay,
excelle dans la relecture des éléments de la culture
populaire. Dans ce court récit (version remaniée
d’une nouvelle parue dans The Paris Review en
2003), le nom de Sherlock Holmes n’est jamais
mentionné. Il est le vieil homme, un octogénaire
aux articulations douloureuses, lecteur du British
Bee Journal et observateur dédaigneux du reste de
l’humanité qui va toutefois, en cet été 1944, s’attarder
longuement au passage, devant chez lui,
d’un jeune garçon et de son perroquet. Lorsqu’une
mort suspecte survient, suivie de la disparition du
volatile, des énergies anciennes vont se ranimer
chez le vieil homme, qui réussira à participer à
l’enquête.
L’immense talent de Michael Chabon tient en ce
qu’il a saisi la substance du personnage de Conan
Doyle: son vieil homme est horripilant mais irrésistible.
Il l’éloigne de la caricature. Son héros
n’est qu’un vieux garçon qui a consacré sa vie à la
déduction, un vestige de la grandiloquence victorienne:
« Sur son attitude, sa façon de parler (...)
flottaient, comme l’odeur de son tabac turc, toute
la vitalité et la rectitude de l’Empire ». Le lecteur
pousse un soupir de satisfaction : l’histoire de
Holmes peut se clore ainsi.
À lire en complément, Sherlock Holmes
dans tous ses états, une anthologie
inédite regroupant treize pastiches et
parodies montrant à merveille le côté
universel du personnage (Rivages/Noir,
384 p., 16,95$).
La Solution finale
Michael Chabon,
Éditions Robert
Laffont,
coll. Pavillons,
160 p., 26,95$
FÉVRIER-MARS 2008
39
S A L O N S D UU L I V R E
978-2-923165-35-6
288 pages 26$
978-2-923165-38-7
304 pages 28$
978-2-923165-34-9
144 pages 14 $
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DU 28 FÉVRIER AU 2 MARS
SÉANCES DE DÉDICACES:
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Vendredi : 16h00 - 18h00 ; 19h00 - 21h00
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Vendredi : 18h00 - 20h00
Samedi : 14h00 - 17h00 ; 18h00 - 20h00
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Le modèle nord-américain de
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l'automobiliste plutôt que
le piéton. Obésité galopante,
gaz à effet de serre causés par
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sédentaire a des répercussions
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L’auteure revendique une politique
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JACQUES B. GÉLINAS
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Dans ce portrait éloquent de
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économique, l’auteur
montre comment la globalisation
s’est peu à peu imposée à
toutes les sphères de la
société et en décortique les
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SERGE MONGEAU (Dir.)
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Pour sortir de l’impasse :
la décroissance
Les objecteurs de croissance
refusent de se laisser enrôler
dans une machine économique
vouée à une quête incessante
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productivité.
Aujourd’hui, nous ne pouvons
plus nier qu’une croissance
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ressources limitées.
Présence de Serge Mongeau
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Vendredi à 20h
www.ecosociete.org