Le Libraire - Index

Le Libraire - magazine - Index

Après le succès de Pas si fous, ces Français!, Julie Barlow et Jean-
Benoît Nadeau publient cette réjouissante Grande Aventure de la
langue française. D’abord publié en anglais sous le titre The Story of
French, l’ouvrage cloue le bec des pessimistes qui se lamentent sur le
sort actuel du français. Non, il n’est pas en déclin ; oui, il est encore une
langue « mondiale » malgré la domination de l’anglais. La preuve? Plus
de 200 millions de locuteurs manient la langue de Victor Hugo. Saviezvous
qu’en Israël, il y a beaucoup plus de francophones qu’en
Louisiane? Et que l’Afrique constitue l’avenir de la francophonie? Un périple fou qui
n’est pas prêt de s’achever.
LA GRANDE AVENTURE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau, Québec Amérique, 544 p., 29,95$
Au siècle des Lumières, Talleyrand disait du café qu’il est « noir comme
le diable, chaud comme l’enfer, pur comme un ange, doux
comme l’amour ». Depuis son arrivée en Europe, cette boisson
magique a réussi à créer un lieu à son nom, le « café », dont plusieurs
sont célèbres: Le Florian à Venise, A Brasileira à Lisbonne, Les Deux
Magots à Paris. Jus de chaussette pour les uns, drogue douce pour les
autres, le café, aliment superflu dont le commerce vient toutefois en
seconde position après le pétrole à l’échelle mondiale, voit sa chronique
couchée sur papier grâce à Michel Braudeau, qui invite le lecteur à découvrir le double
parcours du noir élixir et des lieux où on le déguste.
CAFÉ
Michel Bradeau, Seuil, coll. Fiction et cie, 128 p., 25,95$
Prise à la légère, victime de préjugés (satanisme, paillettes, maquillages
outranciers) et entachée par quelques scandales notoires qui
firent frémir la puritaine Amérique des années 80 (messages subliminaux,
accusations d’incitation au suicide et chauve-souris croquée
sur scène par Ozzy Osbourne!), la musique heavy metal jouit, après
une période creuse, d’un regain de popularité, les fans de la première
heure, aujourd’hui cinquantenaires, côtoyant une jeune génération
de mordus. Car selon Ian Christe, « la longévité de cette musique suffit
à en prouver la valeur. » Cette magistrale chronologie retrace les moments clés des
multiples formes du métal et constitue la preuve que le genre a encore de belles années
devant lui.
SOUND OF THE BEAST.
L’HISTOIRE DÉFINITIVE DU HEAVY METAL
Ian Christe, Flammarion, coll. Popculture, 480 p., 34,95$
Plaidoyer pour la marche comme moyen de locomotion, activité
physique quotidienne et engagement social, Pour une ville qui marche
est d’autant plus pertinent que l’aménagement urbain actuel tend à
sédentariser l’ensemble de la population nord-américaine. Cette tendance
n’est pas prête d’être réglée au Canada, car la dépendance à l’automobile
a augmenté ces vingt dernières années. Selon Statistiques
Canada, en 1992, 68% des Canadiens utilisaient leur véhicule pour
l’ensemble de leurs déplacements. En 2005, ce chiffre a grimpé à 75%.
L’auteure estime qu’un choix de politique publique permettra réellement
un changement des habitudes de vie, à l’instar de certains pays européens, qui ont
choisi de revaloriser et de protéger le piéton.
Nouveautés
POUR UNE VILLE QUI MARCHE.
AMÉNAGEMENT URBAIN ET SOCIÉTÉ
Marie Demers, Écosociété, 288 p., 28$
Neveu de Freud, l’Américain Edward Bernays est l’un ce ceux qui ont
fondé les relations publiques dans la première moitié du XX e siècle. Lux
publie Propaganda, qu’il a rédigé pour la première fois en 1928.
Considéré comme un classique en communication publique, cet
ouvrage propose un fondement philosophique et politique à la pratique
des relations publiques au sein d’une société démocratique. Bernays l’a
développé en appliquant les connaissances des sciences sociales (psychanalyse,
sociologie, etc.) et les techniques utilisées en recherche. Les
plus grandes compagnies ont fait appel à lui afin de manipuler les
opinions. Son plus grand « succès »: avoir amené les femmes américaines
à fumer en 1929 et fait de la cigarette un symbole de la liberté.
PROPAGANDA
Edward Bernays, Lux, 136 p., 21,95$
FÉVRIER-MARS 2008
35
Document | Essai | Histoire
Mira Falardeau use de son incontestable expertise du neuvième art
québécois pour en illustrer le périple, des premières cases publiées
dans la presse satirique du XIX e siècle aux B.D. en ligne. Elle rend hommage
au travail accompli par les artistes de la Belle Province, qui
peinent à trouver leur place face aux mastodontes américains, japonais
et franco-belges. Les lecteurs apprécieront les pages bien documentées
et illustrées, tout en se familiarisant avec le vocabulaire de cet
art populaire. Ils pourront aussi visiter l’exposition conçue par l’auteure,
Les Histoires en images, ancêtres de la bande dessinée, à la
Grande Bibliothèque, du 22 janvier au 4 mai 2008.
HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE
Mira Falardeau, VLB éditeur, coll. Études québécoises, 192 p., 25,95$
Les magasins Omer DeSerres font partie du paysage québécois
depuis 100 ans, mais bien peu savent que l’on trouvait à sa première
enseigne égoïnes et marteaux! En effet, c’est au cours
des années 60 que la quincaillerie fondée en 1908 s’est tournée
vers le créneau des fournitures artistiques. Hélène DeSerres
tisse une impressionnante courtepointe, celles de trois générations
d’hommes d’affaires déterminés, d’une entreprise exemplaire
encore qualifiable de « familiale » malgré ses vingt et un
magasins au Canada, et d’un siècle de bouleversements socioéconomiques au
cœur de la métropole. Omer DeSerres. Trois générations créatives inspirera les
entrepreneurs et ravira les amateurs d’histoire… et d’art.
OMER DESERRES. TROIS GÉNÉRATIONS CRÉATIVES
Hélène DeSerres, Éditions de l’Homme, 192 p., 34,95$
Pendant trois ans, Noah Richler, né à Montréal, ancien directeur du
cahier livres du National Post et producteur à la BBC, a sillonné le
Canada à la recherche de ses récits fondateurs puisqu’il semble que si
l’on veut connaître un lieu, il faut d’abord être familier avec les histoires
qu’on y raconte. En chemin, il a croisé les meilleurs écrivains du pays
(Munro, Moore, Tomson, Martel, Highway, Atwood, etc.) et découvert
non pas une, mais bien plusieurs sociétés distinctes (Grand Nord, Terre-
Neuve, Québec). Richler en conclut que la littérature canadienne a
connu trois âges: l’invention, la cartographie et le débat. Fabuleuse invitation au
voyage, Mon pays, c’est un roman ne manque pas de panache.
MON PAYS, C’EST UN ROMAN
Noah Richler, Boréal, 512 p., 34,95$
Le vieillissement de la population continue son inexorable progression
en Occident. Ce qui ressort du phénomène est sa féminisation. En effet,
à l’instar du reste du continent, le Québec vit un « mamie-boom », les
femmes nonagénaires ici étant très nombreuses. Aline Charles, professeure
d’histoire à l’Université Laval, brosse un portrait historique et
sociologique très fouillé des Québécoises à partir de la deuxième moitié
du XX e siècle, marquée par l’arrivée des femmes sur le marché du travail,
jusqu’au début des années 1980. L’ouvrage, qui mérite que l’on fasse fi de
son ton universitaire en raison de sa criante actualité, met en relief les
trois conditions dans lesquelles se retrouvaient les femmes de l’époque: salariées,
religieuses ou bénévoles.
QUAND DEVIENT-ON VIEILLE? FEMMES,
ÂGE ET TRAVAIL AU QUÉBEC, 1940-1980
Aline Charles, PUL/IQRC, coll. Culture & Société, 394 p., 30$
Entre 2004 et 2007, les médias ont fait leurs choux gras du phénomène
de la « radio poubelle », qui secouait tout le Québec et notamment la
Vieille Capitale: on se rappellera les « belles heures » de CHOI-FM.
Au-delà du non-renouvellement de la licence d’exploitation de la station,
des manifestations visant à la sauver et des procès qu’elle a provoqués,
Vincent, Turbide et Laforest ont considéré l’affaire comme un
laboratoire d’étude montrant comment, attisées par les discours
médiatiques et sociaux, les confrontations entre groupes et les débats
qui en découlent se révèlent stériles. Leur ouvrage rassemble six études
passionnantes, qui jettent un éclairage nouveau sur des cendres encore chaudes…
En librairie le 4 mars 2008
LA RADIO X, LES MÉDIAS ET LES CITOYENS
Diane Vincent, Olivier Turbide et Marty Laforest, Nota bene,
coll. Interférences, 208 p., 19,95$