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C’est à la suite d’une invitation de l’éditrice Jennifer Tremblay, responsable
des éditions de la Bagnole, que Bryan Perro a entrepris une aventure dans le
monde du conte. L’idée à la base de la collection « Gazoline » consiste à
présenter quatre genres littéraires, aux règles desquels doivent respectivement
se conformer quatre
écrivains. Patrick Senécal, Benoît
Bouthillette et Sonia Marmen
font partie du quatuor littéraire.
En présentant le conte En mer,
hérité de son grand-père Georges,
Bryan Perro disposait d’un
matériau parfait. Une histoire
aussi simple que cruelle, le destin
d’un homme et de son chien, par-
tis pour pêcher, prisonniers de la
mer impitoyable. Perro propose
deux versions, soit celle de son
aïeul, un être discret et impénétra-
B RYAN P ERRO
La saga des contes
de Perro
Fier héros de la littérature fantastique québécoise, Amos Daragon a accompli avec
bravoure ses douze missions. En 2006, La Fin des dieux venait compléter ce
parcours de l’écrivain Bryan Perro. Après avoir tourné cette page, le conteur a
pris le relais pour présenter à ses lecteurs de tous âges un récit plus réaliste, liant
un homme à son chien. En mer est cette invitation au voyage. Un autre périple,
cette fois au cœur de l’imaginaire québécois, se trace à l’horizon : une incursion
dans le pays des créatures fantastiques du Québec. En route!
Par Hélène Boucher
ble, et la sienne. Un exercice qui s’est avéré douloureux, freiné par la disparition
du chien de Bryan. « En mer témoigne de la complexité sociale et
émotive de l’homme condamné face aux tourments de la nature et, également,
de la noblesse des sentiments du chien », précise le conteur humaniste.
Quand fantastique rime avec folklorique!
Par ailleurs, Bryan Perro s’est engagé dans un ambitieux projet succédant à la
« fin d’Amos ». Avec un précieux collaborateur, l’illustrateur Alexandre Girard,
le tandem a réalisé une œuvre au titre mystique de Créatures fantastiques du
Québec. Un objectif en tête pour les deux créateurs : la réappropriation de la
mythologie québécoise pour tous les Québécois. Notre terre est riche de
l’existence de créatures fantastiques liées à notre imaginaire collectif. Et
Bryan Perro craint qu’avec le temps, celles-ci ne disparaissent dans l’oubli,
surtout dans le contexte de la mondialisation. « Il faut savoir qui tu es pour accepter
l’Autre, celui qui est différent de par sa culture.
Sinon, tu le refuses », soutient-t-il
dans un élan de conscientisation sociale.
S’ajoute à ce processus de réappropriation
de nos créatures un principe
universel, intemporel, celui de la réduction
des peurs à travers un être fictif.
Une façon de comprendre l’histoire de
l’Homme dans toute sa diversité. Qui
sont nos lutins? Quelles sont les sirènes
qui vivent dans le Golfe du Saint-
Laurent? Qui est le cochon bleu qui
hante une partie du Saguenay? Et la
Dame blanche, le monstre du lac
Memphrémagog ou la Dame aux
glaïeuls? Autant de créatures qui
méritent qu’on s’y attarde, le temps d’un
récit fantastique, d’un « accroire »…
En mer
Bryan Perro,
La Bagnole,
coll. Gazoline,
80 p., 8,95$
Créatures fantastiques
du Québec
Bryan Perro et
Alexandre Girard,
Trécarré,
160 p., 24,95$
© Robert Etcheverry
A. GIRARD ET B. PERRO
JANVIER-FÉVRIER 2008
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Littérature jeunesse
D OMINIQUE D EMERS
Le temps sacré de la récré
L’auteure jeunesse Dominique Demers a le sourire aussi contagieux que celui de son
héroïne vedette, la célèbre institutrice exubérante Mademoiselle C. On
comprend l’origine de cette joie de vivre débordante lorsqu’elle affirme avec ardeur :
« Dans toutes mes activités (elle a été journaliste, chercheuse, professeure et se
consacre désormais à temps plein à l’écriture), je ne conçois pas de vivre sans
plaisir! » Un principe qui rejoint certainement le cœur de ses jeunes lecteurs.
Par Adeline Corrèze
Cet hiver, l’auteure propose de nouvelles parutions, avec notamment la sortie d’un
DVD de contes de la série télévisée Dominique raconte, celle d’un livre-disque et de
trois nouveaux livres, dont le très attendu dernier volet des aventures de Mademoiselle
C., et deux albums pour tout-petits: Le Secret de Petit Poilu et Oupilaille et le poil de
dragon. Dominique Demers profite de la tribune qui lui est offerte pour soulever l’importance
qu’elle accorde à la littérature parlée. « C’est quelque chose d’essentiel pour
moi, affirme-t-elle d’emblée. Lorsque j’enseignais à l’université, mes cours ressemblaient
plus à des séances de contes qu’à des leçons magistrales! »
Les émissions Dominique raconte sont d’ailleurs axées autour du simple fait d’ouvrir
les pages d’un bon livre : « Inutile de se compliquer la vie et d’inventer des concepts
d’animation farfelus. Il y en a un tout simple, qui est le plus
efficace qui soit. » La conteuse prend une pause et glisse en
chuchotant d’une voix malicieuse, comme si elle révélait un
secret bien gardé : « L’enchantement par la lecture à haute
voix. » Elle identifie d’ailleurs une bonne partie du manque
d’intérêt de certains jeunes pour la lecture au fait qu’on
cesse, dès qu’ils sont autonomes dans cet apprentissage, de
leur lire des histoires.
« Et pour les Salons du livre, c’est la même chose, s’indignet-elle.
On cherche des formules, on crée des soirées aux
programmes alambiqués, mais pourtant, ces rendez-vous-là
ont leur raison d’être dans le simple fait de lire et de se faire lire des livres. Pourquoi
s’en éloigner? Signer des signets, je ne suis plus capable!, lance-t-elle dans un fou rire.
Il faut libérer la parole des mots et prêter une voix aux livres quand ils sont bons. »
De l’éloge du loisir
Dans sa dernière aventure, la trépidante institutrice Mademoiselle C., l’héroïne adorée
de ses lecteurs, se mue en entraîneuse de soccer. Dominique Demers, en sportive amateure
— elle pratique la natation, le cyclisme, l’escalade, le ski... — avait envie depuis
longtemps d’aborder le problème de la pression engendrée par l’exigence de performance.
« Le sport, lance l’épicurienne écrivaine, cela doit rester une jouissance,
d’autant plus pour des enfants, et en aucun cas engendrer un stress; au contraire, c’est
fait pour évacuer notre stress! » C’est ce que l’adulée Mademoiselle C. enseignera cette
fois. « Je crois que les enfants l’aiment parce qu’elle sait parfaitement comment les
encourager à développer leur folie douce, à préserver leurs qualités d’enfants, révèle
l’auteure, alors que la société a tendance à les freiner, à les rendre les plus sérieux possibles.
» Et l’instant salvateur de la récréation est de la plus grande importance pour
elle : « C’est la clé du bonheur! Il faut savoir s’accorder des récréations, des bulles
d’oxygène, de liberté, de jeu. Mes livres sont un peu tout cela pour moi, j’essaie qu’ils
en soient ainsi pour mes lecteurs. »…
Le Secret de Petit Poilu
Dominique Demers, ill.
Steve Beshwaty,
Imagine,
36 p., 18,95$
La Nouvelle Maîtresse
(livre CD)
Dominique Demers,
ill. Tony Ross,
Québec Amérique,
110 p., 24,95$
© Martine Doyon
Oupilaille et
le poil de dragon
Dominique Demers, ill.
Manon Gauthier,
Imagine, 24 p., 9,95$
La Fabuleuse
Entraîneuse
Dominique Demers,
Québec Amérique,
coll. Biblio jeunesse,
142 p., 8,95$