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Entre passé et avenir
Bill Bryson s’est justement penché sur cette extraordinaire expérience qu’est l’Homme dans Une histoire
de tout ou presque... Dans ce « tout », il y a l’histoire des sciences, de la Terre et de l’Univers, et Bill
Bryson fait encore la preuve de son talent de vulgarisateur non dénué d’humour. En commençant la lecture,
il rappelle qu’« il a fallu, pour que vous soyez là aujourd’hui, que des billions d’atomes errant au
hasard aient la curieuse obligeance de s’assembler de façon complexe pour vous créer». Ce sont ces
mêmes atomes qui ont donné à la science de grands savants, tels Einstein, Newton ou Marie Curie. C’est
en suivant leurs pas de scientifiques, certains assez fous, que l’on retrace l’histoire du Big Bang, des
dinosaures, du système solaire, des planètes, mais aussi celle de l’eau, de l’ADN, des lichens et … de
l’Homme. Par contre, Bryson est réaliste : ce n’est pas l’Homo Sapiens qui veillera sur la destinée du
cosmos en raison de son fort instinct d’extermination. Selon lui, « nous sommes ce qu’il y a de mieux.
Nous sommes peut-être tout ce qu’il y a ». Et il espère que nous ne verrons pas la fin du monde.
Ce à quoi Alan Weisman, lui, s’est attaqué en écrivant Homo Disparitus. Il part du principe que le pire
s’est déjà produit pour les terriens (stérilisation du sperme, leur enlèvement par les extraterrestres ou
par Jésus, etc.). Il a envisagé l’avenir de nos maisons, des animaux domestiques, des édifices publics, des
villes, des routes en faisant appel à de nombreux experts. Les conclusions sont vertigineuses, mais pas
surprenantes : la nature reprendra ses droits rapidement.
En deux jours, et sans entretien, le métro new-yorkais est inondé; en trois ans, les immeubles s’effritent
et leurs entrailles se dilatent et se contractent. Après 300 ans, les ponts s’effondrent. Quant au chat
domestique, il revient à l’état sauvage et fait diminuer le nombre des petits prédateurs (ratons, laveurs,
renards). Ce qui resterait des humains? Peu de choses, à l’exception des ondes hertziennes des émissions
de radio et de télévision. Aujourd’hui, il existe des lieux dans le monde sans présence humaine. Il
s’agit de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées depuis 1953. Elle est devenue le refuge
d’espèces en voie de disparition, tels l’ours noir d’Asie, le cerf d’eau ou le lynx.
À l’heure où les avertissements pour la protection de la planète se multiplient, la marche de l’évolution
se poursuit inexorablement, malgré les pertes avérées au sein de la biodiversité. Jean-Pierre Rogel en fait
la démonstration en donnant les dernières nouvelles de la biologie moderne avec L’Hippopotame du
Saint-Laurent. Rogel veut participer au débat actuel qui divise les créationnistes et les tenants de la
théorie de l’évolution, dont le plus ardent défenseur fut Stephen Jay Gould. D’ailleurs, cela fait 150 ans
qu’a été publié L’Origine des espèces de Darwin et depuis, la science de l’évolution s’est modernisée en
intégrant les connaissances de la génétique et de la biologie moléculaire. C’est justement grâce aux
méthodes modernes que les biologistes et les paléontologues ont confirmé l’origine de la baleine : il y a
55 millions d’années, c’était un mammifère terrestre , et son plus proche parent est l’hippopotame. De
là découle la réflexion sur la condition de l’humain.
« Espèce parmi les espèces, nous partageons avec tous les vivants une histoire commune, des
mécanismes communs, que les chercheurs expérimentent de plus en plus finement », constatent Henri
Atlan et Frans B. M. de Waal dans Les Frontières de l’humain. L’accélération des connaissances et le
raffinement des techniques de recherche dans les sciences du vivant ont certes renversé les anciens
classements, mais ils ont également créé une confusion, notamment avec l’arrivée de la biotechnologie.
Il est désormais possible de créer des animaux transgéniques, dont le gène est issu d’une autre
espèce. Atlan et de Waal nous convient à une réflexion nécessaire sur la condition humaine
qui pourrait être en danger face aux nouvelles avenues qu’ouvre la science. Ils font
appel à l’éthique pour poser les bases d’une nouvelle moralité, et pour établir des
barrières sociales et juridiques.
JANVIER-FÉVRIER 2008
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Faciles,
agréableset
utiles!
C ontrairementàcequeplusieurspensent,les
livresdevulgarisationscientifiquesontplus
facilesàlirequecertainsromansetlessujets
qu’ilsabordentmontrentsouventquelaréalité
dépasselafiction!LecataloguedesÉditions
MultiMondesencompteprèsd’unecentaine.
Envoiciquelques-uns,parmilesplusrécents:
Vivre les changements climatiques
Prévenir l’infarctus ou y survivre
L’hippopotame du Saint-Laurent
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