Le Libraire - IndexLe Libraire - Lib51 - IndexÀ cause de ses origines espagnoles, Mattéo se voit
exempté de la guerre. Cependant, de la belle Juliette
il est complètement amoureux. Malheureusement,
cette dernière n’a d’yeux que pour Guillaume, déjà engagé.
Croyant se rapprocher ainsi de sa dulcinée, Mattéo
joindra les rangs. « En fait, il s’agit du parcours
d’un antimilitariste
qui va finalement
faire toutes les
guerres possibles et
imaginables », affirme
Jean-Pierre
Gibrat, qui prévoit
quatre tomes. L’au-
Saint-Germain, escroc ou alchimiste? Celui des éditions
Glénat se nomme Maximilien « comte de Saint-
Germain » et, bien que les auteurs se soient inspirés
de l’illustre personnage, le leur possède quelques caractéristiques
ori ginales.
C’est donc dans
le Paris flamboyant
du XVI-
II e siècle que
Maximilien
aura pour mission
de voler
l’agate solaire,
LE COMTE DES
LUMIÈRES: SAINT-
GERMAIN (T. 1)
Thierry Gloris
et Jean-François
Bergeron, Glénat,
48 p. | 22,95$
qui sera ensuite remise à Goupil, son complice
alchimiste. Pour ce faire, il délaisse le rôle de gentilhomme
pour virevolter dans la nuit, vêtu d’une cape
noire. Ce premier tome d’une trilogie à saveur historico-fantastique
est comparable à la célèbre « De cape
et de crocs. »
Cette fois, Étienne Davodeau délaisse le documentaire
pour se consacrer à la fiction, à la faveur de
laquelle il nous
entraîne dans le
quotidien plat
et étouffant de
Lulu. Du jour au
lendemain et
sans avertir qui
que ce soit,
MATTÉO
Jean-Pierre
Gibrat,
Futuropolis,
66 p. | 29,50$
teur de Le Sursis et du Vol du corbeau frappe magistralement
avec des images qui sont magnifiques, mais
surtout avec un texte accrocheur, à la fois poétique et
poignant, rempli de métaphores implacables.
LULU FEMME NUE
(PREMIER LIVRE)
Étienne Davodeau,
Futuropolis,
78 p. | 29,50$
cette femme de 40 ans décide de partir. Elle entreprend
un voyage où les plus beaux paysages seront
ceux de sa vie mise en perspective, ceux de sa
réelle personnalité mise à l’avant-plan. Avec des
mots élégants et des illustrations justes, Davodeau
nous entraîne dans une chronique sociale intimiste,
toute simple, qui nous fait découvrir avec sobriété
un portrait de la femme, loin de tous clichés.
LES CHOIX DE LA RÉDACTION LE LIBRAIRE CRAQUE!
Dans cette cinquième aventure du « Retour à la
terre », Les révolutions, Manu découvre les joies de
la campagne et de la vie en microsociété. Alors que
Mariette reprend la fac, Manu se sent désemparé
et doit s’occuper du bébé, de son travail, de ses
voisins et du chat (qui s’obstine à ne pas comprendre
le processus de la chatière). On retrouve avec
bonheur le
petit monde
poétique et si
attachant du
duo Ferri-Larcenet,
avec la
même petite
touche de fan-
LES RÉVOLUTIONS:
LE RETOUR À LA
TERRE (T. 5)
Jean-Yves Ferri et
Manu Larcenet, Dargaud,
50 p. | 18,95$
tastique (par exemple, les Atlantes qui entreraient,
eux, par la chatière). Tendre, original et délicat,
l’humour de Manu est un incontournable.
Fernando, écrivain de métier, se retrouve encore
aux prises avec son problème de rédaction somnambule.
Ainsi se compose sa vie: rédiger inconsciemment
de nuit des histoires à couper le souffle
et mener une enquête diurne pour sauver le protagoniste
de ses écrits, lesquels s’avèrent
véridiques... Cette fois, la victime est Wanda, la
sympathique prostituée du premier tome. Subséquemment,
Fernando devra affron ter, entre autres, des
proxé nètes
violents. C’est
dans cette atmosphèreparticulièrement
noire que la
fiction rejoindra
la réalité
dans une in-
N’OUBLIE PAS DE ME
DIRE ADIEU:
BORDERLINE (T. 2)
Alexis Robin et
Nathalie Berr,
Bamboo,
48 p. | 21,95$
trigue haletante, soutenue par des dessins étonnants
d’hyperréalisme.
Censuré lors de sa parution en 1928 parce que jugé
obscène, le poème La nuit d’enfer de Joseph Moncure
March trouve une seconde vie grâce au talent
du dessinateur
Art Spiegelman
(Maus). Avec
des illustrations
à la fois sombres
et électriques,
ce bijou d’album
s’apparente au-
LA NUIT D’ENFER
Art Spiegelman,
Flammarion,
158 p. | 44,95$
tant à la poésie illustrée qu’à une bande dessinée
poétique: « Les rythmes assourdis/D’une musique
sans commencement/Ni fin,/Que laissait échapper
le porno,/Se faisaient entendre malgré le piano. »
Tel le jazz, c’est original, troublant et rythmé, en
plus de représenter merveilleusement l’âme
ravagée et criarde de l’époque, les Années folles.
bande dessinée
CONFESSIONS: MAGASIN GÉNÉRAL (T.4)
Alors que
Serge ju-
bile de la place qu’il a réussi à se gagner dans le cœur
des gens du village, Marie se languit de plus en plus
de la chaleur d'un homme. Les villageois, souhaitant
voir le couple convoler en justes noces, Marie ressent
de plus en plus le poids du secret de Serge, le poids
de sa « différence ». N’y tenant plus, elle se confie
au curé qui ne sait que faire d'une telle révélation.
Pour le quatrième tome de cette vivifiante série du
terroir, Loisel et Tripp reprennent le récit là où ils
l’avaient laissé. Bien que les personnages soient toujours
aussi adorables et l’univers
rural magnifiquement dépeint, on
aborde Confessions sans grande surprise.
Puis on se fait absorber par
l’histoire, encore une fois, et l’émotion
monte, lentement, pleine d’humanité.
Et on referme la couverture
en attendant le prochain tome avec
impatience. Anne-Marie Genest Pantoute
COUPURES IRLANDAISES
Régis Loisel et Jean-Louis Tripp,
Casterman, 70 p., 24,95$
1987. Nicolas et
Christophe, adoles-
cents bretons, partent sac au dos pour un séjour linguistique
dans une famille de Belfast. L’époque est
tourmentée, on le sait. Ils en seront des témoins,
voire même des acteurs sans le vouloir. Cette prise de
conscience politique signera pour eux la fin d’une innocence
naturelle à cet âge. Kris nous plonge dans
un récit léger et sympathique au début, mais qui
révélera ensuite tout le tragique
des peuples empêtrés, quel que
soit leur camp, dans une guerre
aux origines immémoriales. Bailly
illustre le tout avec un dessin
vivant, dynamique et coloré, rappelant
parfois Prado. L’album est
complété par un dossier de seize
pages. Yves Guillet Le Fureteur
Kris et Vincent Bailly, Futuropolis, 80 p., 29,50$
THE BEATLES EN BANDES DESSINÉES
On pourrait
croire que
tout a été dit à propos des Beatles. Et pourtant, le superbe
collectif The Beatles en bandes dessinées comble
un manque: c’est toute l’histoire des Fab Four qui est
relatée par une trentaine d’illustrateurs fort bien
documentés. Tout y est: leurs débuts à Liverpool (avec
Pete Best à la batterie), leur tumultueux périple à
Hambourg, leurs rencontres avec Astrid Kirchherr, Bob
Dylan, Elvis, la Reine d’Angleterre et bien d’autres, leur
triomphe au Shea Stadium, le Bed-in de John et Yoko,
l’assassinat de John et j’en passe! En
outre, l’étendue des styles dans les
illustrations — du très réaliste au
plutôt cartoon — rend l’ouvrage des
plus attrayants malgré le langage
parfois parigot des textes. Ce collectif
demeure un incontournable pour
les fans, ceux d’hier, d’aujourd’hui…
et de demain!
François Martin Clément Morin
Collectif, Petit à petit, 256 p., 47,95$
LE LIBRAIRE FÉVRIER-MARS 2009 55