Le Libraire - Index

Le Libraire - Lib51 - Index

C’est à l’université,
grâce à un professeur
passionnant, que
Nathalie Ferraris est
tombée amoureuse des
livres pour enfants.
À tel point qu’elle a
commencé à en
critiquer, puis à
en écrire.
AU PAYS DES MERVEILLES
Selon différentes enquêtes publiées année après année, la moitié des Québécois
ne lisent jamais ou presque jamais. Triste statistique, n’est­ce pas? Ainsi,
s’il est facile de mettre un livre entre les mains d’un enfant et de lui apprendre
l’alphabet, il en est tout autrement quand vient le temps de lui transmettre le
plaisir de lire. Pourtant, comme celui de la gastronomie, du sport ou du cinéma,
le goût de la lecture se cultive. Il suffit de développer quelques habitudes et le
tour est joué!
« Les livres m’ont souvent sauvé la vie. J’ai traversé plus d’une journée difficile
en sachant qu’un roman m’attendait sur ma table de chevet. Les livres m’ont
aussi permis de reprendre goût à l’amour, de renouer avec
l’espérance, d’apprivoiser la souffrance et de célébrer la vie.
Des bouquets de mots cueillis un peu partout dans des contes,
des romans et des poèmes m’accompagnent et fleurissent mon
existence »: voilà le début de l’avant­propos du livre Au bonheur
de lire, un ouvrage signé Dominique Demers dans lequel
l’auteure, animatrice, chercheure universitaire, scénariste,
formatrice et maman, dévoile, comme c’est le cas
dans un guide pratique, de brillantes idées pour
donner le goût de lire aux enfants de 0 à 8 ans.
C’est bien connu, aimer lire constitue un atout sur
lequel tout parent devrait miser. Pourquoi? Parce
qu’un enfant qui aime lire apprend mieux à
l’école; un enfant qui aime lire se débrouille
mieux en société; un enfant qui aime lire devient plus curieux et plus intelligent;
un enfant qui aime lire développe son imaginaire; un enfant qui aime lire comprend
mieux la vie; et un enfant qui aime lire s’ouvre au monde. Bref, un enfant
qui aime lire est un enfant heureux!
En première partie de son ouvrage, Dominique Demers présente donc, sur un
ton léger mais sérieux, humoristique et émotif, ses dix secrets pour aider un
enfant à découvrir le bonheur de lire. Proposer une diversité de livres afin de
susciter un coup de cœur, suggérer des livres riches en émotions, offrir des
livres qui sortent des sentiers battus, rendre les livres accessibles, respecter les
intérêts et la personnalité de l’enfant, comprendre une fois pour toutes qu’il
n’y a pas de « mauvais » livres et animer la lecture, voilà quelques­unes des
pistes développées par l’auteure.
En seconde partie, Dominique Demers livre une sélection de ses coups de cœur
pour différentes tranches d’âge, sélection accompagnée d’idées d’animation
de lecture. On y découvre des livres québécois et étrangers, des classiques et
des nouveautés: Petit­Bleu et Petit­Jaune, Une histoire sombre, très sombre,
100 comptines, Dans la gueule du loup, Max et les maximonstres, De la petite
taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, 365 blagues, Léon et les
Au bonheur des petits
AU BONHEUR DE LIRE
Dominique Demers,
Québec Amérique,
264 p. | 19,95$
En librairie le 25 février
LA CHRONIQUE DE NATHALIE FERRARIS
littérature jeunesse
superstitions, Mademoiselle Zazie a­t­elle un zizi?, ainsi que les séries mettant
en vedette les célèbres Toupie, Caillou, Shilvi, Camille, T’choupi et Noémie.
Pour terminer, comme cela se fait dans une véritable ligne ouverte radiophonique,
Dominique Demers répond aux douze questions le plus souvent
posées par les parents. Des exemples? « Ma fille n’aime que les livres de
princesse, comment l’amener vers autre chose? », « Mon enfant préfère jouer
seul ou regarder la télé, que faire? », « Mon enfant veut seulement se faire lire
des histoires, quel conseil me donnez­vous pour qu’il lise par lui­même? » Avec
tact, originalité et gros bon sens, l’écrivaine propose d’habiles stratégies.
La lecture comme un bonbon
En 1976 paraissaient, aux éditions Le Tamanoir (devenues La courte échelle en
1978), Mon ami Pichou et La cachette. Signés et illustrés par Ginette Anfousse, ces
deux albums donnèrent naissance à la série « Jiji et Pichou », vendue à plus d’un
demi­million d’exemplaires et récipiendaire de nombreux prix: Liste d’honneur IBBY
en 1978 pour La chicane, Prix du Conseil des Arts du Canada en 1978 pour La
varicelle et La chicane, Prix Fleury­Mesplet en 1987 pour la meilleure auteure
jeunesse des dix dernières années, Prix Québec/Wallonie­Bruxelles en 1988 et Prix
du livre M. Christie en 1990.
Pour souligner son trentième anniversaire et son engagement à offrir une littérature
jeunesse de qualité et toujours renouvelée, La courte échelle réédite cette année
douze albums de la série « Jiji et Pichou ». Ayant refait plus de 400 illustrations,
Ginette Anfousse présente une Jiji toujours aussi espiègle et
1979
sensible, qui évolue au quotidien avec son bébé tamanoirmangeur­de­fourmis­pour­vrai
et son ami Cloclo Tremblay. Les
thèmes abordés dans chaque histoire sont encore d’actualité
(l’amitié, la maladie, la dispute, la jalousie, l’école, la peur, la
propreté, etc.) et les illustrations, d’une douceur charmante.
Qui plus est, la majorité des textes interpellent directement
le lecteur (une quasi­révolution à l’époque!) et mènent à la
2009
réflexion ou à la discussion.
Les 12 titres des la série
« Jiji et Pichou » de Ginette
Anfousse sont publiés à La
courte échelle (32 p. ch.,
15,95$ couverture rigide;
12,95$ couverture souple).
Dans une entrevue accordée à Lurelu, Ginette Anfousse explique
qu’elle a bien voulu refaire les albums de sa série en pensant notamment
à ceux qui ont lu les aventures de Jiji et de Pichou et
qui les lisent aujourd’hui à leurs enfants. Ces intermédiaires, ou
ces « entremetteurs », comme s’amuse à les nommer af­
fectueusement Dominique Demers, sont essentiels
pour transmettre aux tout­petits le plaisir de la lecture.
Servant de pont entre les livres et les enfants, ils travaillent
à orchestrer des coups de foudre. On ne peut
jurer de rien, mais la réédition de « Jiji et Pichou »
risque de chavirer à nouveau bien des cœurs!
LE LIBRAIRE FÉVRIER-MARS 2009 53