Le Libraire - IndexLe Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - Index(S’)offrir un livre
POUR LE PLAISIR…
beaux livres
Nancy Vickers
Nomade
Aeterna
Le jardin des
immortelles
Le pays
dans le pays
264 p. — 65 $
Serge Jauvin et Francine Chicoine
Préface de Serge Bouchard
récits de vie
Mila Younes
Micheline Tremblay
Prêtez l’oreille aux
voix oniriques,
nostalgiques et
chimériques d’êtres
figés dans le reflet et
la chaleur des mots,
comme des vigiles
dans la nuit.
Voyez la Côte-Nord
à travers «un long
poème, des images
et des images, à
propos du respect
de la terre».
SUITE DE Ma mère, ma fille,
ma sœur (2003)
Oser. Apprendre à vivre
autrement que selon les
diktats de sa culture d’origine.
Ce témoignage vibrant de
Mila Younes trace les jalons
d’une authentique recherche
de liberté, la sienne et celle
qu’elle souhaite pour tous
les peuples.
L’étonnant destin
de René Plourde
Pionnier de la Nouvelle-France
Anne-Marie Couturier
144 p. — 29,95 $
La fille du concierge
fiction historique
414 p. — 24,95 $
352 p. — 22,95 $
Les années 50 ! Les écoles de
filles dirigées par les religieuses,
les «petits Chinois» que l’on
«achète», les interdictions, les
tabous, les secrets…
C’est toute l’atmosphère de ces
établissements publics qui prend
vie à travers les yeux de Jocelyne,
dont le père, concierge, habite un
modeste logement de fonction.
136 p. — 17,95 $
144 p. — 29,95 $
Paysan taillé dans une étoffe peu
commune, René Plourde décide
de s’arracher à la pauvreté de
son Poitou natal et de tenter
sa chance en Nouvelle-France.
Anne-Marie Couturier nous fait
revivre, entre imaginaire et réalité,
les aspirations et le labeur d’un
pionnier des rives du Saint-Laurent,
le premier d’une grande lignée
toujours vivante.
www.editionsdavid.com
info@editionsdavid.com (613) 830-3336
Le monde du livre
Des chacun
pour chacun
Des contes de fées, on connaît les titres: Le chat
botté, Le petit chaperon rouge, Blanche-Neige...
Gare, cependant, aux contrefaçons à la Disney.
Même Perrault n’est pas au-dessus de tout
soupçon. Référence dans le domaine, Bruno
Bettelheim écrit dans La psychanalyse des contes
de fées: « On supprime toute la valeur des
contes de fées si on précise à l’enfant le sens qu’il
doit avoir pour lui. [...] En découvrant lui-même
le sens caché des contes, l’enfant crée quelque
chose, au lieu de subir une influence. » Donc, il
faut aller vers les versions qui ont échappé aux
moralisateurs. Les Contes des frères Grimm, par
exemple, racontent Cendrillon et La belle au
bois dormant sans noyer le récit et l’enfant dans
le sirop. Les Contes d’Andersen rejettent eux
aussi la guimauve des films fondamentalistes. La
petite sirène ou Le petit soldat de plomb savent
les enfants capables de compassion. S’il y a
larmes, elles sont fécondes.
Place aussi aux contes nés à l’étranger ou avanthier.
Ils ouvrent aux autres mondes et à leurs
cultures. Gogol, dans Le nez ou Le manteau,
recrée en rigolant la Russie des tsars. La dame
de pique de Pouchkine est un conte aussi
prenant dans l’album que dans le film. Quand
Oscar Wilde et Steve Adams unissent leurs
talents, cela donne Le prince et l’hirondelle,
merveille qu’on déguste en cachette avant de le
lire pour le dodo. Avec les frères Tharaud,
l’enfant savoure la foi médiévale avec sa magie
candide (Les contes de la Vierge). Daudet, par
ses durables Lettres de mon moulin, révèle la
Provence autant qu’un Peter Mayle.
Grâce à l’immense Henri Pourrat, des dizaines de
contes brefs et moqueurs renouvellent le répertoire
des parents à court d’inspiration (Contes
du vieux-vieux temps). Un exemple? Dans Le
conte de la pomme d’Ève, le curé qui demande
aux enfants en route vers leur première communion
à quel moment Adam et Ève ont quitté
le paradis reçoit de la petite Marguerite une
réponse assurée : « À la fin du mois d’août. »
Quand il demande le pourquoi de la réponse,
Marguerite rétorque: « Hé, monsieur le curé,
parce qu’avant la fin d’août, les pommes ne sont
pas encore mûres. » Avec Jean-Pierre Davidts, Le
petit prince, qui a charmé plusieurs générations
déjà, reçoit un rajeunissement qui le prolonge
sans le déformer dans Le petit prince retrouvé.
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
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Le billet de Laurent Laplante
Pauvres contes! On les croit tout juste capables, ce qui n’est déjà pas si mal, d’expédier au
paradis l’enfant qui dort déjà. Pourtant, le conte en dit long sur notre culture et ses rêves, sur
les autres cultures, sur ce que les enfants — nous compris — aiment lire et entendre. Faisons
place au conte au pied de l’arbre! Soit pour les petits, soit pour nous.
N’insistez pas seulement, me dira-t-on, sur les
contes importés ou empoussiérés! D’accord!
D’une mémoire québécoise costaude et authentique,
tirons Contes de Jos Violon. Victor-Lévy
Beaulieu, qui le présente, a raison d’y voir le
meilleur Louis Fréchette. C’est truculent, vivant,
exactement ce qui charmait les bûcherons
pendant les longues soirées des chantiers. Autre
brassée de contes, Le diable Frigolet. Dans un
français savoureux et spontané, vingt-cinq contes
des Îles de la Madeleine. Des princesses, des
défis lancés aux amoureux, de sympathiques
entourloupettes, etc. Et, pour apprécier le conte
parfaitement contemporain, place aux récits que
le magnifique conteur Marc Laberge a regroupés
dans La baleine d’Aubert.
À chacun ses contes. Pour voyager, rêver, se connaître.
Psychanalyse des contes
de fées
Bruno Bettelheim,
Pocket, 476 p., 17,50$
Contes
Frères Grimm, Folio,
230 p., 5,75$
Contes et histoires
Hans Christian Andersen,
Le Livre de Poche,
1638 p., 49,95$
Le nez
Gogol, GF, 110 p., 4,95$
La dame de pique
Aleksandr Sergueïevitch
Pouchkine, Calligram,
120 p., 5,95$
Le prince et l’hirondelle
Oscar Wilde (texte) et
Steve Adams (ill.),
Dominique et compagnie,
32 p., 10,95$
Lettres de mon moulin
Alphonse Daudet,
Le Livre de Poche,
316 p., 9,95$
Contes
Henri Pourrat, Folio,
288 p., 15,95$
Le petit prince retrouvé
Jean-Pierre Davidts,
Les intouchables,
86 p., 14,95$
La baleine d’Aubert
Marc Laberge,
Trois-Pistoles,
196 p., 19,95$
Auteur d’une vingtaine de livres, Laurent
Laplante lit et recense depuis une quarantaine
d’années le roman, l’essai, la biographie,
le roman poli cier… Le livre, quoi!