Le Libraire - Index

Le Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - Index

Bande dessinée
Opération Iron Clad:
Commando Colonial (t. 1)
Appollo (scénario) et Brûno
(dessin), Poisson pilote, 48 p., 17,95$
Madagascar, 1942. Le major Antoine Robillard et le premier
maître Maurice Rivière se rendent dans la ville de Diego-
Suarez pour le compte du BCRA, l’unité spéciale de De Gaulle.
Leur mission: arriver à convaincre les dignitaires de l’île de rallier la France libre
contre l’Allemagne. Appollo et Brüno reviennent en force! Bien que l’on puisse,
encore une fois, s’extasier du décalage entre le trait naïf des illustrations de Brüno
et les histoires que soutiennent ces dernières, on doit reconnaître que c’est la
finesse du scénario qui marque ici. Ce récit d’espionnage, exécuté dans les règles
de l’art, est aussi « boosté » à la psychologie des personnages avec, au premier plan,
les deux protagonistes, respectivement mauricien et réunionnais, qui doivent convaincre
des colons caucasiens de rejoindre le pays colonisateur. Trop fort!
Anne-Marie Genest Pantoute
L’imposteur: Capitaine Static (t. 2)
Alain M. Bergeron (scénario) et Sampar (dessin),
Québec Amérique, 64 p., 12,95$
Capitaine Static est de retour! Cette fois, l’attachant héros en
pantoufles est aux prises avec un problème de taille: il doit
rivaliser avec nul autre que… Capitaine Static! En effet,
quelqu’un semble vouloir se venger du véritable Capitaine.
L’imposteur, après lui avoir volé son costume, se débrouille pour entacher sa réputation.
S’agirait-il de Gros Joe, celui-là même qui s’en prenait à Charles Simard
(l’alter ego de Capitaine Static) et à ses amis? Le petit défenseur de toute personne
en danger doit se battre pour regagner sa dignité ainsi que la confiance de
Pénélope, sa douce amie. Il y a de l’électricité statique dans l’air et, de nouveau,
Capitaine Static usera de ses pouvoirs pour combattre les vilains! Toujours en
mêlant le récit narré à la bande dessinée, Alain M. Bergeron et Sampar se retrouvent
pour nous offrir une deuxième aventure, qui exploite avec subtilité et justesse
le thème de l’intimidation. Sylvianne Blanchette Vaugeois
Les ensembles contraires
Kris et Eric T. (scénario) et Nicoby (dessin), Futuropolis,
192 p., 45,50$
Les chemins de deux adolescents, qui proviennent de classes
sociales complètements différentes, se croiseront grâce… au
tennis de table: loin d’être une bande dessinée sur le sport,
Les ensembles contraires traite plutôt de l’adolescence, mais
aussi de la grande amitié qui lie deux jeunes Français qui n’ont, a priori, rien en
commun. Kris et Eric T., avec ce premier volume, creusent l’expression « les contraires
s’attirent », et montrent à quel point des êtres éloignés peuvent s’entraider
et grandir ensemble. Le dessin sert le récit à merveille, puisque Nicoby privilégie
une coloration monochrome respectueuse de sa ligne et une utilisation des masses,
qui donnent une teinte dramatique au récit sans trop l’alourdir. Pas une révolution,
mais l’un des bons dans le genre. Gautier Langevin Le Fureteur
Paresse
Pascal Girard (texte et ill.),
La pastèque, 72 p., 18,95$
Pascal Girard a un don. Il sait dessiner et raconter
le plus simplement du monde des petites scènes de
la vie quotidienne. Durant six mois, à partir du 1 er janvier 2008, il a écrit un strip
par jour en s’inspirant de son vécu. Il nous raconte ses tentatives d’écrire dans son
bain ou dans son lit, avec un encrier ― ce n’est pas la meilleure idée ―, sa relation
avec ses deux chats, ses observations sur sa nouvelle voisine nudiste, etc. À chaque
fois, il fait sourire et parfois, on se surprend même à partir dans un grand éclat de
rire, même si la scène est minimaliste. En le lisant, on a l’impression que notre
meilleur copain nous raconte une petite anecdote sur sa journée. Un livre qui fait
un bien énorme et qu’on dépose en poussant un grand soupir de satisfaction.
Marie-Hélène Vaugeois Vaugeois
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
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le libraireCRAQUE
Tout seul
Christophe Chabouté, Vents
d’Ouest, 376 p., 39,95$
J’aime bien le réalisme social de Chabouté, qui fait un peu faire
penser à celui de Servais, mais un Servais actualisé, plus en
phase avec notre temps. Dans cette BD, économe en mots mais
forte en images, on fait la connaissance d’un gardien de phare,
isolé bien sûr, qui est né dans son bâtiment et n’est jamais sorti de cet univers clos.
Pour meubler son temps, il pointe au hasard des mots du dictionnaire et en fait son
cinéma, laissant aller son imagination, que Chabouté nous illustre bien sûr avec
brio. Dessiné en noir et blanc, au trait toujours affirmé, cet album fleuve met en
opposition deux mondes qui finiront par se rejoindre, où l’onirisme rattrape une
réalité encore à découvrir. Une grande BD, puissante comme l’océan qui se brise
sur cet îlet. Yves Guillet Le Fureteur
Agaguk
Yves Thériault (texte), Djian (scénario) et Yvon Roy
(dessin), Adonis, coll. Romans de toujours, 64 p., 22,95$
Cette adaptation en bande dessinée du célèbre roman Agaguk
d’Yves Thériault est sûrement l’un des albums les plus réussis
de la collection Romans de toujours. Le dessin académique de
l’illustrateur québécois Yvon Roy, qui en est à sa première BD, est très bien
maîtrisé, et l’adaptation de Djian réussit à porter l’essentiel du propos de ce long
récit, qui porte en lui une trame qui se rapproche de celle du polar. Même s’il n’est
pas accompagné d’un disque audio, comme le reste des titres de la collection
Romans de toujours, l’album bénéficie d’une facture beaucoup plus soignée que les
autres. Idéal pour de jeunes lecteurs qui veulent se familiariser avec un grand classique
de la littérature québécoise. Gautier Langevin Le Fureteur
Skim
Jillian Tamaki (scénario) et Mariko Tamaki (dessin),
Casterman, coll. Écritures, 144 p., 26,95$
Kim a 16 ans, un surplus de poids qui lui vaut le surnom de
« Skim », une meilleure amie qui s’appelle Lisa, une fascination
pour la magie blanche et une haine des cours de sport.
Quand le copain d’une compagne de classe se suicide, tout le
monde souhaite que Kim s’exprime, s’extériorise. Mais Kim est renfermée, sauf avec
M lle Archer, la prof de théâtre. En nous ouvrant le journal intime de leur personnage
principal, les cousines Tamaki nous donnent accès à son univers selon ses conditions
à elle. Jamais explicite, Kim écrit ce qu’elle voudrait être, davantage que ce
qu’elle est, peut-être parce qu’elle ne le sait pas encore. Ce n’est qu’au détour d’une
phrase raturée, ou d’une de ces illustrations qui observent plus qu’elles ne montrent,
que l’on peut comprendre ce qu’elle ressent. Un superbe rendu des affres de
l’adolescence avec ses tsunamis émotionnels.
Anne-Marie Genest Pantoute
Ballet enchanté: Mélusine (t. 16)
Clarke (scénario) et François Gilson
(dessin), Dupuis, 46 p., 15,95$
Je suis une nouvelle adepte de cette série de bande dessinée,
et je dois avouer que j’ai lu les albums dans le désordre.
Parfois, ils sont moins bons, mais jamais mauvais. Par contre,
le numéro 16, quelle réussite! Le monde de la sorcellerie fait
mouche auprès du public, et c’est avec joie que nous retrouvons cette fois-ci
Mélusine et Cancrelune, avec ses déboires sur son balai. Mais le plaisir arrive avec
cette suite hilarante de sketches montrant des désespérés qui veulent se suicider
du haut de la falaise maléfique (ils deviennent des fantômes, ne vous en faites pas!).
Essayant de les empêcher de passer à l’acte, Mélusine en vient à se mettre les pieds
dans les plats. Le nombre de fantômes s’accumule, au grand désespoir de notre
héroïne… mais au plus grand fou rire du lecteur!
Isabelle Prévost-Lamoureux La Maison de l’Éducation