Le Libraire - IndexLe Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - IndexLes meilleurs
polars des
10 dernières
années
© XYZ Éditeur
La constance du jardinier
John Le Carré (Points)
Les chiens de Riga
Henning Mankell (Seuil/Policiers)
Millénium (3 tomes)
Stieg Larsson (Actes Sud)
L’argent du monde (t. 2)
Jean-Jacques Pelletier (Alire)
Mystic River
Dennis Lehane (Rivages/Noir)
L’âme du chasseur
Deon Meyer (Points)
Une mort à Lisbonne
Robert Wilson (Pocket)
La chambre des curiosités
Douglas Preston et Lincoln Child
(J’ai lu)
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
46
Lumière morte
Michael Connelly (Points)
Tokyo Station
Martin Cruz Smith
(Éditions Robert Laffont)
L’ombre du tueur
Ian Rankin (Folio)
La mort au fond du canyon
C. J. Box (Points)
Enfant, Lucie Bergeron aimait jouer à l’agent secret et au cow-boy. Devenue grande, elle joue plutôt des
instruments de musique qu’elle collectionne et, surtout, elle joue avec les mots! Elle a écrit près de
trente romans pour la jeunesse et a participé à plus de mille rencontres avec son jeune public, ce qui
l’a menée aux quatre coins de la province. Elle en a développé, dit-elle, une surprenante habileté à
lire les cartes routières! Solo, sa série qui raconte les aventures d’une petite chatte intrépide,
et AbeletLéo, autre série dans laquelle un grand-père et son petit-fils parcourent le monde,
ont remporté l’adhésion du jeune public, qui peut désormais se plonger dans les aventures
de Dagmaëlle.
« Oh! Vous êtes écrivaine? Vous devez connaître ça, les livres? » Eh bien, non! Pas autant que mon
libraire, en tout cas, et j’ajouterais… que mon magazine le libraire. Même si je suis plutôt à l’aise dans
mon domaine, celui de la littérature pour la jeunesse, je reconnais que le monde des lettres est si vaste
qu’il me faut un guide aguerri pour naviguer sur cette mer déchaînée de nouveautés, de classiques,
d’inoubliables et de « faut lire à tout prix ». Comme j’ai souvent des demandes très pointues, j’ai aussi
besoin de conseils spécialisés pour m’aider dans mes recherches. Heureusement, les librairies indépendantes
et leur personnel qualifié existent. À vrai dire, la fréquentation d’une librairie, ou devrais-je
préciser, d’un libraire est essentielle à ma vie. D’accord! Je pars avec une longueur d’avance, car je suis
privilégiée, je dirais même, bénie des dieux, parce qu’à la maison j’ai un libraire sous la main. Je peux lui poser
toutes les questions que je veux, il connaît les livres comme le fond de sa poche. Alors, quand il part travailler à la
librairie, je me retrouve sans ressources. Hum! Pas tout à fait, puisqu’il me reste mon magazine le libraire , mon fidèle
compagnon des repas en solitaire. Je l’aime bien, lui aussi. Il m’instruit, me divertit, me permet d’être à la fine pointe de
l’actualité littéraire. Je ne pourrais donc jamais me passer de mon libraire, magazine ou non, que ce soit pour ma création ou
pour nourrir ma passion.
On peut voir en Bruno Roy, longtemps président de l’Union des écrivaines et
écrivains québécois (UNEQ), l’archétype même de l’auteur engagé. Sa plus grande
cause fut certainement celle des Orphelins de Duplessis, qui constituent la trame de
plusieurs de ses romans, dont certains ont été portés au petit écran. Retraité de
l’enseignement, auteur de nombreux textes critiques et polémiques, conférencier
recherché, Bruno Roy, à travers ses combats, demeure avant tout un homme de
lettres passionné. Lui-même récompensé par de nombreux honneurs, il a vu
le cégep André-Laurendeau baptiser un prix littéraire à son nom pour
encourager la relève.
B RUNO
R OY
L UCIE
B ERGERON
Un même esprit
Ma relation avec le livre est d’emblée physique. Je me souviens
comment j’avais acheté le roman d’André Langevin, Une chaîne
dans le parc. Le seul fait de tourner les pages du livre m’avait
procuré une sensation de douceur au toucher du grain. J’aimais la
souplesse du papier, la mobilité des pages. Ce fut ma première
raison d’acheter le livre. Pour m’apercevoir, ensuite, que l’histoire
parlait d’un orphelin qui quittait une institution pour une autre. Je
m’y suis reconnu. Est-ce son odeur de livre neuf qui m’avait
envoûté? Avais-je, sans le savoir, traversé le miroir pour me projeter
dans ce personnage imaginaire? Ce livre me faisait toucher à une
émotion, à un esprit d’ouverture au monde. Je croisais une histoire
dans laquelle j’allais être le sujet de ma lecture.
Il se passe la même chose quand je vais chez Françoise Careil, ma libraire
indépendante du Carré St-Louis. J’entre dans ce lieu comme dans un livre.
Même petit, le monde entier s’y trouve. Je n’ai pas besoin d’une grande surface pour
me sentir grand. L’accueil y est sincère. Quant au magazine le libraire, lorsque je le reçois,
je le touche d’abord, puis le caresse. C’est un objet soyeux autant que riche. Comme pour
Une chaîne dans le parc, je reconnais un même esprit d’ouverture au monde. J’aime
tourner ses grandes pages où les écrivains du monde se trouvent et où je me reconnais
dans cet accueil des autres littératures sans que la mienne, nationale, soit niée.
2001
2002
2003
Sans l’ombre d’un témoin
Elisabeth George (Pocket)
Soul Circus
George Pelecanos (Points)
La piste de Salonique
Sèrgios Gàkas
(Éditions Liana Levi)
Une sélection de Claire Taillon et
Denis LeBrun, de la librairie
Pantoute, à Québec.
© Martine Doyon