Le Libraire - Index

Le Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - Index

Créé dans la foulée des célébrations
entourant le vingt-cinquième
anniversaire de la librairie Pantoute à
Québec, fondée en 1972, le libraire
a été publié pour la première fois en
novembre 1998. Dans son mot de
présentation, le directeur général,
Denis LeBrun, expliquait qu’un
« libraire n’est pas — enfin, ne devrait
pas être —, qu’un simple marchand
de livres, mais également un guide
éclairé, une sorte d’arbitre des goûts
du public », précisant plus loin que le
trimestriel — qui allait, à l’automne
2004, devenir un bimestriel — ,
avait été créé pour « permettre aux
amoureux du livre […] d’y voir un
peu plus clair dans le raz-de-marée
de publications et d’informations qui
nous submerge chaque saison ». Dix
ans, cinquante numéros plus tard
et des milliers de livres présentés,
critiqués, soupesés, adorés ou (plus
rarement) détestés, le libraire est
resté fidèle à lui-même, aux libraires
et aux lecteurs. Mariage d’amour.
le libraire, U N E D É C E N N I E D E L I V R E S
Se laisser parler
Dès le début, le libraire se donne une ligne de conduite dont il
ne dérogera pas au fil des ans: promouvoir la littérature d’ici et
d’ailleurs tous genres confondus en étant d’abord un outil d’information
clair et accessible voué aux lecteurs tous azimuts, puis
un tremplin destiné à représenter l’importance cruciale du rôle
de conseiller et de passeur — de livres et de l’amour pour la lecture
— joué par tous les libraires.
Aucun magazine gratuit couvrant l’actualité littéraire n’a jamais
été diffusé aussi largement — le libraire est disponible dans quatre-vingts
librairies indépendantes québécoises et franco-cana -
diennes et 700 bibliothèques de la Belle Province. On le trouve
dans des cafés, des théâtres et la longévité de cette plateforme
d’expression restée libre d’allégeance dans un contexte de
convergence s’avère, elle aussi, exceptionnelle.
Petit train va loin
« Journal sans prétention où information et passion font bon
ménage, le libraire s’adresse aux mordus de lecture et de littérature
», mentionnait, toujours dans son mot de bienvenue, Denis
LeBrun. Impossible de ne pas esquisser un sourire, puisque ces
« modestes » ambitions n’ont pas nui à la croissance du libraire,
bien au contraire: d’une parution à caractère commémoratif
mettant en valeur l’histoire et les atouts d’un commerce, cette
mine de trouvailles est devenue, dès son second numéro, un
d’amour Par
véhicule de promotion important pour plusieurs librairies
indépendantes, aujourd’hui regroupées sous le nom des
Librairies indépendantes du Québec (LIQ).
Rappelons qu’au printemps 1999, l’arrivée de deux partenaires
majeurs, les librairies Clément Morin à Trois-Rivières et Les
Bouquinistes à Chicoutimi, bientôt suivis par les librairies Le
Fureteur à Saint-Lambert et, en 2000, par Monet, à Montréal,
dynamise l’équipe de rédaction, composée de libraires et de
journalistes pilotés par l’écrivain Stanley Péan, qui, entretemps,
a accepté la rédaction en chef. Une diffusion à grande échelle
s’implante graduellement dans les librairies; des dizaines de
commerces indépendants de partout au Québec ainsi que du
Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick se joignent à
l’aventure, unique dans notre paysage littéraire.
Changer pour le mieux
En dix ans, il s’en passe, des choses. On déménage de la Haute
à la Basse-Ville de Québec, on plonge dans de mémorables lectures,
on use les semelles de nos chaussures dans les salons du
livre, on fait quantité de rencontres marquantes. On écrit et on
lit beaucoup, passionnément, à la folie. On traque les meilleurs
romans, les essais les plus troublants, les bandes dessinées les
plus drôles, les albums pour la jeunesse les plus épatants, les
biographies les plus émouvantes, alouette! On fait la connaissance
de grands écrivains, ce qui n’est pas rien.
On travaille tard le soir, souvent la fin de semaine, à cent milles à
l’heure. On s’envoie 1000 courriels par semaine, on fait cinquante
téléphones par jour, on noircit nos écrans d’ordinateur et tache
allègrement nos claviers avec du café (oups!). On ne dort pas
beaucoup, du moins, pas assez. Bref, on est très occupés.
Un jour, pour répondre à la demande de nos lecteurs insatiables,
on accélère la cadence en publiant six fois par an au lieu de quatre.
On observe, aussi, comment le Web transforme la façon de
promouvoir le livre et la littérature, comment il modifie la manière
de recueillir et de transmettre de l’information entre les divers
acteurs du livre, ce qui vous inclue, nos lecteurs. Comment, également,
il rend possible le fait d’être en contact quasi instantané
avec de talentueux confrères, libraires et journalistes de partout au
Québec. Denis LeBrun vous promettait, dans la première édition,
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
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de « tâter l’Internet [pour être] toujours à l’affût de nouvelles informations
qui nous permettraient de mieux vous servir ». C’était
chose faite en 2004, avec le lancement de notre site Internet
(www.lelibraire.org), qui atteint le chiffre impressionnant de
100 000 pages consultées à chaque mois.
Évidemment, l’équipe a grossi. Des gens sont arrivés et sont repartis,
des amitiés se sont nouées, des amours sont nés. Un bébé, aussi.
De nombreuses librairies se sont associées au projet et, comme
dans toute bonne relation, certaines ont décidé de quitter le navire.
C’est la vie, comme on dit. Et on continue d’écrire, de lire.
Une chance qu’on s’a
Le magazine que vous tenez entre vos mains a été conçu pour
les lecteurs, ceux qui lisent cinq livres par an comme ceux qui
en dévorent cent. Pour les usagers des bibliothèques, également,
qui ont tout autant besoin d’être guidés que les clients des
librairies, qui aiment se faire conseiller justement, se fier à un
libraire qui saura les écouter, leur vendre un best-seller, un classique
ou un ouvrage plus éclectique.
Depuis une décennie, vous êtes des milliers à lire religieusement
le libraire. Merci du fond du cœur. Nous sommes fiers
que notre magazine soit considéré comme une référence,
une mine de suggestions, une source d’inspiration.
Hélène Simard, directrice
Or, le libraire n’existerait justement pas sans ceux et celles
qui en portent si fièrement le titre. Vous êtes des dizaines à
prendre la plume afin de révéler les raisons pour lesquelles
tel livre, en particulier, vous a fait vibrer. À tous les libraires,
d’hier à aujourd’hui, à ceux qui écrivent régulièrement et à
ceux qui n’en ont plus le temps, merci de propager votre
amour du livre.
À tous les journalistes, critiques, chroniqueurs, collaborateurs
spéciaux, illustrateurs et photographes des dix
dernières années, merci de nous avoir fait profiter de vos
lumières, d’avoir insufflé votre passion pour la lecture, mis
vos talents d’artiste au profit de la littérature. À tous les
éditeurs, à tous les attachés et attachées de presse ainsi
qu’aux annonceurs et aux diffuseurs, merci d’être là et de
croire en nous.
La suite des choses
Qui aurait pu prédire, en novembre 1998, que le libraire,
une publication au concept simple et hors du commun
ayant su combler un besoin criant et mettre en valeur un
métier noble qui mérite toute notre admiration, aurait une
vie aussi riche et longue? Sûrement pas le charlatan auquel
se frotte Astérix dans l’album Le devin, mais peut-être bien
Madame Minou: il faudrait le lui demander…
Et ce n’est pas fini! En effet, pour marquer notre dixième
anniversaire, nous procédons à une cure de rajeunissement
dont vous pourrez constater les résultats dès février 2009.
Votre magazine favori sera, à compter du numéro 51,
entièrement imprimé sur papier glacé pour être plus
éclatant que jamais. Ses dimensions seront légèrement
diminuées afin d’obtenir un format plutôt carré, agréable à
consulter et qui se démarquera encore de la majorité des
revues. La mise en pages intérieure sera également repensée,
histoire de rendre plus attrayant le contenu éditorial.
Cette décennie dédiée à la littérature, nous vous en sommes
redevables. On fête nos noces d’étain, et on a bien l’intention
de célébrer nos noces de cristal. Car, comme le chante
si chaudement Patrick Bruel dans « Place des grands
hommes », on vous donne « rendez-vous dans dix ans ».