Le Libraire - IndexLe Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - IndexLittérature québécoise
Nouveautés
La rencontre amoureuse, dans une
société qui privilégie les « déliaisons »,
est-elle encore une forme de salut?
Telle est la grande question qui traverse
ce carnet de bord, le road book
intérieur de Raphaël Laliberté.
Professeur de lettres en pleine dérive, il
tente de reconquérir le cœur d’Eva, sa
femme. De Rimouski à Montréal en
passant par le Sud de la France, nous l’accompagnons
dans son cheminement et ses réflexions. Un récit
incisif, qui ne refuse pas le mélange des genres, tantôt
trivial, tantôt critique, et qui explore les ressorts du
malaise de l’homme contemporain. Proche de son personnage
principal, Martin Robitaille, après avoir livré
un essai sur Proust, signe ici un premier roman nerveux
et vivant, en phase avec la culture populaire de
son époque.
LES DÉLIAISONS
Martin Robitaille, Québec Amérique, coll.
Littérature d’Amérique, 246 p., 22,95$
La citadelle est le deuxième roman de
Philippe Bensimon, dont le premier,
Tableaux maudits, a été finaliste pour
le Prix des cinq continents 2008. Après
une fiction se déroulant dans le milieu
de la peinture, il revient avec un récit
autobiographique. Ce chercheur en
criminologie, devenu écrivain sur le
tard, a vécu mille et une vies. Français,
il émigre au Canada à l’âge de 13 ans. Battu par son
père, méprisé par sa mère, l’homme-enfant revient en
France à 18 ans et s’engage dans l’armée, en espérant se
trouver une nouvelle famille. Mais il est confronté aux
désillusions, aux humiliations et à la solitude à la
citadelle. Face à la brutalité des hommes, il se réfugie
dans les livres et la nature où les « cailloux […] n’exigent
jamais rien alors qu’on marche dessus ».
LA CITADELLE
Philippe Bensimon, Triptyque, 270 p., 23$
le libraireCRAQUE
« À LOUER, chambre confortable, très lumineuse,
dans appartement agréable et calme à partager avec
étudiant sérieux. Libre de suite. Tél. : 01 78 20 91 12 »:
voilà la petite annonce que Fréderic fait paraître dans
le journal. Ce garçon étrange et solitaire a un but très
précis, beaucoup plus tordu et pervers: ce qu’il désire
avant tout, c’est épier l’éventuelle colocataire afin de
mieux comprendre la gent féminine. Il ne lésine donc
pas sur les moyens pour arriver à ses fins. De sa chambre,
il note dans un carnet ses observations mais,
insatisfait et obsédé, il lira son journal, volera son parfum,
subtilisera quelques vêtements et tentera ultimement
de devenir « ELLE ». Malgré les similitudes avec
Le locataire de Roman Polanski, ce premier roman
demeure un suspense efficace, haletant et la fin atroce,
voire cauchemardesque, est véritablement digne des
grands maîtres de l’horreur! Johanne Vadeboncœur
Clément Morin
Extraits du carnet
d’observation de
la femme
Rodolphe Lasnes, Leméac,
160 p., 18,95$
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
20
En marge
Littérature québécoise
Gaston Miron célébré douze fois
Douze ans après la mort du poète québécois, une
douzaine d’artistes se sont réunis pour lui rendre un
hommage musical sur l’album 12 hommes rapaillés
chantent Gaston Miron, paru chez Spectra Musique. Ils
interprètent chacun un poème tiré du recueil L’homme
rapaillé, publié en 1970. Michel Rivard chante « La
mémorable » tandis que Daniel Lavoie déclame « Ce
monde sans issue ». Les autres interprètes sont Yann
Perreau, Martin Léon, Jim Corcoran, Pierre Flynn,
Vincent Vallières, Michel Faubert, Louis-Jean Cormier,
Plume Latraverse, Richard Séguin et Gilles Bélanger, qui
a mis les poèmes en chanson.
Coffret Les accoucheuses
En septembre dernier, Anne-Marie Sicotte terminait sa
trilogie historique mettant en scène deux sages-femmes
courageuses au milieu du XIX e siècle québécois, une
époque où la morale victorienne, les conventions
sociales rigides et la prédominance de la race masculine
représentaient de sérieuses entraves à la pratique de leur
art. La fierté, La révolte et La déroute, qui totalisent plus
de 2500 pages, sont depuis peu disponibles sous coffret
au prix de 89,95$ (VLB éditeur). Voilà de quoi occuper
les froides soirées hivernales!
Conservation des ultimes poésies de Louis Riel
Les quatre derniers poèmes de Louis Riel, qu’il a couchés
sur papier dans sa cellule peu avant sa pendaison, en
1885, retourneront au Manitoba, selon une déclaration
du président de la Fédération des Métis de cette
province, David Chartrand. Les poèmes ont été vendus
lors d’enchères. La Fédération préservera ces précieux
documents, dont elle prévoit d’ailleurs faire la pièce
maîtresse d’un éventuel musée autochtone à Winnipeg.
D’ici là, les poèmes seront exposés au musée de Saint-
Boniface.
Aliénor et Richard
Présenté lors de certains spectacles, et plus particulièrement
au festival Voix d’Amériques en 2006, le monologue
Aliénor de Richard Desjardins vient d’être publié par Lux
Éditeur. Inspiré par le destin hors normes d’Aliénor
d’Aquitaine, reine de France puis d’Angleterre au
XII e siècle, le texte reproduit dans ce livre au petit format
inha bituel est en fait une chanson de geste écrite par le
chanteur et poète abitibien en 2000, à Toulouse.
Les qua trains sont tous illustrés par l’artiste Shrü.
L’éditeur prévoit organiser un lancement en France à
l’automne prochain.
Pellerin, de l’écran au… papier
L’une des figures du proue du renouveau du conte au
Québec, Fred Pellerin, est sous les feux de tous les projecteurs
depuis la sortie du film Babine, inspiré de son
univers et en particulier
de son second spectacle,
Il faut prendre le taureau
par les contes, et pour
lequel il a signé le scénario.
Parions que le long
métrage réalisé par l’excellent
acteur Luc Picard,
tourné avec un budget de
6,5 M$ et premier de l’histoire
du cinéma d’ici à
jouer franchement la
carte du merveilleux et du
fantastique avec d’incalculables
effets spéciaux,
fera du conteur de Saint-Élie-de-Caxton une vedette
populaire. (Re)découvrez le verbe et l’imaginaire
débridés de Pellerin dans un beau coffret-cadeau réunissant
Dans mon village, il y a belle Lurette…, Il faut
prendre le taureau par les contes et Comme une odeur
de muscles (Planète rebelle, 49,95$)