Le Libraire - Index

Le Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - Index

Littérature québécoise
Après avoir été tour à tour amie d’enfance,
danseuse, collègue de travail et
ancienne maîtresse, pour ne nommer
que ces rôles-là, Julie est littéralement
assassinée par son auteur. Parfois victime de meurtre,
parfois suicidaire, toujours martyre, François-Xavier
Liagre s’en donne à cœur joie sur le compte de Julie. À
la lecture de ces courtes nouvelles toujours précédées
d’une mise en situation thématique sur l’enfance, la
nature, les souvenirs ou l’errance, le sourire nous vient
quand même aux lèvres. Que d’exclamations de dégoût,
de plaisir ou de stupéfaction ai-je poussées à la lecture de
ce recueil! Il n’est guère surprenant que certaines de ces
nouvelles aient déjà été publiées (Alibis, Mœbius).
Plongez-vous sans attendre dans cet impitoyable récit
qui réussira à vous ravir par son écriture splendide et son
originalité! Geneviève Roux Le Parchemin
Depuis son premier recueil,
Traces, publié en 1982, Marcelle
Roy poursuit sans faire de bruit
son travail poétique qui, de livre en livre, se fait de plus
en plus aérien. Cette poésie simple et minimaliste
porte attention aux détails de la nature. Comme l’auteure,
« le minuscule filet d’eau/murmure au
passant/sa longue errance/sa persévérance ». En de
courts poèmes dont l’épure évoque les pans d’un
silence qui appelle l’insondable en chaque être
humain, Marcelle Roy note avec justesse les petits
moments qui ont le don de fuir aussitôt apparus. Bien
que nous entrevoyions parfois la ville, nous en
sommes à mille lieues. Cette lumière dont nous parle
l’auteure est celle qui, en nous, communie avec un
environnement naturel. Les amateurs dans ce recueil
trouveront « de simples pensées/comme proses
sages/dans les herbes folles ».
Guy Marchamps Clément Morin
Tél. : 418 877-3110
editions@gidweb.com
leseditionsgid.com
Tu es Julie
François-Xavier Liagre, Marchand de
feuilles, 172 p., 19,95$
Lumière
aux aguets
Marcelle Roy, Du Noroît,
80 p., 16,95$
Deux romans de Nora Atalla
Une escale à Kingsey Falls – 120 pages – 19,95 $
La couleur du sang – 408 pages – 32,95 $
Depuis la fenêtre de
mes cinq ans
Arlette Cousture, Libre Expression,
198 p., 22,95$
Dès le début, il est désarçonnant de
se retrouver dans l’esprit d’une fillette
de 5 ans. Bien vite pourtant, le
langage choisi par l’auteure coule librement: on s’attache
très vite à cette naïveté typiquement enfantine. Cette fillette,
nommée Charlotte, adore sa fenêtre, une ouverture
sur le monde extérieur. Elle nous dévoile l’histoire
de ses voisins, de sa famille, de ses amis. Ce petit microcosme
en vient à nous faire perdre nos défenses: en tant
qu’adultes, nous voulons protéger Charlotte. La nostalgie
vient ensuite se tracer un chemin jusqu’à notre cœur, à
travers les tourments et les joies véhiculés par cette
petite. Le lecteur se voit ainsi offrir l’opportunité de rêver
à sa jeunesse d’antan, et ce, avec ravissement.
Isabelle Prévost-Lamoureux La Maison de l’Éducation
Œdipe sur le
divan de Sigmund
Marilou Brousseau, Béliveau Éditeur,
256 p., 19,50$
Pour son premier roman, l’auteure
et animatrice-radio Marilou
Brousseau a eu l’excellente idée
d’asseoir Œdipe sur le divan d’un psychanalyste,
Sigmund Dorland. À quoi s’attendre d’une telle rencontre?
À l’expression de doutes, bien sûr. Et à des interrogations
philosophiques et spirituelles. Mais aussi à une
quête existentielle: qui suis-je? Sorti tout droit de la
tragédie de Sophocle, cet Œdipe est en fait un personnage
aux contours flous qui s’interroge sur notre identité
et notre vérité, nos croyances et nos perceptions.
Beaucoup plus qu’un simple roman sur la psychanalyse
d’un mythe, Œdipe sur le divan de Sigmund est une fiction
complexe dans laquelle le présent répond aux
préoccupations du Freud d’il y a un siècle. Malgré
quelques tournures parfois peu ori ginales et une intrigue
qui aurait nécessité quelques resserrements, ce premier
tome d’une trilogie nous laisse sur un dénouement des
plus réussis. René Paquin Clément Morin
Cimetières – Patrimoine pour les vivants
Jean Simard et François Brault – 452 pages – 79,95 $
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
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le libraire CRAQUE
Le mariage
de la licorne: Le maître
des peines (t. 2)
Marie Bourassa, JCL, 512 p., 24,95$
Ce deuxième tome de la trilogie
nous tient en haleine autant,
sinon plus que le premier tome. On retrouve Louis, le
bourreau, dans son quotidien rempli de péripéties.
Après avoir assouvi sa vengeance, il se cherche, car
cela ne lui a pas apporté le soulagement qu’il croyait.
Il erre sans but jusqu’à ce qu’il rencontre le roi. Alors,
sa vie prend un nouveau tournant. Il se retrouve dans
une seigneurie dont il est le maître et fiancé à une
jeune enfant. Il devra cependant attendre quelques
années avant de se marier. Mais Sam, qui aime
Jehanne depuis son enfance, l’acceptera-t-il?
L’auteure a très bien su jouer avec la psychologie de
son personnage pour nous le rendre attachant. Un
livre qui se lit d’une traite, car malgré le fait que Louis
soit féroce en tant que bourreau, il demeure spécial à
nos yeux! Caroline Larouche Les Bouquinistes
Le chef-d’œuvre
Sébastien Filiatrault, Stanké,
256 p., 19,95$
Fuir le bonheur, voilà la solution
pour devenir un grand écrivain! Si
en plus cette décision nous permet
de critiquer le capitalisme bourgeois
qui prédomine en Occident, c’est
encore mieux. Ainsi, nous suivons le personnage principal
dans sa quête du malheur, accompagné par nul
autre que son chat Ernest (d’après Hemingway). Son
processus sera interrompu à tout moment par les
acolytes colorés qui meublent sa vie. Tout y passera:
drogue, amour, alcool, peine d’amour. Le style d’écri -
ture fluide de l’auteur et l’emploi de jeux de mots
acrobatiques font de ce roman une merveille de lecture,
même lorsque le retour en arrière devient impossible
pour le protagoniste. Nous ne pouvons faire
autrement que d’encourager l’auteur dans sa
démarche et d’espérer que le tout n’aura pas été vain.
Isabelle Prévost-Lamoureux La Maison de l’Éducation
Légendes du Québec – Un héritage culturel
Jean-Claude Dupont – 252 pages – 44,95 $