Le Libraire - Index

Le Libraire - # 50, déc. 2008 - janv. 2009 - Index

Littérature québécoise
À la fin du XVII e siècle, la Nouvelle-
France est en péril. Les nations iroquoises,
armées par les Anglais,
attaquent la colonie dans une lutte à
finir pour le contrôle du territoire et
des fourrures. Louis XIV ayant des
affaires plus pressantes, les Canadiens
devront s’organiser eux-mêmes en
menant une véritable guérilla contre
les villages anglais. En parallèle, Frontenac mène des
missions diplomatiques et tisse des alliances avec les
autres nations autochtones. Le fruit combiné de ses
efforts mènera à la signature de la Grande Paix de
Montréal, en 1701. Micheline Bail signe ici un roman
historique passionnant, centré sur une figure déterminante
de l’histoire du Québec, un homme fougueux,
passionné et controversé. À suivre!
LA TOURMENTE (T.1): FRONTENAC
Micheline Bail, Hurtubise HMH, 624 p., 32,95$
La ville de Savannah, en Géorgie, est
peut-être « le secret le mieux gardé du
Deep South » pour les néophytes; les
lecteurs savent à quoi s’en tenir depuis
le succès de Minuit dans le jardin du
bien et du mal de John Berendt. C’est
dans cette ambiance de véranda
fleuries, de palmiers et de magnolias
géants que Jacques Folch-Ribas situe
son dernier roman. Un lieu propice aux amateurs d’art
et de beauté ― en un mot, de rareté. La belle Ada, la
chanteuse de gospel, l’odalisque noire qui est l’objet de
tous les regards, est assurément dans cette catégorie. Le
protagoniste du roman, esthète mais peintre faussaire,
parviendra-t-il à atteindre sa vérité? Une belle réflexion
sur l’art et le mensonge dans l’atmosphère enivrante du
vieux Sud américain.
LES PÉLICANS DE GÉORGIE
Jacques Folch-Ribas, Boréal, 152 p., 19,95$
« Je suis allé aux portes de l’enfer et le
Diable n’a pas voulu de moi », titre une
nouvelle de ce recueil de Louis-Philippe
Hébert. L’amour limite de la société
d’aujourd’hui rappelle la communauté
de la ville biblique condamnée, avec ses
désespoirs amoureux, ses déceptions et
ses tromperies, mais aussi, à travers tout
cela, ses plaisirs. Le monde à part qui
s’offre à nous à travers l’expérience de la lecture est
pourtant si près de nous, et c’est ce qui rend l’expé -
rience de la lecture à la fois si troublante… et si tentante!
L’approche extrême de ce livre, le treizième de
l’auteur qui fut lauréat du Grand Prix Quebecor du
Festival international de la Poésie, séduira les lecteurs
et lectrices et les conduira aux portes de l’enfer ―
le leur.
LA BIBLIOTHÈQUE DE SODOME
Louis-Philippe Hébert, Les herbes rouges,
258 p., 17,95$
Nouveautés
Pour son premier roman, Max
Férandon, Français installé à Québec
depuis dix ans, a eu l’audace de parler
de l’empire du Milieu sans y avoir mis
les pieds. Heureuse initiative, car il
offre un texte réaliste et non dénué de
poésie, posant un regard lucide sur ce
pays qui peine à s’ouvrir. On suit les
pas de Monsieur Ho, qui est chargé de
recenser 1,3 milliards de Chinois. Ce
mandat colossal et absurde le lance sur les routes
infinies d’un pays qui veut évacuer son passé et qui est
obnubilé par une modernité incertaine. Ce périple va
mener Monsieur Ho jusqu’en Mongolie, terre qui recèle
un secret familial: son père y est mort alors qu’il était
prisonnier des Gardes Rouges. Dans cette multitude de
lieux et de rencontres, il va également partir sur le
chemin de la quête intérieure.
MONSIEUR HO
Max Férandon, Alto, 176 p., 20,95$
L’illustration en couverture du dernier
roman de Michel Tremblay est une toile
d’Adrien Hébert représentant une scène
urbaine avec en son centre le tramway,
double symbole du voyage et de la nouvelle
modernité dans le Montréal des
années 1910. Les personnages de
Tremblay sont aussi modernes: Maria, qui
revient du Rhode Island, fait venir de la
Saskatchewan sa fille Rhéauna pour se refaire une vie à
travers cette ville propice à tous les espoirs. L’auteur
retrace ici la genèse de la Grosse femme, qui a marqué
l’imaginaire des Québécois, dans ce deuxième volet de
La Diaspora des Desrosiers. Il peint des héroïnes
attachantes, conscientes de leur autonomie, mais
déchirées entre les lieux qu’elles ont quittés et le
Montréal qu’elles ont adopté.
LA TRAVERSÉE DE LA VILLE
Michel Tremblay, Leméac/Actes Sud,
216 p., 23, 95$
Il existe toutes sortes de lecteurs. Il y
a ceux qui ne lisent pas ― c’est leur
droit, aurait dit Pennac ― et ceux qui
lisent tout. C’est le cas de Ghislain,
lecteur dans une maison d’édition, et
qui voit passer tous les manuscrits qui
prétendent au grand honneur de la
publication. Pour faire bonne mesure,
il travaille aussi au Couche-Tard pour
arrondir ses fins de mois. On s’en doute, on aura droit
à des réflexions caustiques sur toute cette humanité qui
veut témoigner et les travers stylistiques des jeunes
auteurs, avec (fausses) preuves à l’appui. Avec cette
publication, la maison d’édition Le Quartanier s’impose
une fois de plus comme la maison de l’audace et de
l’aventure. Un livre jubilatoire pour les amoureux
des lettres.
LECTODÔME
Bertrand Laverdure, Le Quartanier, 328 p., 22,95$
DÉCEMBRE 2008 | JANVIER 2009
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Les poèmes de Robbert Fortin ne sont
pas datés, mais ils sont marqués dans
l’espace. Chaque texte est écrit en un
lieu qui le détermine, que ce soit
Québec, Trois-Rivières ou Montréal,
mais aussi Londres, Paris, Barcelone et
tant d’autres. La poésie de Fortin se
laisse inspirer par « l’esprit des lieux »
et par ses diverses rencontres: les
tableaux de Vinci comme de Malevitch ou encore les
tombes d’Éluard ou de Morrison… Ce panthéon hétéroclite
trouve son unité dans l’écriture du poète, qui
établit avec ces grandes figures une conversation permanente.
Robbert Fortin travaillait à ce recueil lorsqu’il
est disparu subitement en avril 2008. Personne n’a
trouvé d’angle à la beauté paraît donc à titre posthume.
PERSONNE N’A TROUVÉ
D’ANGLE À LA BEAUTÉ
Robbert Fortin, De l’Hexagone, 176 p., 19,95$
Peut-on tromper tout le monde une vie
durant? C’est ce que va tenter de faire le
héros de ce roman, un jeune violoncelliste
qui feint la surdité pour faire mous -
ser sa carrière. Il devient un prodige
acclamé partout dans le monde.
Cependant, le secret devient de plus en
plus lourd à porter, et de plus en plus difficile
à dissimuler. Vivant sous la menace
constante que son subterfuge soit mis au jour, il vivra
des émotions fortes dont le point culminant sera sans
aucun doute l’obéissance, sous la contrainte, aux
services secrets israéliens! Après un premier roman
remarqué par la critique, Le jardinier de Monsieur
Chaos, Francis Malka signe un livre marqué par la
réflexion sur le mensonge et la vérité, et qui entrecroise
audacieusement musique et sociopolitique.
LE VIOLONCELLISTE SOURD
Francis Malka, Hurtubise HMH,
coll. amÉrica, 200 p., 19,95$
Nous sommes en 1026. À la suite des
expéditions vikings, les Écossais Gunni
et Moïrane, à la tête du clan de Gunn,
tentent de s’établir à Terre-Neuve sur
d’anciens établissements scandinaves
pour y faire le commerce de l’ivoire.
Avec un moine irlandais venu retrouver
une communauté chrétienne abandonnée,
ils apprendront les hivers difficiles,
vivront des rencontres inquiétantes avec les indigènes
et, plus que tout, ils mettront leur amour à l’épreuve.
Après le succès de la trilogie de Mallaig, vendue à
500 000 exemplaires, Diane Lacombe poursuit le cycle
commencé avec Gunni le Gauche, qui nous fait vivre la
vie quotidienne et les préoccupations de nos ancêtres
européens. Un mélange d’aventures et de fiction historique
qui captivera à nouveau ses lecteurs!
MOÏRANE : L’APPEL DES CYGNES (T.2)
Diane Lacombe, VLB Éditeur, 564 p., 26,95$