Le Libraire - Index

Le Libraire - Lib49-pv - Index

En marge
Littérature jeunesse
Noémie au grand écran fin 2009
Prévu pour la Noël 2009, le film
adapté de la série de romans à
succès Noémie de Gilles Tibo,
qui compte pas moins de dixhuit
tomes publiés aux éditions
Québec Amérique (Noémie et la
baguette maléfique, le plus
récent, est sorti en septembre), a
été tourné durant l’été 2008. Le
long métrage met en vedette la
comédienne Camille Felton, surprenante
dans le rôle-titre, ainsi
que Marina Orsini (la mère),
Paul Doucet (le père), Rita
Lafontaine (M me Lumbago) et
Raymond Chouinard (son mari).
Soulières éditeur cartonne en Corée
La maison d’édition de Saint-Lambert que dirige
Robert Soulières, éditeur et écrivain, verra trois de ses
romans traduits en coréen: La classe de neige de
Alain M. Bergeron et Sampar, Victor, l’invincible de
Denis Vézina et Philippe Béha, et Le monstre du mercredi,
écrit et illustré par Danielle Simard.
Retour en arrière de Carrie Bradshaw
Candace Bushnell, à qui l’on doit la série américaine
Sex and the City et quelques romans inscrits dans la
tendance chick lit trempée dans le milieu de la mode
(4 blondes, Haut de gamme), fera une première incursion
en littérature jeunesse avec deux romans sur
l’adolescence de l’héroïne culte de la série télé incarnée
par l’actrice Sarah Jessica Parker. The Carrie
Diaries, sera publié d’ici 2010 chez HarperCollins
Children’s Books.
Le Capitaine Static prendra vie
Issu de l’imagination inépuisable d’Alain M.
Bergeron et mis en images par le
non moins prolifique Sampar, le
petit Charles Simard, alias
Capitaine Static, fera l’objet d’un
dessin animé. Le projet, actuellement
en cours, est basé sur l’album
éponyme et sa suite,
L’imposteur, paru chez Québec
Amérique au début de l’automne.
Mariant bande dessinée et récit traditionnel,
la série Capitaine Static,
qui raconte les péripéties d’un écolier
doté de pouvoirs « électrifiants ». Rigolade garantie!
© Sampar
© Louise-Andrée Laliberté
Secret de famille éventé
La petite-fille de l’écrivaine Lucy Maud Montgomery,
Kate Macdonald Butler, a révélé que sa grand-mère
s’est suicidée en 1942. Cette annonce a été faite dans
l’espoir de contribuer à alimenter le débat public sur
les questions de santé mentale, et aussi parce que l’année
2008 marque le 100 e anniversaire de la publication
du roman mondialement célèbre, Anne… la maison
aux pignons verts. Les troubles mentaux de Lucy
Maud Montgomery, qui souffrait de dépression, étaient
connus depuis plusieurs années, mais la vérité sur son
décès, qu’on attribuait à une surdose de médicaments,
n’avait encore jamais été dévoilée.
Epizzod, un projet audacieux
Les éditions de La courte échelle lancent Epizzod,
un projet de « littérature épisodique » destiné aux
adolescents (www.epizzod.com). Six auteurs ont
accepté d’écrire un roman graphique en treize
épisodes, illustré par un bédéiste, et qui paraîtra à
raison de deux épisodes mensuellement. Parmi eux,
on remarque André Marois avec Les allergiks (Où est
Agota?, L’alerte est lancée) et Mathieu Simard avec
Pavel (Plus vivant que toutes les pornstars réunies,
Les gens qui pognent, c’est des épais).
Bande dessinée
Nouveautés
En marge des aventures
rurales de ses populaires
héros Onésime (1943-1998)
et Séraphin (1952-1972), le
bédéiste Albert Chartier a
publié dans des journaux et
des magazines divers, entre
1962 et 1967, une série de
strips qui mettaient en scène
de jeunes ingénues fort
« piquantes » et baptisées tour à tour Suzy, Suzette,
Elsinore, Zizi puis Kiki. Dans ces saynètes urbaines,
burlesques et sans texte, le monstre sacré de la bande
dessinée québécoise déploie comme nulle part
ailleurs la pleine finesse de son art, en dehors du
cadre étroit de ses séries plus célèbres. Une occasion
en or de découvrir dans leur intégralité ces trésors
insoupçonnés de Chartier, qui faisaient écho à une
période tout à fait glamour de l’histoire du Québec et
du neuvième art.
UNE PIQUANTE PETITE BRUNETTE
Albert Chartier (scénario et dessin), Les 400 coups,
coll. Strips, 90 p., 16,95$
Après avoir dévalé les pentes
dans Louis au ski, le gamin sorti
de l’imagination de Guy Delisle
(Shenzhen, la série Inspecteur
Moroni), vit une folle journée
sous un climat tropical dans
Louis à la plage. Levé aux
aurores, Louis entraîne son papa
à la mer, mais celui-ci préfère
roupiller ou flirter avec les
dames en monokini. Laissé à lui-même, le débrouillard
garçonnet croise deux garnements qui lui rendront
la vie dure. Généralement déployée en
planches de vingt cases, une formule qui rappelle le
storyboard du cinéma, la narration de Louis à la
plage dégage un remarquable dynamisme. L’absence
de dialogues dans les phylactères au profit de
représentations graphiques des pensées des personnages
constitue une des forces de cet album minimaliste
du point de vue de la parole, mais fourmillant de
détails sur le plan visuel.
LOUIS À LA PLAGE
Guy Delisle, Delcourt, coll. Shampooing,
48 p., 16,95$
Léo, un gratte-papier
quadragénaire, marié et
père de deux adolescents,
en a tellement marre de
son ennuyeuse existence,
est si las de courber
l’échine sous le poids des
responsabilités familiales
et professionnelles qu’il
voudrait tout recommencer
depuis le début.
Cette chance lui est offerte quand, par la seule force
de sa volonté, il redevient un bambin de 2 ans.
Commence une quête effrénée d’attention et de
câlins, ce dont l’adulte manquait cruellement, mais
qui ne se fera pas sans heurts, quelques crises et
plusieurs frustrations. « Satire de la crise de la quarantaine
masculine ou plaidoyer pour un regard plus
humain sur celle-ci », Tantrum (grosse colère) a été
publié originalement en 1979 chez Albert A. Knopf à
New York. Un petit chef-d’œuvre qui n’a rien perdu de
son actualité, par un grand cartoonist américain.
TANTRUM (GROSSE COLÈRE)
Jules Feiffer, Mécanique générale, 200 p., 29,95$
NOVEMBRE 2008
55
Bande dessinée
le libraireCRAQUE
Mortemer
Valérie Mangin (scénario) et
Mario Alberti (dessin), Soleil productions,
coll. Hanté, 56 p., 21,95$
Mortemer est une abbaye soi-disant
hantée par une dame blanche, jeune
mariée morte le soir de ses noces, et également occupé
par quatre moines assassinés pendant l’Occupation pour
avoir préservé un trésor accumulé depuis la début de la
Deuxième Guerre mondiale. On est en 2050. Guillaume
Deaubonne est l’héritier de Mortemer. Ses parents sont
morts l’année précédente, noyés dans le lac de l’abbaye.
Il en a fait un parc d’attractions et exploite la légende des
fantômes. Deaubonne rencontre Céline, l’embauche pour
jouer le rôle de la dame blanche et finit par l’épouser. Et
c’est durant la noce que tout se gâte: l’étrangeté du site se
dévoile. Les fantômes prennent leur véritable rôle dans
l’histoire et la réalité devient horreur. Lire Mortemer, c’est
se plonger dans l’étrange et la suspicion. Le récit est bien
mené, raconté par l’hôte de l’abbaye, qui existe vraiment!
Cette dernière cache-t-elle encore des fantômes?
Jacynthe Dallaire Les Bouquinistes
Le capitaine Némo
(vol. 1)
Pascal Davoz (scénario) et Ortiz
(dessin), Clair de lune,
48 p., 25,95$
Nous retrouvons maintenant en
bande dessinée ce mystérieux personnage né sous la
plume de Jules Verne dans Vingt mille lieux sous les
mers. Dans cet ouvrage accompagné d’illustrations
riches et exotiques, nous suivons le périple du Capitaine
Némo, homme mystérieux, de retour au pays et
accompagné d’une ravissante fiancée anglaise dont le
père dirige la Compagnie des Indes. Les origines hindoues
du capitaine lui valent de déprécier les manières rustres
qu’utilisent les Anglais conquérants sur le peuple indien.
Homme de sciences, Némo se retrouvera au centre des
hostilités, sa famille et lui-même menacés, et il n’aura
d’autre choix que de s’investir pour trancher entre ce qui
est juste et ce qui ne l’est pas. Une flamboyante fresque
historique disponible en plusieurs tomes Isabelle Prévost-
Lamoureux La Maison de l’Éducation
King David
Antoine Ozanam (scénario) et
Guillaume Singelin (dessin),
KSTR, 128 p., 26,95$
Réussir à faire rimer « récit
biblique » et « gangster »: voici
l’exploit qu’ont accompli Ozanam et
Singelin, dans ce superbe one shot au graphisme violent.
Les auteurs nous transportent au cœur d’un New York où
l’équilibre précaire entre « philistins et mafieux » (eh
oui!) est soudainement déséquilibré par l’arrivée d’un
jeune héros à l’allure tranquille qui, contre toute attente,
terrasse le terrible Goliath. King David nous fait vivre à
pleine vitesse l’ascension inattendue d’un gamin de la rue
vers les hautes sphères du crime new-yorkais et de ses
fastes, mais aussi de ses luttes intestines et de ses histoires
de famille parfois pas très nettes… Un album prenant et
audacieux. Gautier Langevin Le Fureteur