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Littérature québécoise
L’échange épistolaire de Marie Laberge
Marie Laberge se lance dans un nouveau défi personnel:
envoyer vingt-six lettres à ses fidèles lecteurs pour
leurs donner des nouvelles de Martha toutes les deux
semaines, à partir de janvier 2009, pour le coût de
33 $ plus taxes. L’écrivaine construit actuellement son
nouveau personnage,
Martha, qui accompagnera
ses futurs
lecteurs. Elle dit de cette
dernière qu’elle est
« une femme assez
lumineuse, mais simple,
qui ne se prend vraiment
pas pour une
autre, et qui a des surprises
dans sa vie, qui se fait barouetter de temps
en temps ». Un site Web a été créé
(www.marielaberge.com) pour permettre de
s’abonner jusqu’au 31 décembre prochain. Le site
contient une sélection de 160 photos qui retracent
ses trente-trois ans de vie professionnelle accompagnées
de commentaires.
Première incursion en littérature
pour Marcel Broquet
Vétéran de l’édition au Québec, Marcel Broquet n’est
pas prêt de rendre son tablier! Après trente ans dans
le milieu, il a inauguré cet automne une nouvelle maison
à son nom, Marcel Broquet La nouvelle édition, où
la littérature et les arts tiendront une place particulière.
Sa collection Inédit se consacre à la relève
littéraire, qui comprend des auteurs n’ayant jamais
publié ou des auteurs qui veulent se lancer dans un
genre nouveau. Les deux premiers-nés de la collection
s’intitulent Désir d’écrire de Rosette Pipar et Intrusion
de Danielle Forget.
Le festival Les Jours sont contés ne se
tiendra pas cette année
Après quinze ans d’existence, la 16 e édition du festival Les
Jours sont contés en Estrie a été annulée en raison d’un
manque de soutien de la part des organismes subventionnaires.
Même si ces derniers reconnaissent la pertinence
et l’importance de l’événement, le comité organisateur
leur reproche également de ne pas tenir compte de la
nécessité de « soutenir aussi le coût du fonctionnement,
des moyens et des ressources humaines qu’exigent pendant
l’année l’organisation et la gestion d’un tel événement,
avec pour conséquence l’épuisement financier et
physique des personnes impliquées dans la préparation et
la réalisation du festival ». Traditionnellement, l’événement
se tenait en octobre.
Restauration de la demeure de Louis Fréchette
C’est vraisemblablement au printemps 2009 que
débuteront les travaux de rénovation de la maison du
poète, journaliste, homme politique et avocat Louis
Fréchette (1839-1908), qui est située sur la rue Saint-
Laurent à Lévis, juste en bordure du fleuve. Afin de
soutenir ce projet, une campagne de financement
sera organisée dans le but
de recueillir 1,2 M$. Une
moitié de la somme sera
consacrée à la restauration,
l’autre à certaines
modifications, entre autres
dans l’aménagement d’une
pièce pouvant accueillir
soixante-dix personnes.
Les promoteurs désirent
que la maison construite
au XIX e siècle, qui devra
répondre aux normes
actuelles d’un immeuble
public, soit accessible l’année
durant et devienne un centre d’interprétation de
la vie et de l’œuvre de Fréchette de même qu’un lieu
de rencontre. La Ville de Lévis et le Mouvement
Desjardins ont déjà fait gonfler la cagnotte avec des
dons en espèces sonnantes considérables.
Littérature étrangère
Nouveautés
Almudena Grandes a croulé sous
les honneurs avec Le cœur glacé,
vendu à plus de 300 000 exemplaires,
une fiction « tragique et
lyrique qui raconte l’âme passionnée
de [l’Espagne] », par ailleurs
couronnée meilleur roman de
l’année 2007 selon la Fondation
Lara, qui réunit les vingt plus
grands éditeurs ibériques.
L’écrivaine plonge les lecteurs dans
une fascinante histoire d’amour qui a lieu durant la
guerre civile espagnole, en 1936. À la manière de
Roméo et Juliette, Raquel et Alvaro vivent une passion
déchirée par le passé de leurs familles respectives, les
Carrión et les Fernandez, liées par l’amitié mais aussi
par les trahisons. Avec maestria, Grandes peint une
fresque ambitieuse où trois générations d’hommes et
de femmes luttent sous le poids des secrets. Imposant.
LE CŒUR GLACÉ
Almudena Grandes, JC Lattès, 1080 p., 39,95$
On a beaucoup parlé du dernier
roman de Richard Ford depuis
le début de l’automne dans la
presse française et québécoise
et pour cause, car L’état des
lieux est non seulement l’œuvre
la plus aboutie du romancier et
nouvelliste américain, que
Raymond Carver a qualifié de
« meilleur styliste de
l’Amérique », mais aussi parce
qu’il s’inscrit, de par son récit et les opinions politiques
de son auteur, dans le débat entourant la
course à la présidence chez nos voisins du Sud.
Qui plus est, L’état des lieux marque le retour de
Franck Bascombe, le héros désormais vieilli,
malade et divorcé d’Un week-end dans le
Michigan et d’Indépendance (Pulitzer 1995), narrateur
qui partage d’ailleurs quelques traits communs
avec Ford, notamment le regard lucide qu’il
jette sur son pays. À classer parmi les premiers
chefs-d’œuvre du XXI e siècle.
L’ÉTAT DES LIEUX
Richard Ford, Éditions de l’Olivier, 736 p., 34,95$
L’écrivain britannique David
Lodge fait désormais partie de
cette bande qu’il surnomme « les
grands sourdingues du passé »
que sont Beethoven et Bourriquet
l’âne dans le dessin animé Winnie
l’ourson. Lodge jongle avec les
mots comme avec les quiproquos
provoqués par la surdité de son
personnage principal, Desmond
Bates, qui lui ressemble beaucoup.
Professeur de linguistique,
Bates est parti en retraite anticipée à cause de son
handicap. On le suit dans sa vie quotidienne, coincé
entre sa femme, en plein essor professionnel, son père
de 89 ans, qui se targue d’avoir une surdité supérieure
à la sienne, et une jeune étudiante déterminée à le
séduire. La vie en sourdine, vibrant témoignage
déguisé en tragicomédie sur la surdité et la vieillesse,
est l’un des meilleurs romans de l’auteur de Thérapie.
LA VIE EN SOURDINE
David Lodge, Rivages, 416 p., 34,95$
NOVEMBRE 20088
22
Ce premier roman de l’auteur
américain d’origine chinoise
porte les voix de la colère, de la
rancœur, mais aussi celles du
pardon. Westen reçoit une lettre
de son père Xin, disparu il y a
vingt-cinq ans, qui lui propose
de tenir une vieille promesse:
partir ensemble en Chine. Xin
avait abandonné son fils de 8 ans
après la mort de sa femme en le
confiant à la sœur de la défunte. Si le père fuit le
souvenir de son épouse, son fils, devenu adulte,
refuse quant à lui tout lien affectif, sauf celui de
ses parents d’adoption. Malgré cela, il suivra son
père. Au cours de leur périple à travers le pays millénaire,
les deux hommes tenteront de recréer le
lien filial, mais Westen constate qu’« il est évident
qu’avant de pouvoir redevenir un père et un
fils, [ils doivent] d’abord [se] traiter en hommes ».
Un des romans importants de l’automne, plébiscité
par une presse internationale unanime.
LES HOMMES PERDUS
Brian Leung, Éditions Albin Michel,
coll. Les grandes traductions, 368 p., 32,95$
Hanna, une restauratrice de livres
anciens, met la main sur une
Haggada, un précieux et rare
ouvrage fort convoité qui contient
les prières de la Pâque juive.
Geraldine Brooks s’est inspirée d’un
événement réel pour réinventer le
parcours de ce manuscrit ancien
retrouvé à Sarajevo en 1996. Son
héroïne remonte le cours de l’histoire
occidentale, de l’Andalousie
mauresque en passant par l’inquisition vénitienne
jusqu’à la guerre des Balkans, et ce, grâce aux infimes
indices qui parsèment l’Haggada: son encre, un
cheveu plus que centenaire, le colorant particulier
d’une enluminure et la trace d’un papillon. Le livre
d’Hanna est le troisième roman de Geraldine Brooks,
lauréate du Pulitzer 2006 pour March.
LE LIVRE D’HANNA
Geraldine Brooks, Belfond, 420 p., 34,95$
Rosie quitte l’Italie pour Dublin
afin de s’occuper de sa tante
Min, dépressive et alcoolique.
Pour tromper son ennui, la
jeune femme a l’idée de publier
un guide pour les cinquantenaires.
Elle s’envole donc vers
New York pour dénicher un éditeur,
mais est vite rejointe par
Min, qui a fui la maison de
repos où elle l’avait laissée. Tandis que celle qui l’a
élevée est galvanisée par sa découverte de
l’Amérique, Rosie est, quant à elle, de plus en plus
attirée par la mélancolique Irlande: nos racines sont
parfois enfouies plus loin qu’on ne le pense. Roman
lumineux, tendre et jubilatoire, Best love Rosie est
simplement un livre inoubliable. L’Irlandaise Nuala
O’Faolain, décédée en 2006, a remporté le Femina
étranger pour son dernier livre paru de son vivant,
L’histoire de Chicago May.
BEST LOVE ROSIE
Nuala O’Faolain, Sabine Wespieser Éditeur,
542 p., 39,95$