Le Libraire - IndexLe Libraire - Lib49-pv - IndexLittérature québécoise
Boris Stepanovitch,
antiquaire
Thibault Gardereau, Humanitas,
190 p., 19,95$
Dans ce roman, nous suivons
Boris, dernier d’une lignée d’antiquaires.
Boris n’a personne dans
sa vie, car il consacre son temps à la recherche d’objets
anciens et ne vit que pour cela. Un jour, une vieille
gitane croise sa route et lui révèle l’inutilité de sa vie et
sa solitude. Cette rencontre le perturbe et le rend malheureux.
Une jeune femme, qui est tout son opposée,
va cependant croiser sa route, et Boris tentera d’apprendre
l’amour: rien de facile pour lui malgré son
désir de bien faire les choses. On se laisse facilement
prendre aux émotions des deux personnages principaux,
ce qui justifie le caractère élogieux de la critique
parue dans La Presse le mois d’août dernier. Le roman
apporte une réflexion intéressante sur la place du
matériel et de l’humain dans la vie moderne.
Louise Poulin Carcajou
Téléthons de la Grande
Surface (inventaire
catégorique)
Marc-André K. Phaneuf,
Le Quartanier, 200 p., 18,95$
Curieux, mais pas comme
Christian Bégin, presque aussi
effronté que Fanny dans Bach et Bottine, marquant
comme La guerre des tuques, drôle comme Eddy
Murphy dans les années 80, con comme Les Bleu
Poudre, pas tout à fait aussi baveux que RBO et nostalgique
comme Passe-Partout: Marc-Antoine K. Phaneuf
change le paysage de la poésie. Par ses inventaires
catégoriques, il nous catapulte dans son imaginaire
engraissé de télévision, de littérature et d’art sous
toutes ses formes: élitiste, valable, transcendante ou
poche-sympathique. Pour avoir discuté du cas K.
Phaneuf avec des tas de gens depuis la sortie de son
livre, force m’est de constater que les nombreuses
références de l’auteur n’éveillent pas le même sentiment
de reconnaissance chez toutes les générations.
Pour ceux qui les « pognent », par contre, il pourrait
bien être élevé au rang de héros.
Anne-Marie Genest Pantoute
La maison des
temps rompus
Pascale Quiviger, Boréal,
240 p., 24,95$
Trouver la maison de ses rêves:
quelle perspective enivrante!
Quand cela se produit, on ne se
doute de rien. On emménage, confiants. Mais ces
murs, qui ont appartenu à d’autres, renferment beaucoup
d’histoires. Des histoires qui transpirent, qui
« hallucinent » et qui « rompent le temps ». Des
histoires de femmes, du même village, de toutes
générations. Des histoires d’amitié, de solidarité,
d’entraide, de soutien. Mais aussi de drôles d’histoires
où l’imagination trop fertile nous soulève bien au-delà
de la réalité. Des histoires de sorcières, non, mais
plutôt de la connaissance, de la préscience. À lire à
petites doses, en se laissant envoûter par ces personnages
de femmes.
Lina Lessard Les Bouquinistes
le libraireCRAQUE
Le vengeur masqué
contre les hommesperchaudes
de la Lune
François Blais, Hurtubise HMH,
coll. Texture, 120 p., 18,95$
Dans ses deux précédents romans,
François Blais s’était amusé à utiliser différents types
de narration. Pour son troisième ouvrage, il poursuit
sur sa lancée et cette fois-ci, il va encore plus loin en
commençant à être irrévérencieux dès le titre. Celuici
est totalement loufoque et il n’a que très peu de liens
avec la suite de l’histoire qui, elle, commence avec une
énorme faute d’orthographe. Toutes ces digressions
sont permises, car on sent bien que derrière tout ce
cabotinage, l’auteur connaît bien les règles de la littérature
et que c’est pour illustrer sa réflexion, particulièrement
sur l’essence même des personnages, qui
sont réels dans l’histoire tout en restant imaginaires
dans le réel, qu’il s’évertue à en défier les lois. Tout cela
pour notre plus grand bonheur.
Marie-Hélène Vaugeois Vaugeois
Un roman unique, d’une vérité criante,
qui bouleverse, qui nous
prend à notre propre jeu. Qui est
Cookie? Pour elle, il y aura autant
d’amants que d’absence de mots
doux depuis sept ans. Selon le décompte, le total est de
soixante-douze! Arrivera-t-elle à changer sa vie ou la
vie se chargera-t-elle de lui montrer qu’elle n’est pas
un jeu? À travers ses histoires, on apprend à la connaître
et peut-être sommes-nous les seuls à vraiment
la connaître, finalement! Ce premier roman de
Sophie Bouchard est riche; son style est très original,
très bien travaillé, et l’écriture est belle. Le commencer
est assurément le terminer. Bref, un vrai
délice pour les yeux! Avec l’espoir d’un prochain
roman pour cette nouvelle auteure de grand talent!
Caroline Larouche Les Bouquinistes
NOVEMBRE 2008
19
Cookie
Sophie Bouchard, La Peuplade,
282 p, 23,95$
Zakuro
Aki Shimazaki, Leméac/Actes Sud,
152 p., 18,95$
À une époque où l’autofiction est de
plus en plus présente dans le paysage
littéraire, au point où certains auteurs
croient à propos de décortiquer le
moindre détail de leurs relations sexuelles, dont une
avec un rappeur de seconde classe, un roman de
Shimazaki fait l’effet d’une brise fraîche et parfumée
sur un jour de chaleur d’une lourdeur accablante. Par
une remarquable économie de mots et un style tout en
retenue, l’auteure place les événements et les laisse
parler d’eux-mêmes. On sent bien le trouble des personnages,
leurs émotions, mais ces dernières s’expriment
délicatement, dans un battement de cil, une
main qui tremble. Parce qu’elle se contente d’effleurer
la corde sensible du lecteur plutôt que de la tirer
sauvagement, on admire Shimazaki, dont la pudeur
semble être une valeur en voie d’extinction.
Anne-Marie Genest Pantoute